Ne regardez pas où vous êtes tombé, mais là où vous avez glissé - Proverbe burkinabè
 

Les Blogeurs

liki (3) Luc
Issakasb (1) Issaka

Abonnement au Blog

Entrez votre e-mail:

Délivré par FeedBurner

Nos Annonces

Ajoutez vos Revues

Myblog Archive

Myblog Tags

Les commentaires

Le charlatan multipl...
belle et drole histoire. Malheureusement les gens ...
Le scorpion et le cr...
franchement !!sa se fait pas ce qu'il a fait!Il au...
Le sourd muet villag...
Merci ElTigro pour ce beau conte plein de sagesse....
Une aventure de chas...
Monnafoua une histoire d'une inspiration tipiqueme...
Le charlatan multipl...
hahhahahh très très rigolo ce conte qui relate d...
Le scorpion et le cr...
Tout comme quoi le monde est ingrat. Il aurait dû...
Danses kassena du Bu...
Cette vidéo traduit l'ambiance et la gaieté qui ...
Burkina classé 123iè...
Il faut dire que toute libert硩conomique est bonn...
Burkina classé 123iè...
:cheer: Merci pour cette bonne analyse de l\'indic...
Interview avec Prosp...
Namaskar Pour ma part il n\'y a pas de contadict...
TOUS |0-9 |A |B |C |D |E |F |G |H |I |J |K |L |M |N |O |P |Q |R |S |T |U |V |W |X |Y |Z

Articles du Burkina Chroniques du Burkina Burkina critique et politique

Il s’appellera toujours Sankara ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Angèle Bassolé   
14-10-2007

Note 3.0/5 (2 votes)

Sankara Nous avons rêvé avec lui, ma génération et moi et certainement d’autres avant et après nous.

Nous avons rêvé d’un Burkina et d’une Afrique meilleurs.

Nous avons rêvé avec lui de projets réalisables qu’on nous avait assurés impossibles.

Il nous a redonné notre fierté. La fierté de l’intégrité, la fierté de se proclamer Burkinabé, Africain et de marcher la tête haute.

Il nous a fait revenir au Faso, dans la Patrie. Nous sommes revenus par vagues du pays où nous étions nés et dans lequel personne ne nous reconnaissait.

Il nous a convaincus de revenir bâtir avec lui la Patrie. Et nous avons cru en son rêve, nous l’avons fait nôtre. Et contre l’avis de nos propres parents, nous l’avons rejoint sur les fonds baptismaux de ce nouveau Burkina et de cette nouvelle Afrique. Nous étions, comme lui, déterminés. Avec une rage de vaincre incroyable. Tout nous était possible, car nous avions la foi.

Et on sait qu’avec la foi, tout est possible. Cela, nous l’avions appris du fils de l’Homme, Jésus de Nazareth.

Nous étions sur la même longueur d’ondes. Nous vibrions sur le même rythme, sur les mêmes espoirs.

Son charisme admirable n’avait pas d’égale. Il nous envoûtait littéralement et nos parents ne comprenaient pas ce que nous lui trouvions, à ce jeune capitaine iconoclaste. Nous l’attendions à l’aéroport à ses retours de voyage pour entendre ses inimitables comptes-rendus hilarants. Nous étions toujours présents à ses meetings très populaires. Et je me souviendrai toujours de la visite du président du Nicaragua de l’époque, aujourd’hui revenu au pouvoir, Daniel Ortega. C’était au stade du 4 août, son stade, construit par la coopération chinoise. Ils sont arrivés ensemble dans une jeep et pendant que les gardes voulaient leur ouvrir la portière, ils ont sauté tous les deux en même temps de la jeep. C’était fabuleux.

Nous avons crié avec lui :

"A bas l’impérialisme, à bas le colonialisme et le néocolonialisme, à bas, les traites et les valets locaux."

"Vive la Révolution", "Pouvoir au peuple", "Gloire au peuple",

"La Patrie ou la mort, nous vaincrons."

Puis, un soir, l’horreur ! Parce que les rêves, surtout dans cette "Afrique-là", ne durent jamais longtemps. Parce que l’homme africain est un véritable loup pour l’homme, capable de tuer son ami, son plus que frère. C’est cela, l’énigme africaine qu’il ne faut jamais chercher à comprendre.

Je crois que 20 ans après, je ne suis jamais revenue de ce jeudi sanglant. J’étais non loin des lieux, je terminais mon cours de catéchisme. J’ai bien entendu le crépitement des armes mais je ne m’étais pas inquiétée, croyant aux entraînements militaires habituels. J’ai quand même recommandé aux enfants de rentrer directement chez eux, de ne pas traîner en route.

Je me suis moi-même dépêchée de rentrer car la rue avait un aspect bizarre, des gens courant et surgissant de partout. Puis, une fois, à la maison, j’entends de la musique militaire à la radio. Je me suis mise à pleurer en disant à mes cousins : "Ils l’ont tué" et eux, de tenter de me rassurer en disant : "Non, calme-toi, il va bien".

Mais au fond de moi, une certitude lancinante, je savais que mon héros n’était plus, que ses ennemis l’avaient vaincu et je me suis souvenue de cette phrase sinistre du vieux président Houphouët qui avait dit à l’adresse du président Sankara : "Les vieux caïmans finissent toujours par attraper les petits capitaines". Je n’oublierai jamais. Comme je n’oublierai jamais le sacrifice de notre héros, leader à jamais. Quand j’ai appris plus tard les détails des événements et la confirmation de plus en plus reccurente qu’il savait ce qui allait lui arrivé, qu’il l’avait pressenti mais n’avait rien voulu faire pour rester fidèle à lui-même, à ses idéaux, je lui en ai beaucoup voulu de s’être laissé sacrifier ainsi comme un agneau.

Je suis allée dès le lendemain matin très tôt à 6h au cimetière dans lequel on les avait jetés à la hâte. J’ai vu une marre de sang, une paire de tennis, certainement les siens. J’ai pleuré tout mon saoul, j’y suis retournée tous les jours jusqu’a ce que les militaires nous en interdissent l’accès car ce cimetière était devenu un lieu de pèlerinage. Les gens venaient de partout, hommes, enfants, femmes, jeunes, vieillards, tout le monde venait prier, déposer des mots-hommages, des poèmes, des prières, des fleurs, des bougies. Quelqu’un avait étendu le drapeau national, son drapeau sur sa tombe.

Pendant les trois semaines qui ont suivi, j’ai été incapable d’aller en classe à la fac. J’avais de terribles maux de tête car j’essayais de comprendre, je voulais comprendre comment tout cela avait pu arriver, comment notre révolution et nos rêves s’étaient ainsi désagrégés, comment des Burkinabé, des intègres avaient pu tuer ainsi d’autres Burkinabé.

Nous qui n’étions pas de sa famille, ni aussi proches de lui, nous avions mal, très mal et nous nous rendions malades à essayer de comprendre. Je me suis toujours demandé comment les commanditaires et les acteurs de cette tragédie avaient pu survivre à leurs actes, comment ils avaient pu continuer à vivre, manger, dormir sans devenir fous.

Cette question me poursuit encore 20 ans après.

Il avait dit : "Tuez-moi et il y aura mille autres Sankara"

Aujourd’hui, il y a des millions de Sankara à travers le monde qui continuent son rêve, qui travaille sur ses idéaux. J’ai été surprise de voir dans une très prestigieuse université américaine tous ses discours et d’apprendre qu’on y étudiait particulièrement ses discours et actions en faveur des femmes.

Notre héros vivra toujours car les héros ne meurent jamais, leurs idéaux alimentent toujours les rêves et les actions de ceux et celles qui les ont admiré.

Salut, PF (Président du Faso que son peuple bien-aimé aimait à lui donner) !

La Patrie ou la mort, nous vaincrons un jour !

Et nous ne t’oublierons jamais, toi notre Che !

De là où tu es, guide-nous, guide ce peuple que tu aimas jusqu'à la mort !

Angèle Bassolé
Écrivaine, Ottawa
Rétrolien(0)
Commentaires (11)Add Comment
0
...
Par Invit, August 22, 2008
Thomas Sankara a écrit "Oser inventer l'avenir". C'est un livre qui est disponible sur Amazon.
0
...
Par bblineda, August 22, 2008
Bonjours,
j'aimerai savoir quel est le titre du livre dur sa pens merci d'avance.
Miss
0
Wouah
Par bblineda, August 22, 2008
C'est très émouvant Sankara est u idole encore aujourd'hui il ne sait pas sacrifier en vain car sa cause trôte encore dans la tête des burkinabé. Bravo pour ce texte, il redonne vraiment de l'espoir a notre pays qui ne cesse de stagné depuis que Sankara nous a quitté.
0
Merci pour cet article
Par S.O., April 06, 2008
Je profite vous signaler un article intéressant sur 4 grands hommes politiques africains : Sankara, Lumumba, Nkrumah, Cabral sur mon blog : http://webthemic.blog.20minutes.fr/

A bientôt !
0
...
Par YO, November 01, 2007
Alaa fawinee
Sankara Alaa mawinne
0
...
Par Man from the East, November 01, 2007
Sans Sankara nous ne sommes rien. L'homme blanc n'est rien, l'homme noir n'est rien, l'homme d'Asie n'est rien. Snakara est le nouveau Christ, je crois. Tout le monde doit l'couter, le mditer. Sankara est trahi par les siens (le seigneur Blaise) comme Jsus lui mme ft trahis par les siens
0
...
Par Invit, November 01, 2007
c'est tres touchant comme poeme..Sans connaitre Sankara, je l'aime et j'apprecie son esprit..J'etais encore bebe quand il etait et c'est a son coup d'etat que j'ai marche(rires)!Tres beau poeme!
0
...
Par Christophe, October 31, 2007
J'avais écrit le commentaire avant de m'inscrire. Le chemin qui m'a mené jusqu'à lui est un chemin de douleur car ça ne fait que 6 mois, que 6 petits mois que j'ai découvert tant de choses qui nous furent cachées, à nous français, sur les horreurs commises par nos gouvernements successifs dans nombre de pays de Mère Afrique. J'ai surtout été bercé par le côté poétique, artistique, mystique du berceau de l'humanité et ce fût déjà, pour moi, une chance de ne pas être tombé dans cette complaisance condescandante absurde comme celle des petits coopérants pleins de bonnes intentions mais définitivement agaçants et donneurs de leçons. Non, j'étais naturellement aimant et des Hampaté Bâ, des L.S Senghor etc. nourissaient ma rêverie. Et puis un jour, je suis tombé sur un bouquin de feu François Xavier Verschave et là mes yeux ont commencé à s'ouvrir, à s'écarquiller d'horreur et d'indignation. Je n'énumérerai pas les monstruosités de la françafrique que je lisais avec une nausée constante. La France et le Rwanda, le massacre des Bamiléké, l'aide à l'Afrique du Sud de Botha, l'ami Houphouet, Monseigneur Bongo - tous les réseaux foccartiens, Pasquaiens, Mitterrandiens, Chiraquiens etc. Et aussi, Elf, le mercenariat armé par la France, l'intox du Biafra etc, etc. :angry: Thomas Sankara est devenu à mes yeux celui qui a su dire non à tout cela de façon absolue et c'est l'homme intègre par excellence. Une telle modestie et un tel amour de la justice, une telle bonté et un tel courage. Une profondeur, une humanité qui s'ignorait comme chez tous les grands hommes. Je vais de surprise en surprise quand je le lis car il n'y a chez lui aucun dogmatisme comme certains, ses détracteurs auraient en effet voulu le faire accroire. Je remercie le ciel qu'il m'ait été donné de le connaître vraiment car il me donne envie de vivre comme jamais ! Je le lis dans le métro et souvent je m'arrête car je verse des larmes. Merci, mes amis, d'être là pour parler de lui. Il viendra un temps où il sera désigné comme celui qui doit être imité. Et, en effet, nous sommes tous des Sankara pour peu que l'on se refuse à la molesse où à l'engraissement. Pour peu que l'on veuille être vraiment en vie.
0
...
Par Toulbi, October 30, 2007
Effectivement, il est là, tout prêt de nous. Ces idées ne font que se propager partout dans le monde et ne connaissent aucune barrière linguistique ni géographique. Au début, on pensait que la Revolution burkinabè était un produit local destiné à une consommation locale, mais de nos jours le nom de Sankara est engravé dans l'histoire du monde. Partout, ce sont des musiciens, écrivains, professeurs, étudiants, ouvriers, etc. qui parlent de Sankara.
0
...
Par Bravo et merci, October 28, 2007
J'ai toujours voulu avoir un témoignage de quelqu'un qui a vecu cette période sans s'être engagé au premier plan.

Vos propos semblent venir du coeur et sont touchants.

Merci
0
...
Par Bravo et merci pour ce texte, October 26, 2007
Je suis français, je connais Thomas depuis très peu de temps et j'ai acheté un livre sur sa pensée. Il me plaît beaucoup, j'admire son esprit, son courage, sa simplicité, sa modestie, son humour, sa détermination. Je suis très peiné quand je pense à sa disparition. J'ai l'impression qu'il est là, tout prêt, qu'il n'est jamais parti et pourtant, tant de choses auraient pu se produire encore s'il avait été encore là. Il a fait beaucoup, sans doute mais j'aurais aimé savoir qu'il aurait été encore là, qu'il aurait continué et sans doute l'aurais-je même connu finalement. Connu plus jeune je veux dire. Je l'admire énormément, il est unique. Merci pour rappeler qu'il est toujours là et je dirais : parmi nous.

Ecrivez un commentaire
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

security code
Entrez les caractères affichés


busy
Dernière mise à jour : ( 02-07-2008 )
 
< Précédent
Le site des burkinaphiles