Son Excellence Madame la Présidente!
Par Ramata Soré
Clicquez sur la photo pour l'agrandir
Une femme présidente en Afrique. Cela sera une réalité généralisée sous peu. Les femmes, reines ou guerrières, notre continent en a connues. Les amazones, guerrières téméraires du royaume du Dahomey du XVIIIe siècle à la fin du XIXe ont mis à de nombreuses reprises en déroute la conquête française effectuée sous le général Dodds en 1894.
Au temps de la princesse Amina de Zaria, les femmes avaient bien plus de liberté et d'autorité dans l’ancien Niégria.
La reine Abla Pokou du royaume baoulé de Côte d'Ivoire a sacrifié son fils unique aux génies de la rivière et a sauvé ainsi son peuple de la furie de son frère sanguinaire. De ce fait, elle a créé le royaume baoulé de Côte d'Ivoire.
La princesse Yennenga, fondatrice de l'empire moaga au Burkina Faso, a été une valeureuse guerrière. Elle a créé les prémices de ce qui allait devenir l'empire moaga. Au centre du Cameroun, Njapoundounké ; mère du sultan Njoya, a régné de 1890 à 1930. En Angola, en 1618, Anne Zhinga, ou Dona Ana, princesse du Matamba s'est opposé aux colonisateurs. Montée sur le trône, elle a organisé la guérilla. Elle est morte en 1663 dans un Matamba libre.
Les exemples de femmes politiques dans l’Afrique ancienne sont innombrables.
Ces femmes ont exercé le pouvoir suprême sur terre, sauvé leur peuple, construit admirablement leur royaume.
La société africaine ancienne s'y prêtait. Le pouvoir donc se conjuguait au féminin avec aisance. Puis sont arrivés l'Islam, le Christianisme, la colonisation... La femme est recluse. Elle est reléguée dans une cour. Et la politique qui a été imposée aux femmes est : faire des enfants et oeuvrer pour le bonheur de ces derniers et de son époux. La sphère politique se ferme donc à elles.
De nos jours, les hommes continuent de déclamer le pouvoir au masculin. Ce pouvoir est devenu une secte recevant exclusivement le male.
Toutefois, ce 21e siècle balaie à petit vent, certes, l'oppression exercée sur les femmes durant plusieurs milliers de décennies. Les femmes se réveillent. Elles se battent. Elles revendiquent leur participation aux affaires politiques. Elles veulent le pouvoir. Et elles le prennent.
Au Liberia, en janvier 2006, Hélène Johnson-Sirleaf a élue. Elle est devenue la première femme de l’après colonisation en Afrique à occuper le fauteuil de présidente de la République.
Sur les continents européen et américain, la montée des femmes s’accélère. Au Chili, un pays fortement phallocrate, Michelle Bachelet occupe la fonction suprême. En Finlande, Tarja Halonen a été réélue. En France, la population a plébiscité Ségolène Royal du Parti socialiste lors de la dernière élection présidentielle. Hilary Clinton pourrait être la première présidente des Etats-Unis. L’ascension continue…
Désormais, l'autorité se conjugue au féminin. Les femmes présidentes sont le symbole de la renaissance du pouvoir. Ces femmes ont remporté des victoires. Des victoires sur les préjugés et autres stéréotypes sur féminin en politique. Elles font parties du FBI, c’est-à-dire des Femmes battantes et intelligentes.
Elles font fi des préjugés nés de la société patriarcale affirmant que le pouvoir est masculin et la politique le refuge de la masculinité.
Concernant ce refuge, le politologue français, F. Gaspard, parle de fratriarcat. Il signifie par là qu'une longue tradition de domination masculine a favorisé chez les hommes l'émergence de réflexes de frères prompts à défendre leurs places et leurs privilèges : Un siècle et demi pendant lequel les hommes ont fait de la politique entre eux. Ils ont ainsi défini une culture, des usages, un langage que l'intrusion des femmes perturbe. Ils ont fondé une république des frères, un fratriarcat que la présence des femmes remet en question F. Gaspard .
Au Burkina Faso, tout comme dans presque les autres pays d’Afrique de l’Ouest, ce fratriarcat existe. Et son impact est entre autres de cantonner la femme dans des domaines déclassés et déclassant du champ politique que sont les ministères de l'Education, de la Promotion de la femme, de la Culture, des Affaires sociales et de la Solidarité familiale... L’Environnement, la Défense, les Affaires étrangères, l'Intérieur, les Finances sont rarement occupés par elles.
Ce fatriarcat exige des femmes politiques de faire la preuve de leur féminité à travers soit leur statut d'épouse et de mère. De fait, les femmes promues candidates ou présidentes sont soit mariées, soit divorcées ou veuves et ou ont des enfants. Aux yeux de la société, l'image de la mère de famille est porteuse. La célibataire et la femme sans enfants sont soupçonnées de ne pas être de "vraies femmes". Elles sont exposées aux indiscrétions et autres interrogations sur leur vie privée. Malgré ces différents assauts, la femme résiste et est quasiment sans soutien.
Au Burkina Faso, par exemple, une certaine association féminine avait fait la proposition aux partis politiques d'assurer la présence de candidates grâce à un quota de 25%. Malheureusement, cette mesure n'a été qu'une annonce. Appliquée, cette décision aurait modifié la donne politique. Elle aurait offert aux femmes une visibilité accrue sur la scène politique.
Les pays du Nord de l'Europe (Finlande, Suède, Norvège…), les mouvements féministes des années soixante-dix ont combattu et obtenu davantage d'élues. Ici au Burkina Faso et comme presque partout en Afrique, aucun mouvement féministe n'a investi le champ politique pour revendiquer, pour œuvrer au changement de mentalité. Légiférer constituera une incontestable avancée.
Bien heureusement, malgré ce manque, ce début de troisième millénaire coïncide avec une douce émergence des femmes en politique. La participation à la construction démocratique exige la concours de toutes les composantes de la société.
Rétrolien(0)
|
Après 48 ans d'indépendance, c'est toujours le même constat: la femme n'a pas connu de progrès sur le plan politique. On continue de la réléguer à des rôles sexistes comme assumer des responsabilités dans les affaires sociales et autres-
Outre les raisons que l'auteur a avancées, je pense que le problème en Afrique est aussi dû à l'abscence de vraies démocraties avec séparations de pouvoirs.
Les partis africains n'ont pratiquement pas de comptes à rendre aux électeurs comme dans les pays dévéloppés. En Afrique, on fait ce qu'on veut et au moment des "campagnes électorales", c'est la corruption passive des paysans avec des pots de vins et des t-shirts de campagne.
Pour reprendre le musicien Fela Anikulapo Ransome Kuti, la démocratie en Afrique, c'est du "demoCrazzy", "demonstration of crazziness".
Dans les pays développés, pour gagner une élection il faut pouvoir satisfaire les différents groupes d'électeurs. Il faut délivrer un programme qui tienne compte des femmes et leur donne de bons rôles car sinon les autres partis vont sonner l'alarme et les électeurs vont changer de camps.
Finalement, les femmes africaines doivent s'organiser et lutter sur tous les plans, car rien de noble ne s'acquiert facilement. Elles doivent cesser d'être femmes des hommes, mais êtres femmes tout simplement avec leurs ambitions propres et défendre leurs droits. Pour cela, elles doivent être économiquement indépendantes et bien éduquées. Elles doivent faire appel aux femmes des autres pays comme l'Europe, l'Amérique, l'Asie, etc...pour la solidarité internationale.
Je pense qu'il y'a lieu de donner la chance aux femmes en Afrique car nous les hommes avons lamentablement échoué et pire sommes toujours prêts à prendre nos machettes ensanglantées et canons contre nos propres frères et soeurs, pour le POUVOIR.