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mai 26
2009
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IDYLLE CONJUGALE QUI FINIT MALPosté par: Zio Joel sur Contes du Burkina Faso le Mai 26, 2009 Etiquetté (tagged) sur: Pas de tags (étiquettes)
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Il y avait autrefois à Tenkodogo un homme du nom de Noaga. Il vivait pauvrement des maigres produit de son champ, mais sa grande richesse consistait dans la possession de trois femmes qu’il aimait beaucoup et dont il était aussi très aimé.
La première, Haoua, était tendre et affectueuse, la seconde, Fatmata, bonne et charmante, la troisième, Mariame, serviable et courageuse. Toutes les trois étaient en outre fort belle, ce qui ne gâtait rien, et, quand vous saurez qu’elles s’aimaient entre elles, qu’elles ne se jalousaient jamais et qu’elles s’aidaient comme des sœurs dans les services du ménage, vous aurez le plus parfait tableau du bonheur sans mélange qui régnait au foyer de Noaga. Un jour vint, où chacune donna naissance à un enfant, mais ceci ne troubla en rien l’union des trois femmes entre elle et la vie continua son train habituel au ménage de Noaga dans l’intimité la plus stricte et la plus chaude.
Un jour, les trois femmes vinrent trouver Noaga et lui dirent : nous manquons de bois. Venez toutes, dit l’homme, je vais vous en couper, et vous en rapporterez une bonne provision. Les femmes laissèrent leurs enfants dans leurs cases respectives, et partirent en brousse avec leur mari. Noaga choisit un arbre sec, l’escalada jusqu'à son sommet, et se mit au travail avec une ardeur telle qu’à un moment sa hache lui échappa des mains. Mais, en descendant pour la reprendre, Noaga par malchance, glissa, perdit prise et tomba sur le sol qui ne le reçu pas. Sous le poids de son corps et la violence du choc, le sol céda. Noaga chuta au fond d’un gouffre où il se tua sur le coup.
Ses femmes tournèrent n rond, impuissantes. Elles eurent beau appeler et crier comme des folles, Noaga ne ressuscita pas. Un immense désespoir alors s’empara d’elles.
Haoua perdit la tête tout à fait et, incontinent se précipita dans le gouffre pour rejoindre son mari dans la mort. Elle s’écrasa prés du corps de Noaga et mourut de la même mort que lui. La seconde, Fatmata, estima que sans son mari, la vie ne valait pas la peine d’être vécue. Dans l’égarement de la colère, elle s’enfonça dans la brousse, après avoir fait le vœu de s’y laisser dévorer par le premier fauve qui voudrait bien d’elle. La troisième, Mariame, toute pleine de bon sens qu’elle était, se dit : « je retourne à la maison élever les enfants de mon mari afin que son nom ne périsse pas avec lui sur la terre.» Sans doute chacune de ces trois femmes avait-elle, à sa manière, prouvé éloquemment son amour pour Noaga.
Or, Fatmata, la deuxième femme, celle qui avait fui en brousse pour y périr dévorée, rencontra un lion d’aspect féroce, un véritable mangeur d’hommes : « mon heure est venue», se dit-elle, et elle ne trembla même pas. Mais ce lion féroce n’était autre que Satan en personne, sorti tout exprès de l’enfer pour éprouver Noaga. Au lieu de se jeter sur la femme, il l’aborda doucement et l’interrogea : « que fais tu là, jolie femme ? Sais-tu bien que la brousse n’est pas faite pour toi ?», Je le sais, répondit t’elle, elle fit au faux lion le récit de son infortune, puis elle conclut : « je suis venue pour me faire dévorer». Alors le faux lion lui dit : «allons d’abord consulter ton mari. Retournons pour cela au pied de l’arbre où son corps gît».
Ils allèrent. Satan ressuscita Noaga et Haoua, puis il dit à l’homme : «voilà tes deux femmes, aussi désireuses l’une que l’autre d’en finir à cause de toi avec l’existence. Je veux bien te laisser la vie, mais, pour prix de ta reconnaissance, j’exige que tu désignes l’une des deux pour périr à l’instant, sinon tu mourras de nouveau de ma main.» Noaga, fort embarrassé, réfléchit un bon moment, il aimait ses femmes et tenait à la vie. A la fin, décidé à ne plus mourir et estimant sans doute que son trépas n’arrangerait rien, il se raidit, impassible, et désigna à la mort celle qui, selon lui méritait le moin de vivre.
Laquelle des deux femmes Noaga, selon vous, désignât-il à Satan et livra-t-il ainsi à la mort ?
Conte Mossi, de Kaya

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Sachez que les hommes aussi tiennent à leur vie.





