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mai 28
2009
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Un vieuxPosté par: Luc sur Contes du Burkina Faso le Mai 28, 2009 Etiquetté (tagged) sur: Contes du Burkina Faso
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Autrefois, dans un village de la brousse vivait un vieil aveugle qui avait les testicules gros comme une grosse calebasse. Un matin, ses enfants le conduisent comme d’habitude sous le grand arbre derrière le village et partent à leurs occupations.
Vers le milieu de la journée, un épervier pourchasse un margouillat qui vient se cacher sous la grosse calebasse du vieux. L’épervier dit au vieux : « Si tu me livres le margouillat, j’ouvre tes yeux ! »
Le margouillat dit à son tour: « Si tu me gardes, je vais soigner tes testicules et elles redeviendront normales. »
Notre vieux ne sait que faire. Il appelle au secours ses femmes et ses enfants. Commence alors une grande discussion entre eux. Les uns sont pour l’épervier, les autres pour le margouillat. Arrive le benjamin de la seconde femme qui dit à sa mère : « Maman, il faut dire à papa de supplier l’épervier de lui donner un poussin à la place du margouillat et papa sera guéri des deux maux. »
La femme transmet la proposition à son mari. Il fait sa doléance à l’épervier qui est tout content d’accepter, car il n’a jamais mangé de poule. On lui apporte un gros poussin et, de ses ailes, l’épervier frappe les yeux du vieux en passant et repassant à trois reprises. Les yeux du vieux s’ouvrent et, la quatrième fois, l’épervier prend le poussin. C’est depuis ce jour que l’épervier attrape nos poussins.
Le margouillat fait aussi son travail et la grosse calebasse disparaît d’entre les jambes du vieux. Depuis lors, notre vieux est guéri de ses maux.
C’est depuis ce jour que les derniers-nés sont aimés et dorlotés plus que les autres enfants et que les petites femmes sont, le plus souvent, préférées aux autres.

Par Zio Joel, mai 28, 2009



, c'est une très belle histoire!!!





Par ouedraogo, mai 29, 2009
Généralement elles sont Sages.



Par Gué Julienne Nessenindoa, mai 30, 2009
Pour revnir au conte, je comprends bien que l'intérêt de la guérison du vieux (aux gros testicules) présente un enjeu capital, plus pour sa jeune femme que les autres. Savez-vous que de nos jours, beaucoup d'hommes optent pour la polygamie, mais beaucoup bafouent les principes de la polygamie. En effet, actuellement, très peu d'époux sont capables d'être impartiaux dans le traitement égalitaire et équitable de leurs épouses. On a l'impression qu'ils procèdent plutôt à des "remplacements" de femmes, qu'à de nouveaux mariages. En effet, lorsque certains marient une nouvelle femme, à peine ils accordent de l'attention à la 1ère. Discutez avec certaines femmes, et vous aurez le coeur meurtri lorsqu'elles vous diront, que même à leur tour de cuisine-couche, l'époux ne vient pas dans leur case (comprenez qu'il n'y a pas de rapports sexuels).
Lors d'une enquête dans un village près de Gourcy (au Nord d Burkina), j'ai été fortement troublée par un phénomène qui consiste à renier la première épouse (une sorte de "divorce"), pour pouvoir en épouser une 5ème (qui deviendra donc la 4ème) et cela pour être en conformité vis à vis de l'Islam. Il s'en suit un ensemble de pratiques et de normes: comportement d'évitement de l'époux, isolement de la case de la femme de façon à éviter qu'elle ait à croiser son époux, son exclusion des prises de décisions, des travaux champêtres dans les champs collectifs (elle doit exploiter un champ personnel pour se prendre en charge sur le plan alimentaire, financier), et etc.). Imaginez la souffrance qu'elles endurent.
On peut aisément imaginer, que cette exclusion concerne des mères dont les enfants sont les plus grands et les actifs de l'exploitation agricole. Ce sont donc eux qui ont la charge de cultiver les champs collectifs pour nourrir les enfants (encore petits) de la favorite qui vient d'arriver.
Bien évidement, cette pratique est source de révolte des fils, des dislocation des familles. Dans un contexte où le processus d'individuation et d'individualisation est poussé, l'exode rurale et de l'émigration sont souvent des solutions pour ces jeunes indignés. Cette pratique interpelle chacun de nous. Il y a beaucoup de situation écoeurantes que des femmes subissent sans parler.


