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jan 27
2010

La jungle infernale à Ouagadougou

Posté par: SINTE Mahamadou sur Blogs sur l\'education au Burkina

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SINTE Mahamadou



Il y a un phénomène à Ouagadougou, caractérisé  par un désordre, qui peut être assimilé à la jungle. Ce phénomène  constitue une menace pour nous tous dans la mesure où il nous plonge dans un système qui repose uniquement sur les rapports de force entre les Ouagalais où la loi du plus fort est la meilleure. Il s’agit bien de l’insécurité routière à Ouagadougou parce qu’il est très rare de traverser la ville d’Est en Ouest ou du Nord au Sud à des heures dites de pointe sans voir des cas d’accidents où recevoir une injure de la part d’un autre usager de la route. Ainsi, sortir de chez soi à Ouagadougou et pouvoir y revenir sans problème est une préoccupation pour les familles. Les causes et les conséquences de cette jungle méritent une attention particulière de notre part afin de proposer quelques solutions à cette insécurité routière dans notre capitale.
 
Les causes de l’insécurité routière à Ouagadougou

   La première cause de cette insécurité routière à Ouagadougou est l’ignorance du code de la route par un grand nombre d’individus. En effet, Ouagadougou étant la capitale des  deux(2) roues, tout le monde s’achète une moto mais personne ne va dans une auto- école pour apprendre le code de la route.
    Il y a en plus l’incivisme et l’intolérance qui amène les gens à ne pas respecter le code de la route aggravant ainsi  l’insécurité routière.  Les infractions récurentes en matière de circulation routière sont donc le non respect des feux tricolores, le non respect des panneaux de stop, l'excès de vitesse, le défaut d'éclairage, les surgharges, la communication au volant, l'ébriété et les acrobaties sur les voies plubliques.
     Aussi, même si nous ne pouvons pas rêver d’un métro à Ouagadougou dans un avenir proche, il y aurait moins de  problèmes de circulation si notre commune avait pu bâtir une politique solide en matière de transport en commun. Malheureusement, l’insuffisance et la défaillance des transports en commun tels la SOTRACO et les taxis constituent donc une raison de l’insécurité routière dans notre capitale. 

      L’étroitesse des voies est une des raisons majeures de l’insécurité routière à Ouagadougou. Sur ces voies qui ont généralement une largeur maximum de 6 mètres circulent en même temps les vélos et motos, les taxis et les bus de la SOTRACO, les charrettes à tractions humaines ou animales et même les chiens en divagation. A ce titre, il faudra être un bon acrobate pour arriver à destination si on emprunte l’avenue Banbanguida  et bien d’autres avenues à midi ou à 17H. Ce qui a fait dire « qu’à Ouagadougou, on ne circule pas, on se feinte ».      La circulation des poids lourds dans la journée à Ouagadougou complique la situation dans la mesure où les commerçants tiennent à ravitailler dans la journée leurs magasins qui se trouvent au centre-ville rendant nos voies déjà étroites surchargées et augmentant ainsi les risques d’accidents de la circulation. Les conséquences de cette jungle sur nos voies sont d’autant plus graves que certaines rues à Ouagadougou sont qualifiées de « boulevards de la mort » ou que certains taxis sont qualifiés de « cercueils ambulants ».

Les conséquences de l’insécurité routière à Ouagadougou

    L’insécurité routière est un fléau comme le sida avec des conséquences qui sont essentiellement des dommages corporels et matériels. Au titre des dommages corporels, l’insécurité routière fait de nombreuses victimes avec très souvent des blessures et des pertes en vies humaines.
   Selon les statistiques de la brigade nationale des sapeurs pompiers, les accidents de la circulation à Ouagadougou ont fait 12734 victimes conscientes dont 9648 sont dans la tranche d’âge comprise entre 0 et 35 ans.  En plus il y a eu  aussi dans la même année, 720 victimes inconscientes dont 558 sont âgées entre 0 à 35 ans soit 78%. Ces données  nous font remarquer que les victimes sont en majorités des bras valides de notre capitale avec des effets néfastes sur la productivité et la rentabilité des organisations ou des administrations dans lesquelles ces jeunes travaillent car leur prise en charge nécessite des congés de maladies.    Toujours selon la brigade nationale des sapeurs pompiers, 149 victimes d’accidents sont décédés en 2007 dont 93 % ont l’âge compris entre 0 et 55 ans. On enregistre en moyenne 4000 cas d'accidents par an dont 110 décès selon la section des accidents du Commissariat Central de Police de Ouagadougou. Imaginez le nombre d’orphelins, de veufs et de veuves causés par ces décès suite à des accidents avec des conséquences sociales catastrophiques
     Concernant les dommages matériels, on peut noter un nombre important de moyens de locomotion partiellement ou entièrement endommagés qui s’évaluent à des millions de nos francs.  La réparation ou l’acquisition d’un nouvel engin nécessite des efforts supplémentaires  de la part de son propriétaire sans oublier les sommes importantes dépensées par les victimes pour se soigner surtout dans ce contexte de la vie chère.


    Face à la croissance démographique exponentielle et à l’urbanisation croissante dans la ville de Ouagadougou, des mesures adéquates à cette insécurité routière méritent d’être prises pour éviter que cette jungle ne se transforme à un tremblement de terre de magnitude 9 sous l’échelle de Richter avec des conséquences très graves. La solution à cette insécurité routière passe donc nécessairement par  l’apprentissage du code de la route à la quasi-totalité des Ouagalais, la mise à place d’une politique solide de transport en commun, l’élargissement des voies et l’interdiction des charrettes à traction animale dans la ville. Enfin, vivement que chaque habitant de la capitale Burkinabé mette «  un peu d’eau dans son vin » en essayant un temps soit peu de respecter le code de la route quand il circule à Ouagadougou. Je vous invite donc à être des modèles en matière de respect de code de la route pour servir de lumière à toute la communauté Ouagalaise.



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