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Blog du Burkina et des amis de l'Afrique

Blogs relatifs aux sujets d’ordres éducatifs, au Burkina Faso et à l’Afrique

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Le terme « Bur Kina »: une origine plutôt liélé ?

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le Jeudi, 16 Juillet 2009
dans Critique et politique · 1 commentaire

Il y a longtemps que je nourris l'envie de susciter un débat autour de l'origine du concept  "Burkina". Plusieurs sources (http://www.haparako.com/fr/burkina/index.htm, http://fra.consulat-burkina-faso.ch/burkinafaso/etymologie/index.html, etc.), depuis l'ère de la révolution qui a changé le nom du pays (passé de Haute-Volta à Burkina Faso), ont donné en sens mossi au mot "Burkina". Et pour le justifier, on a parlé de "burkindi" qui signifierait "intégrité", etc.  Mais personne ne semble avoir analyser de près et de façon disséquée, ce terme ou concept.  Le mot "Burkina" doit-il réellement être attribué à la langue mooré? Si oui que signifie t-il de façon plus détaillée?

"Burkina" est un quartier de Koudougou, qui est la 3ème ville du pays et qui est habitée par des Gourounsi (liélé) et des Mossi.

Dans la langue liéla le préfixe "Bur" du mot veut dire "vérité, justice, raison, etc.". Le terme "Kina" un est déterminant ou un adjectif possessif qui signifie "ceux, les propriétaires". Lorsque qu'on colle les deux composant "Bur Kina" signifie en liélé, "ceux qui ont raison; les détenteurs de la vérité ou les partisans de la justice".

En entendant de créer un cadre plus élargi pour le débat sur cette terminologie, l'analyse ainsi faite sur l'étymologie ou de la source du concept "Burkina" n'est possible que dans la langue liélé et non en mooré. "Burkindi" est tout simplement une "mooréisation" d'un concept tirant son plein et réel sens du liélé (et non du mooré).

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Volonté politique et développement agricole au Burkina

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le Samedi, 23 Mai 2009
dans Problemes africains · 0 commentaires

Tout développement agricole est difficile sans volonté politique : les effets de l’action du Gouvernement burkinabè sur l’augmentation des productions (campagne agricole 2008-2009) 

      Il est indéniable que les chercheurs burkinabè cherchent et trouvent. Le temps de la boutade « les chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais ceux qui trouvent, on a cherche » est bien révolu ! En effet, la recherche agricole a fait des avancées considérables dans plusieurs domaines dont la sélection variétale de plusieurs céréales (le riz, le maïs, le sorgho, le mil), de protéo-oléagineux (niébé, l’arachide, le sésame, le soja), de plantes fruitières (manguiers, jujubier greffé ou pomme du Sahel) et de plantes fourragères (mucuna, niébé à double usage, etc.), etc. 

      En ce qui concerne le riz par exemple, les variétés de riz appelées les NERICA (Niew Rice for Africa: Nouveau Riz Pour l'Afrique) actuellement vulgarisées partout en Afrique de l'Ouest sont l'oeuvre de notre collègue et frère Dr Moussa Sié, chercheur de l'INERA, actuellement en poste à l'ADRAO (Association pour le Développement du Riz et de la Riziculture en Afrique de l'Ouest, initialement basé en Côte d'Ivoire, mais basé au Bénin depuis la guerre en Côte d'Ivoire).

      Ces trouvailles ont valu à notre collègue Dr Sié, et à travers lui, à toute la recherche burkinabè et la nation entière, un Prix prestigieux octroyé par les autorités japonaises comme une récompense de ses brillants efforts. L'Etat burkinabè lui a également témoigné sa satisfaction et sa gratitude en lui octroyant (lui et le programme de recherches sur le riz de l'INERA, basé à Bobo) le Prix de Son Excellence, Monsieur le Président du Faso, lors du Forum National de la Recherche et de l'Innovation Technologique en 2006.

      Les NERICA sont des variétés de riz adaptées à toutes les écologies de production (en irrigué, en production dans les bas-fonds ou sur les hautes terres, en ce qui concerne le riz dit pluvial) de très bon goût. Actuellement, elles ont été diffusées, vulgarisées et sont cultivées sur les plaines de Bagré, de Banzon, de la vallée du Kou, du Sourou, etc. Elles s'adaptent aux exigences des consommateurs, car ont intégré un certain nombre de critères de qualité organo-leptiques et de cuisson. Leur sélection a été faite à travers une approche participative, ayant impliqué, du début jusqu'à la fin de la sélection, tous les acteurs (les organisateurs de producteurs, les transformateurs, les consommateurs, les vendeurs, les vulgarisateurs et une équipe interdisciplinaire de chercheurs, dont j'ai moi-même fait partie).

      Plusieurs variétés de maïs, de niébé, etc., ont été créées par l’INERA et vulgarisées par les différents acteurs du développement (services nationaux déconcentrés de l’encadrement agricole, les OP, les ONG, les producteurs semenciers formés certifiés, les projets et programmes de développement, etc.).

      A l’instar du département de recherches en production végétale, les départements de recherches en Production Animale et Forestière, et en Gestion des Ressources Naturelles et des Systèmes de Production (GRN-SP), ont acquis des résultats scientifiques irréfutables.

      Malgré l’importance de la semence dans la productivité (elle intervient pour entre 30 à 40%), force est de constater que son utilisation reste faible par les producteurs (qui manquent souvent d’informations où n’y ont pas facilement accès). 

      La campagne agricole passée a été marquée par l’expression de la volonté politique, d’appuyer fortement les producteurs les moins nantis, à travers des dons d’intrants agricoles, telles que les semences améliorées, les engrais, etc. Ce soutien politique a permis d'engranger des effets positifs considérables, sur la production et la formation des revenus chez les petits exploitants. 

      En ce qui concerne la consommation du riz localement produit (souvent soumis à des dépréciations), la vulgarisation des NERICA (qui ont des qualités organo-leptiques très bien appréciées) semble avoir produit un effet positif, mesurable à travers l’augmentation de demande du riz produit au Burkina, d’où meilleure valorisation de ce riz produit localement.

La cherté de la vie a également influé positivement l’organisation de la filière riz (tout comme les autres filières agricoles qui s'organisent de mieux en mieux).

Malgré l’augmentation de la production, force est de constater que cette année, il était très difficile d'avoir accès riz local, tant la disponibilité était réduite sur certaines plaines. Vue la très forte demande, les producteurs ont vendu leur riz plus aisément, juste après les récoltes (à des transformateurs, des commerçants ou de simples consommateurs). 

      Cela montre combien le développement de toute filière reste tributaire de la volonté politique. Les efforts exceptionnels de l'Etat lors de la campagne passée ont porté des fruits et ont été très bénéfiques aux populations.

      Espérons que l'expérience puisse être poursuivie cette année et que la répartition de la pluie (dans le temps et dans l'espace) soit bonne.

 

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Le lévirat et le sororat dans la culture nuni et au Burkina Faso

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le Mercredi, 13 Mai 2009
dans Culture du Burkina & d'Afrique · 0 commentaires

Que signifient les concepts de « lévirat » et de « sororat » ?

Le lévirat

Selon le journal burkinabè Sidwaya (no 5809 du 26 Janvier 2007) le lévirat est un mot dérivé du latin « levir » qui signifie « beau-frère ». Le lévirat désigne un remariage d’une veuve avec le frère de son défunt mari.

Il semble que déjà dans la loi hébraïque, le lévirat était pratiqué. Il était donc l’union entre un homme et la veuve de son frère mort sans enfant, afin de perpétuer le nom du défunt et d’assurer la transmission du patrimoine.

Aussi, dans certaines sociétés surtout africaines, ce type particulier de mariage est-il une pratique coutumière qui renvoie à ces liens matrimoniaux entre une veuve, ayant ou non des enfants et le frère de son défunt mari. Cette pratique, souvent forcée et combinée avec la polygamie est encore pratiquée dans certains pays africains et en Afrique de l’Ouest dont le Burkina Faso, le Togo, le Mali, le Tchad, etc. Le Bénin l’a officiellement interdit en 2004. Sa pratique a permis de consolider le tissu familial, afin d’éviter la dispersion des enfants du défunt.

Le sororat

Le sororat est le remariage d’un veuf avec la soeur de son épouse. Cette coutume est particulièrement pratiquée lorsque la défunte laisse derrière elle des enfants en bas âge.

La justification que beaucoup de gens avancent est qu’elle pourrait s’occuper des enfants de sa défunte grande sœur. Le sororat, est une pratique autorisant le re-mariage du veuf avec la sœur de sa défunte femme.

Avantages

Recommandés en vue d’améliorer la qualité du tissu social d’une part et d’assurer une pérennisation dans la prise en charge des enfants du défunt ou de la défunte, d’autre part, le lévirat et le sororat ont été des réponses pertinentes, trouvées par plusieurs sociétés d’antan, afin de consolider l’harmonie socio-familiale et de garantir la cohésion sociale.

En ce qui concerne le lévirat par exemple, il reste donc indéniable que sa pratique, à des époques révolues, présentait des avantages (aux yeux de ceux qui le pratiquaient), en permettant la ré-insertion sociale de la femme et de ses enfants, après le décès de son époux. En effet, en lui permettant de se remarier à un frère ou à un fils (dans la culture nuna) de son défunt mari, la société évite la dislocation et retour de la femme dans sa famille d’origine (ou son remariage dans une autre famille).

En plus des avantages sociaux (consolidation du tissu familial, non dispersion des enfants du défunt), le lévirat exprime une forme de compassion morale à l’égard de la veuve éprouvée.

A propos, Pr Sylla disait «Et, à la différence des veuves qui se livrent à la prostitution pour faire vivre leur progéniture, le lévirat et le sororat constituent un excellent moyen pour contrer ce genre de solution extrême».

Le sororat, tout comme le lévirat, permettait d’éviter la dispersion des enfants après le décès de leur mère. Ils étaient ainsi placés sous la tutelle et la protection de leur « tante », qui chez les nuna, peut être une petite sœur, une cousine ou une nièce de la défunte.

Il était aussi une solution pour les femmes stériles, qui pouvaient permettre à leur mari d’avoir des enfants, par le biais de leur petite, nièce ou cousine, mariée à celui-ci.

Il visait donc à pérenniser les relations matrimoniales entre les familles, les segments de lignages, les lignages et les villages dont sont issus les deux époux.

La famille de la première fille du village à être mariée dans un autre, trouvait ainsi, permanemment dans ledit village, une répondante et une hôte lors des différents événements sociaux (funérailles, initiations culturelles diverses, fête des masques, etc.).

Des spécificités dans leur pratique chez les nuna

S’il s’avère qu’ailleurs, le sororat était un remariage d’un veuf avec la sœur de sa défunte femme, chez les nuna, l’homme de son vivant peut épouser deux ou plusieurs sœurs ou cousines germaines.

Dans la culture nuni, le représentait également un outil de rivalité entre épouses issues de familles différentes et de récupération de l’époux. Lorsqu’une des épouses sentait la perte des égards de l’époux au profit d’une plus jeune, elle faisait systématiquement venir une nièce, sœur ou cousine pour piéger l’époux.

Au départ, la pratique du sororat se justifiait et se faisait à un âge avancé de la première femme. En effet, celle-ci faisait venir sa petite sœur, sa cousine ou sa nièce pour l’aider dans ses travaux ménagers, champêtres et pour tenir le bébé (rôle de nourrice). Lorsqu’elle grandit, il revient à la grande sœur de décider de qui la marie. La pratique du sororat est également possible avec la nièce de l’épouse, de son vivant.

Mais dans la dynamique, l’écart d’âge n’est plus très grand dans certains cas. Pire, il se créé souvent une complicité entre l’époux (ou tout autre homme de la famille) et la sœur, cousine ou nièce, si bien que la femme est souvent mise devant le fait accompli.

Il arrive aussi, qu’un petit frère convoite la jeune fille et la mette enceinte pour disqualifier le frère aîné.

L’autre variante est liée à la pratique du lévirat, où la veuve peut se remarier à un fils de son défunt époux, qui ne soit pas son fils (ni celui de sa sœur ou de sa cousine germaine ou de sa nièce). Dans ce dernier cas, il arrive que le fils ou le frère du défunt mari soit moins âgé que la veuve (de son grand frère ou de son père).

. Le choix du frère ou du fils est fait par la femme et ensuite, l’homme est informé. Son avis est limité par la prohibition du refus, la tradition n’intègre pas suffisamment la demande de consentement de l’homme, tant qu’il est choisi par veuve

Il n’est pas non plus admis que la veuve choisisse de se marier à un homme plus âgé que son défunt mari ni à un homme d’une autre famille.

Dans la dynamique, il n’est pas rare de voir des frères candidats exprimer leurs égards (à travers des services, des dons, de la compassion envers la veuve) dans le délai de veuvage et réflexions qui lui ai attribué. Dans certains, plusieurs hommes aspirant à être l’heureux choisi, rentrent en compétition ou en rivalité. La femme devient un « bien » à « hériter ».

Limites ou inconvénients liés à leur pratique

Quoique le lévirat et le sororat aient présenté des avantages sociaux et moraux certains pour les sociétés les pratiquant, ils sont décriés actuellement pour les nombreux inconvénients. Il s’avère que ces pratiques ont pendant longtemps été des vecteurs des mariages forcés et sans consentements de la femme dans nos sociétés.

De nos jour, avec la monétarisation de l’économie et la rareté des ressources financière, la cherté de la vie, la pratique du lévirat et du sororat sont souvent sources de discordent entre les co-épouses, qu’elles soient « sœurs » ou pas. De nos jours en effet, il n’est pas rare que le favoritisme ou les égards particuliers envers la plus jeune des sœurs (exprimant des préférences) créent la discordent et la rivalité entre les deux sœurs.

Dans beaucoup de cas, la sœur aînée perd son foyer au profit de la plus jeune qu’elle a bien voulu (ou pas) mariée à son époux. Cela désempare alors la famille ou groupe de familles dont sont issues les « sœurs co-épouses ».

La femme mariée sous la forme du lévirat, est souvent rejetée par les premières femmes. Elle souvent perçue comme étant de trop ou malchanceuse. Les autres les accusent souvent d’avoir été la cause du décès de son premier époux. Les enfants également s’intègrent difficilement dans le deuxième mariage.

De nos jours, le lévirat est dénoncé comme étant une pratique rétrograde, limitant les droits des femmes, véhiculant aussi l’idée qu’une veuve fait «partie de l’héritage».

Il reste également indéniable que la pratique du lévirat et même du sororat (dont la pratique accroît considérablement le nombre moyen d’épouses chez les nuna), peut être un facteur favorisant la propagation du VIH-Sida et pouvant disséminer des familles entières.

Analogies ignorées entre un phénomène nouveau et des pratiques anciennes: de nouvelles formes de pratiques du sororat et du lévirat en milieu urbain ?

Nombreux sont ceux qui pensent que le fait que des femmes plus âgées se marient ou sont amantes d’hommes plus jeunes, relève seulement de phénomène nouveau lié à la modernité.

Pourtant, une analyse des analogies entre ce phénomène dit « nouveau » et des pratiques très anciennes, permet de conclure qu’il s’agit là, de faits qui existaient depuis longtemps dans certaines traditions, dont celles des sous-groupes nuna.

Cette situation émanait de la pratique du lévirat et du sororat (dans une moindre mesure), dont les formes varient selon les sociétés.

Cet état de fait prouve bien que contrairement à la société traditionnelle, celle moderne n’a pas trouvé de réponse à l’insertion des femmes citadines veuves, divorcées ou célibataires, et se retrouvant être seules. Beaucoup de femmes sont donc dans l’impasse dans ces circonstances.

Et comme la nature a horreur du vite, il s’est créé ce phénomène appelé « gigolo » où les amants plus jeunes que leurs amantes sont appelée « petits pompiers » et les femmes des « gnangni». Les femmes les plus « faibles » dans cette situation de solitude subite, se retournent vers des jeunes hommes, malheureusement toujours très intéressés et « formés » à la drague. On constate de nos jours que même les femmes au foyer qui souffrent, se prêtent à ce jeu.

Ce sont souvent les jeunes eux-mêmes qui provoquent les femmes (nanties), juste pour leur soutirer de l’argent et se faire désintéressés financièrement.

Il n’est pas rare d’entendre les hommes se convaincre que toutes les femmes ont des « petits pompiers », même leurs épouses. Ce qui n’est pas vrai. Car beaucoup de femmes savent qu’il s’agit de leurre qui finit toujours avec les sentiments plus douloureux chez la femme. Ces « prestataires » du plaisir, finissent toujours par s’en aller.

Pire, beaucoup en parlent et médisent.

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Les déterminants socio-culturels des habitudes alimentaires

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le Lundi, 13 Avril 2009
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J'ai eu la chance d'être membre d'une équipe pluridisciplinaire ayant conduit des recherches sur les formes et types d'utilisation des produits forestiers non ligneux (PFNL) dans l'alimentation et les soins de santé.

Une analyse des résultats sur la consommation et les substitutions faites des produits et sous-produits de fruitiers,  permet de dire que les types et les formes d'utilisation (ou non) d'un produit ou d'un sous-produit de fruitiers sauvages, peuvent être mis en corrélation avec des paramètres spécifiques ou combinés.

En effet, je pense que les habitudes alimentaires sont plus ou moins fortement influencées par des paramètres dont les fondements sont:

  • naturels (influencés par le climat,  l'agro-écologie) qui déterminent la disponibilité/accessibilité ou non, de l'élément consommé;
  • techniques: liés aux savoirs locaux, à l'expertise culinaire du milieu (sur les mets pouvant être préparés avec le produit, les transformations possibles, etc.);
  • socio-culturels et religieux qui précisent les coutumes, les aliments ou ingrédients interdits ou prohibés et qui forgent les us et les habitudes culinaires
  • ethniques: dans une moindre mesure, si ce n'est que cela est cumulable avec les autres paramètres (naturels déterminant la disponibilité par exemple);
  • économiques (flux, accessibilité, pouvoir d'achat, aspects structurels);

1)- Influence des habitudes alimentaires par des paramètres naturels et techniques

Nous avons par exemple constaté que le soumbala (qui est un ingrédient majeur très riche en protéine, consistant en une fermentation des graines de néré ou Parkia biglobosa,), est de moins en moins utilisé dans les sauces de tô au Nord du Burkina Faso. En effet, au fur et à mesure que les isohyètes baissent et que la pluviométrie atteint rarement 600mm d'eau, dans certaines sous-zones, la présence et la production de l'espèce régressent.

Dans l'extrême Nord du Burkina Faso par exemple, voir un néré semble plutôt relever de l'utopie.

Ainsi, les femmes ont libéré leur « génie créateur » et substituent les graines d'oseille fermentées (ou le bouillon de cube maggi), au soumbala (graines fermentées de néré).

L'influence des habitudes alimentaires par l'existant (naturellement) et les savoirs locaux peut être appréciée à travers les mets ou les transformations (jus, etc.) spécifiques à des zones (où le potentiel existe). Par exemple, le « bangui » (sève ou de vin de rônier), est une boisson spécifique des provinces de la Comoé, de la Léraba, du Kénédougou, où l'espèce est abondante.

Par contre, certaines transformations relèvent plutôt d'un savoir faire particulier de certaines ethnies. Par exemple, le jus du Vitex (Koto en Dioula ou Ayolou en Nuni), abondant dans d'autres régions du Burkina Faso, n'est préparé que dans les zones dans la provinces de la Comoé. De même, le vin de Sclérocaria (Kuna en langue Dioula ou Bamboulou en Nuni) n'est préparé que dans le Mouhoun. Le jus de Saba Senegalensis ou lianes (appelé Zaba en Dioula et Wèda en Mooré ou loua en Nuni) et les graines de Acacia macrostachya (Zamné en Samo ou Kari en Mooré) sont beaucoup plus utilisés au Nord.

Pourtant, la disponibilité de ces espèces est généralisée. L'ouest par exemple regorge d'un bon potentiel de peuplement de l'espèce, mais la consommation des graines n'est pas connue dans les habitudes alimentaires.

2)- Influence des habitudes alimentaires par des paramètres socio-culturels, religieux et  ethniques

Le paragraphe suivant a évoqué la corrélation entre la disponibilité du produit, l'ethnie et les habitudes alimentaires (par exemple, la consommation des graines de Acacia macrostachya par les Mossi et Samo).

Si nous étendons notre analyse aux sauces préparées et consommées en accompagnement avec le tô (qui est le repas de base au Burkina Faso), les feuilles (d'oseille, d'aubergine locale, etc., très souvent associées à l'arachide pilée ou au gombo), sont plus consommées par les Gourounsi, le Bwaba, les Bobo, les Dagari, qui sont des territoires voisins) que les mossi par exemple. Ces groupes ethniques sont les seuls à pouvoir manger le tô avec de la viande, du poisson ou des feuilles bouillées et égouttées (assaisonnées avec du sel et de l'huile uniquement), sans donc une sauce.

Les mossis (surtout les Yadsé du Yatenga), et les Peulh aiment plutôt les sauces gluantes,

dont les feuilles de baobab fraîches ou sèches, le gombo, le boulvaka, les fleurs de Bombax (vouaga), etc. Les raisons sont liables à la forte disponibilité de ces espèces. Une autre raison est que ces types de sauces sont moins exigeants en apport d'ingrédients de plus en plus inaccessibles tel que le soumbala (riche en protéine), par rapport à la sauce aux feuilles. Aussi, l'oseille y pousse t-il de plus en plus difficilement et ses graines sont privilégiées pour produire le bikalgo, substitué au soumbala ; ces graines d'oseille sont de nos jours achetées dans l'ouest du pays pour leur revente au Nord)

Dynamiques observées

Avec l'urbanisation, les mariages mixtes et les différentes forment d'assimilations, les habitudes alimentaires ne sont plus figées dans l'absolu. On assiste à une sorte de conversion de ces habitudes. Alors qu'on ne s'étonne pas de voir des Mossi préférer la sauce aux feuilles d'oseille ou des Gourounsi préférer la sauce de gombo ou de boabab.

De même, certaines habitudes alimentaires disparaissent avec la rareté de l'espèce ou la modernité (ce qui peut être mis en rapport avec l'environnement, les sécheresses, les changements climatiques divers).

Auteur: N. Julienne Gué

 

 

Lectures : 1715

Réflexions sur les inégalités et les disparités entre genre (à partir de sources diverses dont une étude de ACFED Burkina)

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le Lundi, 02 Mars 2009
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DE L'INEGALITE DE GENRE AU BURKINA FASO : analyse critique des disparités (à partir de sources diverses dont les résultats d'une étude réalisée pas l'ACFED au Burkina Faso)

 

Dans les régimes post coloniaux qui vont se succéder  de 1960 à 1983, la présence des femmes au niveau politique est très faible. La période révolutionnaire après 1983 va promouvoir la femme dans la gestion du pouvoir (notamment avec l'implication des femmes dans les structures CDR et la création de l'Union des Femmes du Burkina).

L'adoption de la constitution en 1991 et l'amorce de la démocratie et de la décentralisation vont favoriser la participation de la femme à la vie politique. Cependant, cette participation en politique et à la gestion du pouvoir moderne reste encore très faible, et connaît certes une évolution positive, galvanisée aujourd'hui par un environnement juridique favorable (Constitution, Article 1er et 12) propice, ainsi que la création des mécanismes institutionnels du genre qui favorisent la lutte contre les inégalités au niveau national.

La décentralisation qui a pour but de rapprocher le citoyen de l'administration de la chose publique, permet aux citoyens et aux citoyennes de mieux participer à la vie publique et à la gestion du pouvoir. Elle  devient de fait un tremplin pour les femmes au niveau local qui représentent une force de pression de par leur nombre non négligeable.

 

Au Burkina Faso, les résultats des élections ont montré que le pourcentage des femmes élues dans les communes urbaines a augmenté de façon sensible entre les élections municipales et législatives de 1992 à 2007 :

Elections municipales : de 1995 à  2000, le pourcentage est passé de 9 % à 20,87% et en 2006 à 35,80%

Elections législatives : de 1992 à 1997 et en 2002, le pourcentage est passé de 1,35% à 9% et à 12,61%. En  2007, Il y a eu une légère baisse car il est passé à 11,71%.

 

Cette évolution, si minime, soit-elle, accrédite l'hypothèse selon laquelle la décentralisation est une opportunité donnée aux femmes pour se rapprocher de la vie politique et de la gestion du pouvoir.[1]

 

Les conditions socio- économiques et les pesanteurs sociologiques déterminent également la faible participation des femmes à la vie économique et publique, notamment les difficultés d'accès à la terre et au crédit, mais aussi de leur mauvais positionnement sur les listes électorales. Au niveau de l'animation de la vie publique (politique),  bien que de nets progrès soient atteints et réalisés, les femmes demeurent peu représentées au parlement, au gouvernement comme dans la haute administration centrale et communale.

Par exemple, en 2000, la fonction publique comptait environ 11206 femmes fonctionnaires sur 44316,  soit 25 ,3%. En 2003, on comptait au niveau des sphères de décision :

05 femmes ministres sur 30, soit 16, 7 % ;

17 femmes députées sur  94  soit 18, 08% ;

50 femmes magistrats sur 200, soit 25% ;

04 femmes secrétaires générales de provinces sur 45, soit 08,9%,

05 femmes hauts commissaires sur 40, soit 12, 05% ;

03 femmes ambassadeurs sur 25, soit 12% ;

03 femmes gouverneurs de régions sur 13, soit 23, 07% ;

19 femmes maires sur 332, soit 5, 72 %.[2]

 

Depuis 2007, la situation des femmes dans les autres sphères était :

 

5 femmes sur 34 Ministres soit 14,7 %

2 femmes sur 34 Secrétaires Généraux de Ministères soit 5, 88 %

3 femmes sur 12 Présidents d'institutions soit 25 %

21 femmes sur 92 membres du Conseil Economique et social soit 23,33 %

13 femmes sur 111 Députés soit 11,71 %

20 femmes sur 359 Maires soit 5,57 %

6 400 femmes sur 17877 conseillères municipales soit 35, 80 %

3 femmes sur 13 Gouverneurs soit 23 %

4 femmes sur 45 Hauts Commissaires soit 8,88 %

61 femmes sur 350 Préfets soit 17,42 %

1 seule femme Directrice de Cabinet (Médiateur du Faso)

 

 

 


 

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Cris de femme burkinabè au coeur meurtri

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le Mardi, 20 Janvier 2009
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Si la paix du cœur est la fondation du bonheur !

Si la joie est la muraille de toute âme et de tout cœur !

Si l'amour est la toiture, protectrice en tout temps et à toute heure !

Si pour vivre heureux, il n'y a rien de mieux que d'être deux acteurs !


Pourquoi nos cœurs sont-ils si meurtris et si hantés de peur?

Pourquoi nos vies et nos espérances semblent-elles être du leurre?

Pourquoi l'homme, notre moitié naturelle refuse t-il de prendre de la hauteur ?

Pourquoi ne pas opter pour l'intérêt général au détriment de l'individuel qui est le leur

Comment évacuer toutes ses rancoeurs !

Rien à espérer de la vie au foyer, si ce n'est de la douleur !

Inutiles sont nos efforts et vains sont nos rêves, après tant d'ardeur et de labeur !

Seulement, voudrions-nous un jour recourir à notre riche culture et à nos nobles mœurs !

©   Auteur:  Gué Julienne

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Toutes embarquées dans un même bateau

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le Mardi, 20 Janvier 2009
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Et nous qui pensions que ça n'arrivait qu'aux autres

Nous voilà dans l'impasse vis-à-vis du notre  

Malgré les douleurs d'hier nuit, tout à coup on espère 
Sinon que faire, dans cette vie si éphémère 

Disons nous qu'il y a d'autres personnes qui nous aiment

Seul aveu à faire si nous voulons sortir indemne 

Pour enfin espérer goûter à un vrai et plein bonheur 
Même s'il devait nous être donné, comme par erreur 

Que ceux qui nous aiment nous donnent juste un peu de leur air 
Pour qu'enfin nous respirions et que tout redevienne clair

©   Auteur:  Gué Julienne

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