A l’école de la vie, pour se sublimer, on a besoin des leaders. Le leadership est l’aptitude d’un homme à développer et à communiquer au peuple une vision, à charge pour tous de la réaliser. Le leader est alors cet homme ordinaire qui grâce à ses facultés intellectuelles et grâce à son entourage vient apporter un changement, une évolution, une transformation extraordinaire dans sa société.
L’histoire a connu de nombreux leaders. Cependant, certains leaders font preuve d’un remarkable ou distinctive leadership. Barack Obama est l’un de ceux là. C’est un véritable leader. Ces temps derniers temps, sa côte de popularité semble en baisse. Mais nous pensons que cette légère chute est juste l’arbre qui ne saurait cacher la forêt. Barack Obama est un modèle de leadership.
Pour Kouzes et Posner, dans leur ouvrage The leadership challenge fourth edition, publié à San Francisco en 2007, le leadership exemplaire repose sur 5 pratiques à savoir :
- tracer un chemin (model the way);
- nourrir/ développer une vision (inspire a shared vision);
- piloter le processus, manager le changement (challenge the process);
- permettre aux autres membres de l’équipe d’agir (enable others to act);
- encourager, flatter les cœurs (encourage the heart).
Notre argumentation sera structurée autour de deux propositions. En prenant en considération son environnement :
- le leader, Barack Obama, dispose de facultés et aptitudes personnelles d’une part ;
- le leader, Barack Obama, crée une relation avec ses partisans, ses adeptes d’autre part.
I- LE LEADER, UN TITULAIRE DE FACULTES ET CAPACITES PERSONNELLES
Notre position est qu’on ne naît pas leader. Il suffit de développer des aptitudes et les attitudes y afférentes. Nous reconnaissons néanmoins que certaines personnes bénéficient de prédispositions naturelles qui stimulent leur capacité à devenir des leaders exemplaires. Tous les hommes ne naissent donc pas forcément si égaux que ça en matière de leadership.
A- ELABORATION D’UN PROJET ET DEVELOPPEMENT D’UNE VISION
1- Le projet
Leadership can happen anywhere, at any time. C’est fort de cela qu’on a coutume de dire que le mot impossible n’existe pas en matière de leadership. Le leader doit savamment concevoir un projet qu’il devra réaliser. Pour ce faire il est important que le leader dégage un comportement exemplaire qui fait gagner le respect des autres. C’est la preuve que l’homme n’a de valeur que par la grandeur de ce qu’il crée. Un véritable leader laisse des empreintes et des marques perceptibles (André Akam Akam A., Barack Obama, un leader politique médiateur, Paris, L’Harmattan, 2009).
Barack Obama a identifié son projet assez tôt. Sa maîtresse à l’école primaire catholique Saint Thomas d’Assises à Jakarta témoigne. A la question de savoir ce qu’il aimerait devenir plus tard, sa réponse était surprenante mais univoque. Le petit Barack Obama d’alors répondit : « mon rêve est de devenir président » (Pondi, J-E., Barack Obama, De l’interrogation à l’admiration, Yaoundé, Editions Clé, 2009). Cette ambition est le fruit d’une vision.
2- La vision
Aucun leadership ne peut se départir de la capacité à développer une vision. Le leader clarifie ses valeurs et ses idéaux. Ceux-ci doivent être communs au peuple. La vision est le fait de concevoir le devenir du monde, d’une société, d’un système, d’une entreprise ou d’une communauté en intégrant les trois principes de base : la transformation, le changement et l’évolution. La vision c’est la capacité à rêver. Aujourd’hui les africains ne rêvent plus. Ils font des cauchemars. Ils ne prophétisent que du malheur de l’Afrique. La vision est la force, le pouvoir qui invente l’avenir, le futur.
Barack Obama a toujours su faire rêver son entourage. Il a communiqué sa vision au peuple américain lors de son discours à la convention démocrate, tenue à Boston en 2004. A travers ce speech il a insufflé de la vie dans les espoirs et les rêves enterrés de milliers d’américains. Barack Obama déclare qu’avec lui, il n’y aura plus une Amérique pour les Noirs, une Amérique pour les Blancs et une Amérique pour les Latino-américains. Il y a une seule Amérique pour tous les américains : les Etats-Unis d’Amérique. Geoffrey M. Horn confie qu’après son Key note speech, Barack Obama a changé: « Obama changed from a little-know politician to one of the most admired people in the United States. Et Karen Sirvaitis ajoute : “some people were crying, and most others were cheering wildly. (…)The audience and the media kept repeating that it was the best speech ever given for a political convention (Sirvaitis, K., Barack Obama: a leader in a time of change, Minneapolis, Lerner Publishing Group, 2010).
Sur l’épineux chemin qui menait à la réalisation de son projet, marquer son temps, laisser sa trace positive dans l’histoire, devenir président des Etats-Unis, Barack Obama a produit, selon Jean Emmanuel PONDI un travail sérieux et rigoureux, il a eu recours à une détermination sans faille de transcender tous les obstacles rencontrés pour concrétiser une vision préalablement définie et démocratiquement acceptée.
B- DES APTITUDES PERSONNELLES NECESSAIRES A UN LEADER
1- La capacité de suivi et de réalisation du projet et de la vision
Il ne suffit pas d’avoir un projet et une vision. Il faut encore veiller sur leur concrétisation, leur opérationnalisation. Pour Kouzes et Posner, « all leaders challenge the process ». Etre leader c’est avoir la capacité de piloter, encadrer, suivre le processus de réalisation de la vision. Le leader est un pionner qui n’hésite pas à avancer à grands pas vers l’inconnu. Il sait prendre des risques. Il en est de même pour Barack Obama, il est toujours à l’affût de nouvelles opportunités pour innover et imploser le bien-être de du peuple américain. Il démontre ainsi qu’il est conscient que la réussite n’est pas le fruit du hasard. La marge de chance est très réduite. Pour réaliser sa vision il est nécessaire que le leader possède un certain nombre de qualités et capacités qu’on retrouve en la personne de Barack Obama.
2- Les qualités indispensables
Les études démontrent qu’indépendamment des pays, des cultures, des structures, et du genre notamment, le leader doit disposer de quatre qualités essentielles : l’honnêteté, être tourné vers l’avenir (« forward-looking »), l’enthousiasme et la compétence. Pour un leader, être honnête c’est être digne de mériter la confiance des autres. Cette qualité reflète la vraie nature de toute personne.
Le leader doit être futuriste. Tourné vers l’avenir, le leader sait où il va et adapte sa vision aux attentes et aux espoirs de son entourage. Le leader doit être enthousiaste et déborder d’énergie, adopter une attitude positive, être optimiste et contaminer sa bonne humeur au peuple. Enfin, le leader doit être compétent. Pour cela le leader doit avoir de l’expérience, avoir un sens du jugement affiné. Dans son « Radar », Jean Joseph Atangana identifie les axes de compétences, l’intelligence économique et émotionnelle comme les qualités du leader.
Il en est de même pour Barack Obama. Le peuple américain attend de lui qu’il soit diligent et non le plus intelligent et le plus compétent. Il est difficile de réussir son leadership sans disposer des qualités sus énoncées. Car du degré d’honnêteté, d’enthousiasme, de compétence dépend le degré de confiance qu’on attache à la personne du leader : « people follow first the person, then the plan ». Ceci est la traduction du fait que le leadership marque l’existence d’une relation entre le leader et ses partisans (followers).
II- L’EXISTENCE D’UNE RELATION INDEFECTIBLE ENTRE LE LEADER ET SES PARTISANS
A- LA CONSTRUCTION D’UNE EQUIPE DYNAMIQUE ET MOTIVEE
1- La constitution d’une équipe forte, compétente et multiculturelle
Les succès retentissants sont rarement le fait d’une seule personne. C’est le résultat d’un travail d’équipe. Barack Obama n’a pas ignoré cette donnée. A partir de là, il s’est entouré d’une équipe compétente. Barack Obama a permis à tout membre de son équipe de s’exprimer. Chaque individu est important. Ceci est indispensable. Le leader amène chaque maillon de sa chaîne à se sentir fort et capable en l’autonomisant et en transformant chacun de ses collaborateurs en leader supplémentaire.
Le leader doit pouvoir former une équipe forte et solidaire. Il doit être capable de mobiliser la majorité des couches et des cultures sociales. Or Barack Obama est justement un symbole de la diversité culturelle américaine. Loin des divisions et des haines inter raciales, communautaires, il a su « bâtir des ponts » entre la plupart des américains. Le leader pilote une équipe unie et solidaire. Il ne saurait y avoir dans son groupe, des manifestations de voies discordantes. Si tel est le cas, le leader doit écarter ceux qui ne partagent pas les objectifs du groupe. Ainsi, Barack Obama s’est désolidarisé de son ami le pasteur Jeremiah Wright en réaction des sermons hostiles de ce chef religieux contre l’Amérique.
2- La motivation et l’encouragement de l’équipe
Un leader encourage ses partisans, son peuple. Motiver ses partisans revient pour le leader à reconnaitre la contribution des autres. Par l’emploi fréquent des mots « nous » et « merci », Barack Obama a créé une large plate forme d’écoute des américains. Ceux-ci lui ont fait découvrir « la force du merci ». Les américains le lui rendront justement par la constitution de divers groupes expressifs de la richesse culturelle américaine : les « Arab-americans for Obama », les « Asian-americans for Obama », voire les « Obamacains ». Créer à la fois l’espoir, une vision attrayante et une dynamique gagnante reste la marque distinctive de Barack Obama.
B- LA CAPACITE DE GESTION DES CRISES ET DE L’ENVIRONNEMENT
1. La gestion des échecs et des crises
La capacité du leader à faire face aux échecs et aux crises est incontournable. Le leader ne s’évanouit pas après un échec. Au contraire, il y puise une énergie positive pour se booster davantage et rebondir au plus haut niveau. L’échec de Barack Obama aux élections pour la Chambre des Représentants en 2000 contre Bobby Rush lui a permis de mieux préparer ses campagnes et ses conquêtes politiques ultérieures. Il ne saurait en être autrement car comme le disait Johann Wolfgang von Goethe, la perte de courage est irréparable.
En période de crises, il est important que le leader sache faire preuve de responsabilité et de discernement. Il doit parfois pouvoir opter pour la voie la plus efficiente. Ainsi, Barack Obama a permis d’endiguer la crise économique qui secouait l’Amérique en régularisant l’activité des principales banques du pays. De plus, lors des attentats manqués du 25 décembre 2009, Barack Obama a dit se tenir responsable de l’échec des services américains de sécurité. Il a su se poser les bonnes questions et tenir compte de son environnement.
2. La prise en compte de l’environnement
Barack Obama est un leader qui est toujours en alerte. Il a bâti son projet en intégrant les variables inhérentes à la à la nouvelle sociologie américaine et aux grands groupes d’intérêts et autres corporations dominantes. Il a su tirer avantage d’Internet pour se constituer un réseau de soutien et de mobilisation des fonds solide. Grâce à cette ressource, Barack Obama bénéficiera de l’érection de 8.000 groupes d’affinité, 750.000 bénévoles actifs et 1.276.000 donateurs.
Derrière les images de ses meetings de campagne électorale et celles de son investiture le 20 janvier 2009, il transparait, non le tableau de rassemblements ordinaires entre un homme politique et ses militants ; mais, il se dégage plutôt la traduction d’une communion rare et exceptionnelle entre un véritable modèle vivant, un leader et ses disciples venus d’horizons divers et représentatifs de la diversité de toutes les composantes des Etats-Unis d’Amérique. Barack Obama est un exemple, une « valeur ajoutée tout à fait transférable (…) particulièrement à la jeunesse [africaine]». A la suite du professeur André Akam Akam, nous pensons donc que Barack Obama est un prototype de « surbrillance d’un leadership évident hors du commun ». C’est un exemple de réussite édifiante dans l’espace politique et dans la vie. Barack Obama est une illustration parfaite du type de leader qui devrait inspirer tout le monde et en particulier les jeunes africains dans la quête des voies et moyens salutaires pour parvenir à une paix positive durable et la prospérité économique du continent.
LA MORALE CETTE HISTOIRE
Pour nos dirigeants…
Je vous laisse compléter !
Pour les jeunes africains…
Les jeunes africains doivent croire en leurs potentialités à changer/ transformer l’Afrique. Chaque jeune africain est indispensable à son continent ; il n’est jamais trop tard pour bien faire ; la contribution de chaque africain est attendue. Chaque jeune doit savoir qu’il est l’artisan, le bâtisseur de son propre succès. Tout jeune africain doit s’inspirer de cette pensée d’Oscar Wilde pour qui le succès est une science ; quand on remplit les conditions, on atteint le résultat. A partir de là, nous formulons le vœu que chaque burkinabé, chaque africain devienne un leader.
A vos marques, prêt…