Conseillère en logistique électorale franco-turque au Soudan
Professionnelle de coopération internationale, j’ai fait partie de plus de 200 volontaires qui ont soutenu le référendum d’autodétermination du Sud-Soudan qui s’est tenu en janvier 2011.
Je suis arrivée au Soudan en novembre 2010. Après deux semaines de formation initiale à Khartoum et à Juba, j’ai été déployée à Torit, capitale de l'État de l'Équateur Oriental. Ensuite, j’ai passé 1 mois à Ikotos, petit village isolé, entouré des Monts Imatong , situé tout près de la frontière avec l’Ouganda. J’étais Consultante Logistique Electorale pendant le processus référendaire pour 2 régions -Ikotos et Budi- au sud Soudan. J’ai travaillé en étroite collaboration avec le comité départemental de ces deux régions et leur ai assisté sur le plan technique et logistique dans toutes les étapes du référendum.
Ma mission en Afrique m’a permis de travailler véritablement sur le terrain, visiter différentes régions du Soudan, d’assister à des patrouilles routières, aériennes et de prendre contact avec diverses cultures de ce pays. A Torit, j’ai résidé dans la base militaire de l’ONU, vécu dans un container, ce qui était parfois contraignant quand c’est la première fois, mais globalement bien sympathique. Cette région était assez instable, en plus à risque de mines anti-personnelles. Ce n’est pas habituel pour un civil. Cependant, j’ai suivi des formations de sécurité de l’ONU, très complètes, qui m’ont bien préparée au terrain.
Il y avait une vraie ambiance de solidarité sur la base. Je me suis faite des amis d’un peu partout : Ghana, Timor Leste, Norvège, Allemagne, Guatemala, Viêt-Nam, Espagne, Tanzanie, pour ne citer que quelques uns. Mes amis de l’armée bangladeshie veillaient sur moi quand je pratiquais du yoga sur la piste d’atterrissage à Torit et mes collègues turcs m’envoyaient des colis de nourriture quand j’étais en zone reculée.
A Ikotos, nous sommes restés dans un immeuble implanté au milieu du village. Je n’oublierai jamais le matin du Nouvel An à Ikotos: nous avons été réveillés par des coups de fusil et explosions grenades à 5h du matin. Voyant les soldats locaux courir autour de notre immeuble en chantant des hymnes, nous avons été bien inquiets. Il s’est avéré que c’était la manière locale de fêter l’arrivée de la nouvelle année…
Les émotions me submergent quand je pense à mes amis au village : tous les enfants me connaissaient, j’étais leur « Kawaja » (personne de couleur blanche). Si je ne me tournais pas quand ils m’appelaient, ils criaient « Kawaja !!! » encore plus fort. Je les prenais parfois en photo, on discutait comme on pouvait. J’avais aussi un ami tailleur qui m’a fait des robes très jolies en kitanga : elles ne sont pas vraiment comme je voulais car il a toujours apporté sa touche personnelle, mais je les adore et les porte souvent. Je n’oublierai pas les habitants de ce petit village qui se réunissaient la nuit autour de notre immeuble, le seul éclairé du village…
Ce n’était pas toujours facile pour moi : entre le climat (40-45C), le manque d’infrastructures, les risques sanitaires (malaria, maladies virales, diphtérie, fièvre noir…), les contraintes de sécurité, un accès très limité à la nourriture et une réalité de vie qui est différente, mais mon enrichissement personnel est tellement grand.
Un peu de mon cœur est resté au Soudan. En quittant ce pays en juin 2011, j’étais à la fois fière d’avoir réalisée cette mission et fait partie d’un moment historique, contente de renter chez moi et triste de laisser mes amis.
Şehnaz ÖZDAMAR (France & Turquie)
Le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU):
Qu’est-ce que le VNU ?
Le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) est l'organisation de l'ONU vise à promouvoir le volontariat dans le but d’apporter un soutien à la paix et au développement dans le monde.
Leur contribution à la paix et au développement est hautement reconnue par l’ONU qui met un accent sur ce programme comme moteur de développement durable.
Le volontaire dispose d’un rôle de médiateur. Il s’associe aux partenaires et s’engage dans le cadre de sa mission bien définie. Les profils diversifiés des volontaires permettent d’accéder à un large éventail de compétences. En effet, le programme VNU recrute près de 8 000 volontaires chaque année de 158 nationalités différentes. Avec ce programme, les Nations Unies aident à organiser et à couvrir des élections, soutiennent des projets humanitaires et maintiennent la paix dans divers pays. En nombre, les Volontaires des Nations Unies constituent un tiers du personnel civil international de l’organisme déployé en opérations de maintien de la paix.
Pourquoi devenir volontaire ?
S’adhérant comme Volontaire des Nations Unies, on a la possibilité de servir de grandes causes mondiales dans un milieu multiculturel et dynamique, dans différents pays, un peu partout dans le monde.
A qui s’adresse le programme ?
Le VNU s’adresse à toute personne inspirée par la paix mondiale et le développement souhaitant travailler dans un esprit de partenariat et de solidarité. Les candidats doivent avoir minimum 25 ans, posséder un diplôme d’étude supérieure et un minimum de 5 ans d’expérience professionnelle. Les langues du travail sont l’anglais, le français ou l’espagnol. Le VNU offre la possibilité de travailler dans 128 pays. Le contrat des volontaires est de minimum 6 mois.
Quels sont les domaines d’action ?
Les volontaires interviennent principalement dans les domaines de la paix, les catastrophes naturelles, l’autonomisation des communautés locales, le processus électoral et le développement durable.
Plus d’informations : www.unvolunteers.org