yasmin birth control

Friday, May 18th

Last update10:41:20 AM GMT

Font Size

Screen

Profile

Layout

Direction

Menu Style

Cpanel

Blog du Burkina et des amis de l'Afrique

Blogs relatifs aux sujets d’ordres éducatifs, au Burkina Faso et à l’Afrique

Regard d’un africain sur l’élection présidentielle en France

Posted by Lapshug
Lapshug
Lapshug n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Mercredi, 09 Mai 2012
dans Critique et politique · 1 commentaire

Hollande président, quelles leçons ? Le peuple français s’est prononcé, François Hollande, un socialiste a été élu Président de la République. Mon regard d’africain sur cette élection m’incite à ouvrir avec vous quelques pistes de réflexion.

1) Une nième alternance politique.

Alternance de personnes, un homme succède à un autre ; un homme « normal » futur président « normal » remplace un homme fantastique, un président hyperactif et « plein de pouvoirs » que ses amis comparaient à Jack Bauer. Est-ce possible en Afrique, qu’un homme « banal », un personnage « normal » puisse challenger nos sages, omniscients et omnipotents présidents ? Chez nous, les chefs d’Etat ont la réputation d’être des personnes exceptionnelles et des « dieux sur terre » au point où la moindre velléité politique, la moindre ambition présidentielle d’un membre du même parti politique ou de l’opposition est considérée comme un affront personnel, une trahison impardonnable. En Afrique, à un moment donné et sur le territoire de chaque Etat, il n’y a qu’un seul individu, jamais trop jeune – jamais trop vieux, qui dispose, jusqu’à sa mort, de préférence, de toutes les capacités physiques, intellectuelles et même invisibles requises pour être président de la république. L’Afrique gagnerait également à donner une chance aux hommes normaux.

Alternance politique entre deux partis politiques. Des partis uniques africains qui réfutent et persécutent toute forme de concurrence, en face, une opposition constamment affamée, sans intégrité, sans projet de société… l’opposition en Afrique se donne-t-elle les moyens de concrétiser l’alternance politique sur le continent ?

Alternance dans la même génération. Je n’ai rien contre les « dinosaures africains », mais la tendance est au rajeunissement des élites politiques. David Cameron, Barack Obama, Joseph Kabila, Ali Bongo, Macky Sall sont des exemples dans ce sens. Et ces jeunes présidents  accomplissent tout autant leurs fonctions avec exemplarité et compétence.

2) Célérité dans la publication des résultats.

A peine les bureaux de votes ont fermé, les statistiques et le résultat étaient connus ; et ce pas un exploit, c’est une coutume, une vielle habitude, une bonne vieille habitude. Combien de pays africains peuvent garantir la crédibilité et la disponibilité des résultats le jour même ? Ceci est d’autant plus paradoxal et ironique qu’en Afrique, le (futur) vainqueur des élections est connu bien avant la convocation du corps électoral, mais pourtant, les organisateurs des élections prennent un temps peu raisonnable avant de publier les résultats. Et après on s’étonne que toutes sortes de coups bas interviennent entre les deux tours des élections : les présidents des commissions électorales indépendantes soient séquestrés, tout autant que les candidats au second tour.

3) La défaite d’un homme

On pourrait dire que Nicolas Sarkozy a subi un vote sanction. Déjà au premier tour, les observateurs s’inquiétaient de constater que le président sortant n’arrivait pas en tête au décompte du nombre de voix valablement exprimées. Pour le second tour, le discours a tout aussi semblé être clair, voire très clair. Voter contre Sarkozy et pas forcément pour Hollande. Pour ce scrutin, il a paru plus optimiste de faire passer un chameau par le chat d’une aiguille que d’élire à nouveau Nicolas Sarkozy comme président de  la République française. Est-ce le fruit d’une stratégie agressive contre ses concurrents les plus prononcés à l’instar de Dominique De Villepin et Dominique Strauss Kahn ? Est-ce simplement l’effet de la crise ? La vraie fausse mort de la françafrique y est-elle pour quelque chose dans cette sortie inattendue ? Vu sous cet angle, François Hollande garde-t-il encore un quelconque mérite de son élection ?

Un mot sur le pourcentage de voix avec lequel François Hollande a été élu.

51,9 % rien que ça ? Peut-on être élu président de la république en Afrique avec 51 % de voix ? Affirmatif, c’est suffisant pour avoir la majorité absolue. Mais, aucun chef d’Etat n’accepte être élu avec si peu. Nous aimons les gros pourcentages, au moins 75 %. Ça me rappelle les scores d’un certain Saddam Hussein ou de Hugo Chavez. De même, j’aimerai bien voir des présidents africains (sortant) consentiraient de laisser le pouvoir avec 2 points de différence, juste à 2 doigts d’une réélection. Chapeau Sarkozy, c’est une belle image de démocrate !

En tout état de cause, le nouveau chef d’Etat français hérite de nombreux dossiers épineux. On l’attend principalement sur sa politique africaine et la place qu’il compte donner à la France dans le concert des nations.

Et pour finir, en cette fin de mandat pour Nicolas Sarkozy,  de façon étrange, j’ai une pensée pour ses pairs d’une autre époque Abdoulaye Wade, Laurent Gbagbo et Mouammar Kaddafi.

OBAME Alain Hugues

Lectures : 41

Sénégal : nouveau président élu

Posted by Sehnaz
Sehnaz
Professionnelle de Coopération Internationale, Sehnaz Özdamar est spécialisée en diplomatie, contexte militair...
Hors ligne
le Lundi, 26 Mars 2012
dans Critique et politique · 4 commentaires

Dimanche 25 Mars, Macky Sall, ex-premier ministre sénégalais est devenu dimanche le nouveau chef de l'Etat sénégalais. Un scrutin serein a mis fin à l’ère d’Abdoulaye Wade, 85 ans, le chef de l’Etat sortant qui était élu en 2000, réélu en 2007 et qui se présentait un 3ème mandat.

Bien que les résultats officiels ne soient encore définitifs, Sall a remporté la victoire de manière écrasante face à son adversaire. Les Sénégalais ont donc choisi Macky Sall, 50 ans, qui était décrit souvent comme le fils spirituel de Wade.

Engagements de Macky Sall :
Lors de sa campagne, M. Sall a insisté sur sa différence de Wade. Il s’est engagé sur l’amélioration des conditions de vie, l’accès aux services sociaux de base et pour plus de démocratie, critiquant le pouvoir qui aurait fait beaucoup de gaspillages et d’investissements inutiles. Il a promis l’efficacité et l’efficience à son peuple et déclaré qu’il ne fera qu’un mandat de cinq ans au lieu de sept, s’orientant vers la consolidation de la démocratie, des institutions fortes et une démocratie solide.

Données générales sur le Sénégal :
Capitale : Dakar
Population : 14,1 millions
Taux de chômage des jeunes : 38%
PIB/hab (2010) : 981 USD (soit 1819 USD en PPA)

Rang dans l’indice  du développement humain établi par le Programme des Nations Unies pour le développement : 155 (sur 187 pays)

Secteur primaire : 13,7% du PIB, 50% de la population active
Secteur  secondaire :20,5% du PIB
Secteur tertiaire :65,7% du PIB - dont 20% de service public

Pays stable mais imparfait:
Le Sénégal est un pays stable constituant un exemple de stabilité économique et politique en Afrique occidentale sans aucun historique de coup d’état.

Malgré ce panorama démocratique, c’est aussi l'un des pays les plus pauvres du monde. En effet, près de 50% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté La distribution de la richesse est inégale et plus de 30 % de ses habitants subsistent avec moins de 1,25 USD par jour.

Lectures : 97

Décryptage du putsch au Mali

Posted by Lapshug
Lapshug
Lapshug n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Jeudi, 22 Mars 2012
dans Critique et politique · 1 commentaire

Dans la nuit du 21 au 22 mars 2012 survint au Mali une tentative de putsch ! Cela fait un moment, plus de 20 ans, que le pays n’avait plus connu une entreprise de conquête du pouvoir par  la force. En effet, le dernier coup d’Etat au Mali datait du 26 mars 1991 et avait conduit un certain Amadou Toumani Touré à la tête de l’Etat.

Des militaires ou un groupe de rebelles qui viennent au pouvoir par la voie des armes en Afrique, c’est un fait banal. On ne finit plus de compter les putschs ; il fut un temps où cette forme était presque devenue le mode ordinaire de dévolution du pouvoir. Mais ce qui surprend c’est que de tels événements surviennent au Mali. Ce pays est considéré, à juste titre, depuis 1991, comme l’un des meilleurs élèves de la démocratie sur le continent. Alternances politique et générationnelle au centre du pouvoir, élections régulières et crédibles… hormis les pays de l’Afrique Anglophone, rare sont les Etats du continent qui peuvent se prévaloir de telles pratiques encourageantes.

Deux griefs sont présentés par les mutins. D’une part, les militaires putschistes reprochent au gouvernement d’Amadou Toumani Touré son « indifférence » et sa « mollesse » face à la montée de la rébellion touareg dans le Nord du pays. D’autre part, les soldats maliens demandaient un meilleur traitement (salaires, équipements, primes) et sont restés peu entendus.

Au demeurant, une série d’interrogations subsiste. L’armée avait-elle déjà épuisé la voie du dialogue pour se faire comprendre ? S’il a manqué des moyens pour mener une lutte contre la montée du terrorisme, la révolution actuelle suffira-t-elle à faire jaillir ces ressources comme par enchantement ? D’où viendront les finances ? L’armée ne pouvait-elle pas initier une candidature civile indépendante pour faire entendre sa grogne et ses griefs lors de l’élection présidentielle prévue prochainement ? Dans une République, l’armée doit-elle prendre le pouvoir chaque fois qu’elle aura des revendications sérieuses à faire valoir et qu’elle reste incomprise ou mal comprise ?

Dans tous les cas, l’une des morales de cette histoire est sans équivoque. La démocratie ne saurait être un état passif, un acquis perpétuel pour l’éternité. Au contraire, la démocratie, reste une conquête, un renouvellement permanent  et une capacité d’alerte prompte à offrir les réponses idoines aux nouvelles revendications du peuple et à l’évolution des réalités nationales ou locales. La démocratie américaine brille depuis plus de deux siècles de vie, et pourtant la campagne présidentielle en cours nous présente une jeunesse impressionnante et un dynamisme remarquable dans la façon de se réinventer.

On dit que les démocraties ne se font la guerre. A l’opposé, la démocratie doit constamment se donner les moyens de faire la guerre à ses ennemis. Et pour ce faire, l’une de ses armes redoutables est que chaque Etat doit se doter une armée républicaine exemplaire, forte, saine et loyale. Dans un Etat démocratique, surtout dans un Etat démocratique, l’armée doit être une institution forte au sens de Barack OBAMA. L’armée est donc, à mon sens, et au vu de la tournure des évènements au Mali ; l’armée est donc, disais-je, le gendarme de la démocratie.

Alain H. OBAME

Lectures : 127

Nelson Mandela

Posted by ACCOEN
ACCOEN
ACCOEN n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Vendredi, 16 Mars 2012
dans Critique et politique · 2 commentaires

Nelson Mandela

«  Tous les hommes, même ceux qui apparemment sont les plus inaccessibles à la pitié, ont toujours un fond  de bonté : si on arrive à toucher leur cœur, il est possible de les faire changer »

« Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu'un d'autre de sa liberté »

« Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé. »

Ces citations proviennent de Nelson Mandela. Ce dernier, né le 18 juillet 1918, est une icône de la politique Sud-Africaine. Son nom de naissance est Nelson Rolihlahla Mandela et celui-ci est l’un des dirigeants les plus reconnus mondialement pour s’être opposé au système politique de l’apartheid.  A la suite des premières élections non raciales, il fut élu président de l’Afrique du Sud entre 1994  et 1999.

En 1944, Nelson Mandela entra au Congrès national africain (ANC) pour lutter contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale. En 1948, devenu avocat, il s’est opposé aux lois créées par l’apartheid et mises en place par le gouvernement national.  Mais suite à l’interdiction des activités de l’ANC par le gouvernement et suite à une opposition non violente mais non concluante, Nelson Mandela décida de créer une branche militaire à l’ANC avec laquelle il tenta de saboter les installations militaires et publiques.  Mais suite à cette prise d’initiative, il fut arrêté et emprisonné.

Alors qu’il se trouvait en prison, il acquit un soutien international croissant et devint un symbole mondial de la lutte pour l’égalité raciale.

À la suite de 27 années d’emprisonnement, il fut libéré en 1990. De ce fait, dès son retour, il soutint et encouragea la réconciliation avec le gouvernement du président Frederick de Keller et il reçut le prix Nobel de la paix en 1993 pour sa volonté de réconcilier les blancs et les noirs et pour sa lutte contre les inégalités économiques.

Malgré une transition difficile, le président Frederick de Keller et Nelson Mandela Mandela ont pu éviter une guerre civile entre les partisans de l’apartheid. En 1994, Nelson Mandela devint le premier président noir d’Afrique du Sud.

Nelson Mandela reste une personnalité relativement importante et mondialement écoutée jusqu’à il y a peu au sujet des droits de l’homme.

Ci-dessous, veuillez trouver un poème, écrit par William Ernest Henley , qui a fortement inspiré Nelson Mandela lorsqu’ était en prison sur l’ile De Robben. Ce poème est basé sur la propre expérience de William Henley et fut écrit en 1975 lorsque ce dernier, suite à une amputation du pied, fut sur son lit d’hôpital. William Henley disait lui-même que ce poème était une démonstration de sa résistance à la douleur consécutive à son amputation.

INVICTUS

Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
Pour mon âme invincible et fière,

Dans de cruelles circonstances,

Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé,

En ce lieu de colère et de pleurs,

Se profile l’ombre de la mort,
Et je ne sais ce que me réserve le sort,
Mais je suis et je resterai sans peur,

Aussi étroit soit le chemin,

Nombreux les châtiments infâmes,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.

Stevie Wonder - I just called to say I love you

Le lien ci-dessous vous conduit à une chanson créée par Stevie Wonder en l’honneur de Nelson Mandela lorsqu’il était en prison sur l’ile de Robben et suite à sa création, le chanteur a reçu un oscar en 1985.

http://www.youtube.com/watch?v=QwOU3bnuU0k&ob=av2e

Mots clés : Aucun mot clé
Lectures : 119

18ème sommet de l'Union Africaine: un fiasco politique?

Posted by Charilala
Charilala
Charilala n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Jeudi, 02 Février 2012
dans Critique et politique · 0 commentaires

Le 18ème sommet de l’Union Africaine s’est tenu en Ethiopie, du 24 au 31 Janvier 2012 à Addis-Abeba, avec la participation des 54 pays membres.

Le thème était consacré aux « Valeurs partagées pour une plus grande unité et intégration ».

Jean Ping, gabonais et francophone, président sortant n’a pas été réélu face à  l’anglophone et actuelle ministre sud-africaine de l’intérieur et ex-épouse du président Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma (63 ans).L’élection du nouveau Président de la commission de l’Union Africaine ne s’est donc pas faite mais Jean Ping reste Président par intérim jusqu’ au prochain sommet.

Les médias soldent cet évènement tantôt de « coup de théâtre », tantôt d’échec. Il est sur que cela témoigne du manque d’unité de l’Afrique. Qu’est ce qu’être africain aujourd’hui ? Le résultat de ce sommet n’est il pas la réponse des « valeurs partagées » par l’Afrique, c'est-à-dire imprécises et manquantes ? Faut-il attendre le printemps des nations pour que la voix soit donnée aux peuples ?

Finalement, ce sommet de l’UA témoigne davantage des ambitions diplomatiques des leaders.

En espérant qu’un jour les peuples de l’Afrique puissent écrire les propres pages de leur destin à l’abri des desseins personnels et hégémoniques des leaders politiques.

Mots clés : Aucun mot clé
Lectures : 160

Après le Printemps arabe, l'Automne islamiste!

Posted by s.jourani@gmail.com
s.jourani@gmail.com
s.jourani@gmail.com n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Mardi, 06 Décembre 2011
dans Critique et politique · 1 commentaire

A quelques semaines du premier anniversaire des soulèvements populaire qu’a connus la Tunisie- berceau du Printemps arabe- pour être suivie de l’Egypte et la Lybie, l’heure est au bilan : Bilan de 10 mois chargés de rebondissements ; bilan d’un laps de temps qui a voulu à quelques millions de personnes une histoire autre que celle qui leur été prédestinée, gravant ses péripéties  en lettres de feu dans la mémoire collective de la communauté internationale.

Survenues sans se faire annoncer, les révolutions à l’issue desquelles trois dictatures ont été déboulonnées commencent à donner leurs premiers résultats. Et c’est en Tunisie que l’histoire commence à prendre forme. En effet, des élections dont la transparence et la convenable préparation font l’unanimité dans les rangs des analystes, ont eu lieu enregistrant un taux de participation frôlant les 85%. L’événement a créé la surprise chez tout le monde, y compris les islamistes. Au sein du parti Ennahda, longtemps réprimé par le régime laïc de Ben Ali et son prédécesseur, on reçoit l’événement de la propulsion au pouvoir comme un don inespéré que le parti n’aurait jamais pu obtenir… même avec toute la violence que ses partisans pouvaient manifester pour se faire entendre. Et pourtant, c’est de la manière la plus démocrate qui soit, grâce à l’inébranlable volonté du peuple tunisien, que les islamistes ont pu constituer une majorité à l’assemblée nationale tunisienne, sans une quelconque figure d’opposition. Qui aurait cru qu’une dictature aussi enracinée que celle de Ben Ali serait démantelée pour être remplacée par le parti qui fut considérée comme ‘ l’ennemi public numéro 1 ‘ ? Qui aurait cru que le parti d’Ennahda longtemps, autrefois jugé comme intégriste et rétrograde, tirerait profit d’un terrain que les jeunes modernistes ont libéré…et nettoyé ? Mais avant tout, le peuple tunisien est-il réellement dupe pour se libérer du despotisme de l’empire Ben Ali et ensuite tomber dans les bras d’un parti qui se veut islamiste modéré ? La réponse est non. Les années de répression qu’Ennahda a connues lui ont fait gagner du terrain en terme de maturité politique. Et si les dirigeants du parti ne sont pas démocrates par définition, ils vont devoir l’être par intérêt et pragmatisme C’est d’ailleurs pourquoi ils se sont montrés rassurants, à l’écoute des revendications de toutes les castes  sociales, au service d’un peuple qui a su leur témoigner sa confiance et sa soif du nouveau. Ceci étant, il n’en demeure pas moins  que le parti de monsieur Ghannouchi doit suivre l’exemple de son l’AKP, parti islamiste turc au pouvoir depuis 10 ans, qui avait lui aussi fait une salutaire évolution en développant son jeu politique, en se montrant ouvert à de nouvelles perspectives et en s’intéressant aux vrais problèmes sociétaux au lieu de s’adonner grossièrement à de faux débats portant sur les libertés individuelles (port du voile, consommation d’alcool, etc)

La Libye quant à elle a du mal à sortir de l’ère Kadhafi tant les chantiers qui doivent être ouverts sont de taille. Désormais, tout est à reconstruire : l’économie, l’armée, le gouvernement… Mais encore faut-il surmonter les différends créés par le système tribal ancestral du pays...

Loin des ambitions pharaoniques qui ont pris naissance à la place Tahrir , l’Egypte sombre dans la période post-révolution et les horizons politiques que la jeunesse est descendu défendre dans les rues ne se dessinent toujours pas Si beaucoup estiment que les Frères Musulmans finiront au pouvoir, la scène politique égyptienne ne semble pas tourner la page du bras de fer entre l’armée et le peuple qui, rappelons le, reste profondément divisé et ne trouve pas de consensus entre les différentes minorités qui le constituent. A l’heure qu’il est, un scénario catastrophe est en train de s’élaborer par les politologues, celui de la guerre civile Quoiqu’il soit abusif aux yeux de certains, il serait néanmoins anodin de l’exclure et ne pas l’envisager… Affaire à suivre !

Lectures : 184

La santé est-elle aussi précieuse que l’or?

Posted by tapsire
tapsire
tapsire n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Jeudi, 01 Décembre 2011
dans Critique et politique · 2 commentaires

Depuis quelques années, on note une effervescence de sites aurifères au Burkina Faso par l’entremise d’entreprises étrangères qualifiées pour l’extraction de l’or. Que de monde se rue vers les sites d’or à la recherche d’emploi car semble-t-il que l’on y est bien rémunéré. Ouvriers, personnes qualifiées, cadres pensent trouver un équilibre économique en travaillant pour des entreprises d’exploitation d’or. Pourtant, l’article sur l’exploitation minière et la santé de Burkina PME du 17/11/2011, rédigé par Franck Régis TAPSOBA Relate que tout ouvrier qui travaille sur un site aurifère est exposé à une maladie très répandue chez les mineurs qui est la pneumoconiose. Par ailleurs, aucun traitement ne peut guérir cette maladie selon un spécialiste de l’hôpital Yalgada OUEDRAOGO, Dr. Médard BAMBARA. Lisez cet extrait de l’article.

 Honoré est un travailleur de la CEMOB. Après plusieurs années de chômage, il est actuellement employé dans une société minière du Burkina. Il souffre d’une maladie dont lui-même ne sait décrire. Sur recommandation des médecins, il a cessé de fumer, et de prendre l’alcool depuis des années. « C’est la toux et les maux de poitrine qui me fatiguent ». Celui-ci est inquiet et se fait des soucis pour son avenir professionnel avec cette maladie qui ne le lâche pas. Un mal qui le ronge à petit feu. Il affirme avoir fait recours à de nombreux cabinets de soins, des tradi-praticiens sans trouver un traitement approprié. « Ce sont des calmants qu’on me prescrit, puisqu’au bout de quelques mois ou au plus une année, le mal revient. »

Selon le Dr Médard BAMBARA, pneumonologue à l’hôpital Yalgado OUEDRAOGO de Ouagadougou, les mineurs sont généralement affectés par la pneumoconiose. C’est une exposition prolongée et élevée à la poussière. L’évolution de la maladie dépend de la durée de l’exposition et de la quantité de poussière ou de particules inhalées.

A travers cet extrait, je me pose de nombreuses questions :

- Faut-il travailler pour préparer ses propres funérailles ?

- Y-a-t-il vraiment un avantage à travailler dans des sites aurifères s’il faut dépenser en soins de santé par la suite ?

- Est-ce que les mesures d’hygiènes sont bien observées par les employeurs et les employés ?

- Y-a-t-il de la sensibilisation auprès des employeurs et des employés par le corps médical quant aux risques liés au travail dans les mines ?

- N’y a-t-il pas urgence de définir des normes bien strictes afin de prévenir la santé des travailleurs ?

Je vous invite à réfléchir avec moi sur ces questions.

Mots clés : Actualité
Lectures : 205

Les torpillages de la démocratie au sein des parlements africains

Posted by NTAMHER
NTAMHER
NTAMHER n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Mercredi, 23 Novembre 2011
dans Critique et politique · 0 commentaires

LES MECANISMES DE TORPILLAGE DE LA DEMOCRATIE AU SEIN DES PARLEMENTS AFRICAINS

 

La démocratie comme l’affirmait Winston Churchill, « est le pire de tous les systèmes politiques, à l’exception de tous les autres ».Cette maxime de l’ancien Premier Ministre britannique, trouve encore tout son sens au sein des sociétés contemporaines, surtout les sociétés africaines. Car si elle est aujourd’hui la forme d’organisation du pouvoir à laquelle aspirent la plupart des peuples de la planète, elle n’a pourtant pas cessé de montrer ses limites, en particulier celle liée à la dictature de la majorité sur la minorité, mais surtout l’observance d’une formation des oligarchies à la tête des Etats, où un groupe réduit de personnes, qui ne jouissent pas de la légitimité du peuple (puisqu’agissant dans l’ombre), l’exemple le plus parlant ici étant les marchés qui dictent leurs lois aux économies mondiales en général et en Europe en particulier. C’est ces oligarchies, présentes dans l’ensemble des pays de la planète, qui président officieusement aux destinées des populations de la planète.

Ce n’est pas sur cet aspect des choses que nous souhaitons nous attarder, mais sur quelque chose de plus vicieux.  Il s’agit en fait d’un ensemble de pratiques observées au sein des parlements africains,  qui pour les dirigeants du continent sont la preuve vivante même du fonctionnement démocratique de leurs pouvoirs, mais qui à regarder de plus près sont constituent des torpillages aux efforts de démocratie des peuples africains.

Dans son célèbre Esprit des lois publié en 1748, Montesquieu distingue trois formes de pouvoir qui pour le bon fonctionnement de la cité, doivent être bien distincts et se contrôler mutuellement. Il s’agit du pouvoir législatif chargé de « fabriquer » les lois, du pouvoir exécutif chargé de faire exécuter les lois, et du pouvoir judiciaire qui joue en quelque sorte le rôle d’arbitre entre les deux premières formes. Cela revient à dire deux choses principales.

D’abord, que dans un système démocratique qui fonctionne normalement, les points de vue de l’exécutif et du législatif ne doivent pas toujours être convergents. Ensuite, que le pouvoir législatif dans la hiérarchie des pouvoirs est le premier classé, ceci en ce que le parlement est le laboratoire dans lequel sont fabriquées les lois qui régissent le fonctionnement d’un Etat, qui sont ensuite exécutées par le pouvoir exécutif qui souvent  est constitué du Président de la République, chef de l’Etat, et du Premier Ministre, chef du Gouvernent ; de plus, le parlement est l’institution suprême dans une démocratie, en ce qu’il est le lieu d’expression des tendances et des points de vue des populations, qui doivent permanemment être débattus pour apporter des solutions adaptées aux besoins du peuple. Il est lieu d’expression de la volonté populaire, et c’est en cela que les parlementaires sont appelés « Représentants du peuple » ; précisons que dans le cadre de ce travail nous assimilerons l’exécutif au gouvernement.

Pourtant, il est quelque chose d’anormal et même d’injuste sur laquelle nous voulons attirer l’attention ; c’est que ce parlement qui est chargé de l’élaboration des lois, est devenu en Afrique une institution de légitimation des lois de l’exécutif. Le parlement ne joue plus effectivement son rôle, et l’exécutif qui s’est arrogé tous les pouvoirs, fait passer aisément et sans se poser de question, ses propres points de vue, d’où la réduction de nos parlements au seul « vote des lois ».

De façon plus concrète, il s’agit de dispositions constitutionnelles, présentes dans les lois fondamentales de la plupart des Etats africains, dans le chapitre consacré aux rapports entre l’exécutif et le législatif. On y trouve un ou plusieurs articles qui stipulent que lors des sessions parlementaires, les questions prioritaires à l’ordre du jour sont des projets de loi, et tant que ces derniers n’ont pas été épuisés, aucune proposition de loi ne peut être examinée.

Revenons un petit peu sur la clarification de ces différents concepts. Le projet de loi est une émanation du gouvernement (du Président de la République), alors que la proposition de loi elle, émane des parlementaires ou des citoyens. Ceci revient donc à dire que la grande partie des lois en vigueur au sein d’un Etat démocratique, doivent non seulement faire l’objet d’un débat entre parlementaires, mais aussi et surtout doivent être  d’initiative populaire.

A partir de ce moment, posons-nous la question de savoir combien de lois sont en vigueur dans nos pays dont l’initiative est parlementaire ? La réponse est sans équivoque, elles sont très peu. Et si l’on devrait poser la question dans le sens contraire, on se rendrait compte que l’ensemble des lois en vigueur ou presque, en vigueur dans nos Etats, sont l’initiative des régimes qui sont en place depuis longtemps et dont on ne s’interroge plus sur leur volonté à améliorer le quotidien des populations africaines. Aux « lois parlementaires », il faudrait ajouter les ordonnances, les décrets, les décisions du Président de la République et de son gouvernement. Ce qui est en cause, c’est bien le fonctionnement de nos systèmes politiques qui ont transformé nos parlements en des instances de bénédiction des aspirations personnelles des dirigeants.

En outre, l’autre rôle reconnu au parlement dans tout système démocratique, c’est le contrôle de l’action du gouvernement qui est responsable devant lui. Ceci implique des séances de questions/réponses au sein du parlement, où les membres du gouvernement et tout autre responsable, sont appelés à expliquer leur conduite sur tel ou tel autre projet. Cette pratique est quasiment inexistante au sein des parlements africains, dont les sièges sont occupés par des hommes d’affaires qui n’ont pour ambition de développer davantage leur business avec l’aide des membres du régime.

Enfin, nous souhaitons attirer l’attention pour étayer davantage ce que nous montrons plus haut ; c’est sur les divergences d’opinion entre peuples et parlements. En effet, comment comprendre que ceux qui ont été élus par les populations, donc,  qui sont leurs représentants parce que porteurs de leurs aspirations, ne tiennent pas compte de la volonté de ces dernières. La question est posée et chacun d’entre nous pourra y trouver des réponses. Certains diront même que cela n’est pas un mal africain, ils ont raison !

L’important, c’est que nous prenions conscience de toutes ces distorsions de la démocratie et bien d’autres en encore, et que nous voyions dans quelles mesures nous pouvons changer les choses. Par ailleurs, ce n’est parce que c’est d’actualité en Occident que c’est bon ; NON ! Et qui a dit que les Occidentaux ne doivent pas se tourner vers l’Afrique pour s’améliorer ?

Lectures : 99

Ces élites dont on ne veut plus

Posted by s.jourani@gmail.com
s.jourani@gmail.com
s.jourani@gmail.com n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Mardi, 22 Novembre 2011
dans Critique et politique · 0 commentaires

Considérée depuis bien des décennies comme le berceau de la démocratie, des valeurs humanistes, et de l’égalité des chances, la France ne cesse d’influer le monde aussi bien sur le plan politique et économique que culturel. Chaque année, des étudiants du monde entier se précipitent sur les lycées, universités, et grandes écoles françaises ayant comme seul et unique objectif une formation académique d’excellence. Il y a cinq ans, la France cherchait à attirer les cerveaux du monde au nom de l’ ‘immigration choisie ‘, mais voilà qu’aujourd’hui elle ne veut plus de ces derniers jugés comme indésirables dans une période de crise où tous les prétextes sont bons pour renvoyer ces jeunes à leurs pays d’origine.

31 Mai 2011. Monsieur Guéant, Ministre de l’Intérieur français, obnubilé par la traque des immigrés, expédie une circulaire aux préfets visant à restreindre les demandes de changement de statut exprimés par les étudiants étrangers désirant intégrer le marché du travail sur le territoire français. Bien plus qu’une circulaire, ce document a été le point de départ d’une série de débats sur cette égalité des chances si bien  prônée par une caste politique française. Selon les textes, « l’acquisition de l’expérience professionnelle doit se faire dans la perspective d’un retour au pays d’origine »…façon hypocrite de dire qu’on ne veut plus des élites étrangères. Elites qui, rappelons le, ont été formées dans des institutions françaises de très grande renommée, qui se sont fait un chemin avec pour seul atout leurs compétences et leur savoir-faire, et qui dans un bon nombre de cas, ont eu des promesses d’embauches avant même l’obtention de leurs diplômes de fin d’études.

Face à cette situation tant inacceptable qu’aberrante, les réactions ne sont pas fait attendre. Pierre Tapie, président de la Conférence des Grandes Ecoles, a clairement fait entendre que de telles mesures risquent de plomber l’attrait de la France pour les élites étrangères. Même réaction de la part de la Conférence des présidents d’Université et de Valérie Pecresse, ministre du budget et porte-paroles du gouvernement français qui se dit furieuse et indignée de voir le nombre d’étudiants à HEC dont le dépôt de dossier à la préfecture a été refusé. D'ailleurs, elle n'a pas hésité a rappeler à monsieur Guéant la stratégie d'attractivité universitaire menée par la France qui selon laquelle, les étudiants deviennent des ambassadeurs français ayant des profils d'exportateurs.

Mots clés : Aucun mot clé
Lectures : 95

La Chine et les États-Unis se trouvent en Afrique

Posted by anatorresg88
anatorresg88
anatorresg88 n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Vendredi, 18 Novembre 2011
dans Critique et politique · 2 commentaires

Ces derniers mois, on a été tous témoins de l'intervention militaire désastreuse en Libye. Plein de choses on été dits sur l'importance stratégique de ce pays pour l'approvisionnement en pétrole, et il n'est pas étonnant: Selon les États-Unis, le pays a 46,5 milliards de barils en réserves (10 fois la capacité d’Égypte), ce qui en fait l'économie de pétrole en Afrique. Bien que nous soyons loin de vouloir chercher des parallélismes avec par exemple la guerre froide, nous ne pouvons pas voir ces intérêts politiques et économiques défendus et qui sont menacés: l'évacuation de 35 000 travailleurs chinois signifie beaucoup sur tout cela.

La Chine a pris le contrôle sur le pétrole au Soudan, ce qui a fait du pays l'un de ses principaux alliés sur le continent et ils ont commencé un programme d'investissements importants. Mais la pression a grandi pour devenir la situation au Darfour plus dramatique et plus visible. En 2005, il a été décidé un référendum sur l'indépendance du Sud, contre les intérêts de Al-Bashir.
Et Pékin a dû s'adapter au discours de la neutralité commencé par les dirigeants du Soudan, qui ont combattu l'indépendance. Ils ont aussi convenu plusieurs projets avant la reconnaissance officielle de l'indépendance, la Chine serait responsable donc de la construction d'infrastructures diverses et, bien sûr, de la sortie des matières premières.
Dans le cas du Soudan, la coopération a été facilement adapté à la politique de changement et le principe de non-ingérence était plus souple que dans la théorie. En Libye n'est plus aussi simple que cela.

Interdépendance des facteurs d'intérêt en Afrique à travers l'histoire (comme la Libye et le Soudan) ne sont qu'un échantillon d'une réalité qui atteint à travers le continent. Dans chaque coin, les États-Unis et la Chine se trouvent au milieu de conflits locaux, politiques, environnementales, humanitaires et, surtout, économiques. Bien que l'interdépendance économique est extraordinaire (la Chine est le plus important détenteur d'obligations du gouvernement américain et la plupart de ses réserves sont en dollars) et les politiques économiques respectives s'influencent mutuellement, les deux représentants maintiennent le discours attendu.

L'interdépendance est un facteur très important pour comprendre de quelle façon les deux économies sont enchaînés. De plus en plus, la Chine a commencé à participer plus activement aux missions de l'ONU sur le continent et d'envoyer plus d'observateurs et moniteurs à partir de 2008, de mettre en place leurs propres bases militaires.

L'hégémonie des États-Unis est déjà très fragmenté par le sentiment antiaméricain et bloqué par les problèmes économiques internes. Par ailleurs, lorsque nous parlons de l'américain en Afrique cela constitue toujours un facteur crucial pour la stabilité et l'expansion de sa zone d'influence. En chiffres, l'Afrique est responsable de 19% des importations de pétrole. Dans le cas de la Chine, cette parcelle jusqu'à 24%.

Quels sont les intérêts africains?

Malgré la rivalité croissante entre les deux pouvoirs et la militarisation conséquente, il semble difficile de répondre directement. Pour l'instant, la guerre dans les discours et les accords semble beaucoup plus réalisable. Mais comment est-ce que tout cela touche la population africaine? Sans parler des avantages ou des dommages causés par la pénétration de la Chine, il est nécessaire d'évaluer dans quelle mesure ces intérêts cherchent un ordre strict.

Je crois qu'il est essentiel de prêter attention à ces dynamiques pour anticiper ce qui va arriver dans les prochaines années. La répartition de l'hégémonie occidentale en Afrique pose des nouveaux défis et des directrices pour la recherche. On ne parle plus du Sud contre le Nord, mais beaucoup plus des relations complexes. Cependant, la question fondamentale quand le raisonnement se trouve au nord des peuples africains dans le milieu, est la suivante: Quel est le rôle que le monde veut avoir dans les pays africains? Maintenant, l'Afrique a besoin de décider.



Mots clés : Aucun mot clé
Lectures : 132

SOS CORRUPTION

Posted by NTAMHER
NTAMHER
NTAMHER n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Jeudi, 17 Novembre 2011
dans Critique et politique · 1 commentaire

SOS CORRUPTION

Par Hervé Ntamack

 

La corruption est définie d’après la convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC), comme le fait d’obtenir de quelqu’un un service (dans le cadre de ses fonctions), moyennant une contrepartie financière ou de toute autre nature. C’est aussi le fait d’user de sa position ou de l’influence que l’on exerce sur une personne ou un groupe, pour se voir accorder certains privilèges. Dans ce dernier cas, on parle de trafic d’influence ou d’abus de pouvoir.

Il est important de préciser d’entrée de jeu que la corruption est un fléau que l’on retrouve dans l’ensemble des pays de la planète,, mais elle diffère d’un pays à un autre selon son intensité et son niveau d’enracinement dans les mœurs et pratiques quotidiens des individus. Selon l’ONG Transparency International, les pays les moins affectés par la corruption sont les pays de l’Europe du nord (Norvège, Danemark, Finlande), et ceux les plus affectés se retrouvent en Afrique. En effet, ces pays sontcaractérisés par une opacité remarquable dans la gestion des affaires publiques, ce qui constitue un gros facteur de développement du phénomène.

La corruption comme nous l’avons précisé plus haut, varie selon qu’on se trouve d’un pays à l’autre, mais aussi et surtout selon ses formes. C’est ainsi que l’on peut distinguer la corruption matérielle de la corruption morale, ou la petite de la grande corruption.

La corruption matérielle qui est la plus courante et la plus visible consiste en ce que l’on appelle le « monnayage ».  Il s’agit concrètement pour un usager, pour obtenir un service de donner de l’argent,  dans le but d’être servi plusrapidement, pour un étudiant de se voir garantir de bonnes notes en les payant auprès de ses enseignants,  pour un agent de l’administration d’exiger une somme pour rendre service, etc…

A côté de la corruption matérielle, on retrouve celle dite morale. Ici, il s’agit plus de ce qu’on a communément appelé « l’achat des consciences ». Elle consiste à faire changer le comportement ou l’attitude d’une personne en lui faisant des dons. Cette forme de corruption est plus observée dans les milieux administratifs par la distribution des prébendes, ou dans les milieux politiques où les personnalités de l’opposition changent souvent du jour au lendemain leur idéologie pour servir le puvoir, en gage d’un certain nombre d’avantages. Cette forme de corruption est aussi observée à une échelle plus basse ; il nous est souvent donné d’observer lors des élections (particulièrement en Afrique), et des campagnes électorales, des hommes politiques qui au lieu de convaincre par leur programmes, se prêtent souvent à la distribution des kilogrammes de riz et de poissons, et pour les plus fortunés des billets de banque, pour s’assurer le vote de leurs concitoyens.

Par ailleurs, il faut distinguer la grande de la petite corruption ; en effet, tous les actes de corruption n’ont pas la même intensité. Il faut par exemple clairement faire le distinguo entre un agent public, victime du système en place, qui se voit obliger de céder un pourcentage pour rentrer en possession de ses avancements, de la vendeuse du marché, qui pour écouler tranquillement sa marchandise, doit payer au quotidien un taux élevé de taxes à l’agent communal qui fait preuve de beaucoup d’ingeniosité en en créant de nouvelles et qui exerce sur elle une forme de chantage, du vendeur de médicaments qui soudoie les autorités qui en retour le laissent écouler des produits qui peuvent s’avérer dangeureux pour la santé, du chef traditionnel qui au lieu de rester dans les canaux de la tradition conditionne l’accès à certaines fonctions par l’argent et d’autres biens matériels, de l’homme d’église qui détourne les offrandes et autres cotisations de ses fidèles à des fins personnelles et qui ne manque pas d’inspiration pour en extorquer davantage, Etc… il faut clairement distinguer toutes ses actions non justifiables, des détournements de fonds qui sont légion aujourd’hui dans nos Etats  de la part des autorités politiques et administratives, ou du directeur d’une entreprise de construction des routes qui se permet de détourner les sommes à lui confiées parceque ayant passé des accords secrets avec l’autorité chargée de la gestion des travaux publics.

Au-delà de ce distinguo entre petite et grande corruption, ce qu’il est important de retenir c’est que quelque soit sa forme ou son niveau d’intensité, la corruption affecte sérieusement le fonctionnement de tout l’appareil social. Elle porte sévèrement atteinte au développement, surtout à la lutte contre la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des populations. La plupart des experts s’accordent ainsi à dire que sans une diminution sensible du phénomène de corruption et la mise en place des politiques de bonne gouvernance dans  les Etats africains, l’Afrique ne trouvera jamais une place dansle concert des nations développées. Sa diminution constiue le principal gage de notre émergence politique et économique, mais aussi culturelle si l’on prend en compte la dépravation des mœurs et l’extraversion qui caractérisent les jeunes générations aujourd’hui, du non respect de la dignité humaine, etc... Ses principales causes restent la cupidité, l’incivisme, le désir du pouvoir à tout prix, mais aussi la pauvreté.

Des efforts dans le sens de rectifier le tir commencent à être visibles dans certains Etats, mais au-delà de ces derniers, nous de vons nous sentir tous concernés, car chacun d’entre nous, d’une manière ou d’une autre, s’est prêté à une acte de corruption, et nous avons la responsabilité de restaurer la probité et l’intégrité comme valeurs cardinales de fonctionnement de nos sociétés. Chacun a donc sa pierre à poser à l’édifice, en s’abstenant au moins de pratiquer des actes de corruption,  et au mieux à emmener ses proches  à prendre conscience de ce que la corruption est une mauvaise pratique, mais aussi qu’elle porte un coup sévère à notre croissance, qu’elle soit économique ou spirituelle. Il s’agit de former une masse critique importante d’acteurs du cahngement, capables de renverser la tendance.

 

 

Lectures : 126
0 votes

L'indice de perception de la corruption: Le cas des pays africains

Posted by liki
liki
Enseignant vacataire de Statistiques et Statisticien-Informaticien de formation je suis passioné par la poésie...
Hors ligne
le Samedi, 17 Septembre 2011
dans Critique et politique · 2 commentaires

 

Introduction

La corruption est un phénomène qui mine le développement des pays d’Afrique. Elle est le plus souvent citée comme une des causes principales du sous développement.  Quand bien même la corruption est prévalente dans les pays africains, il faudra noter qu’elle existe aussi dans les autres pays du monde à des dégrés similaires ou moindres.  Par exemple, les perceptions de la corruption dans les pays de l’Amérique Latine sont aussi plus fortes que celles d’Afrique.  Il en est de même que le cas des pays d’Europe de l’est.  
Comme illustration, la perception de la corruption en Russie, Vénézuala, Ukraine, Syrie, Pakistan, Yémen, Kossovo, Azerbaijan et Vietnam est plus élevée que celle du Burkina Faso.

La carte ci dessous qui a été crée par l’organisation de la société civile Transparency International montre les dégrés de sévérité de la corruption dans plusieurs du monde.  Plus la couleur est rouge foncée,  plus il y’a une très forte perception de la corruption dans ce pays. Quand la couleur est pale ou jaune, la perception est faible.

 

 

Qu’est ce que l’indice de perception de la corruption ?

L’indice de perception de la corruption est une donnée statistique qui est calculée chaque année par l’organization Transparency International dont le sécrétariat est basé à Berlin en Allemagne. 
Cet indice est situé entre 0 et 10.  Plus l’indice d’un pays est très faible, plus la perception de la corruption dans ce pays est très forte et vice-versa.  Il faudra retenir ce détail très important dans le but de pouvoir interpreter les données relatives à l’indice de perception de la corruption (IPC).
Notons que l’indice de perception de la corruption mesure la perception de la corruption dans le secteur public. C’est un indicateur de perception de la corruption au niveau de l’appareil gouvernemental ou public d’un pays.  A ce titre, il ne mesure pas la corruption entre les habitants et le secteur privé.

 

Analyses statistiques.

Pour cette analyse, nous-nous sommes basés sur les indices de perception de la corruption de l’année 2010.  En plus, nous avons limité l’étude aux pays africains afin de pouvoir faire une étude comparative.
Il faudra retenir que si un pays africain ne figure pas sur la liste c’est parce qu’il n’y avait pas de données suffisantes pour calculer l’indice de ce pays par l’organisation internationale Transparency Internationale.


On peut se demander pourquoi ne pas comparer les pays sur la base des rangs assignés selon la valeur de l’indice. Les rangs ne sont pas aussi importants car ils sont simplement une mesure de grandeur qui peut ne pas être statistiquement significante.
Par exemple, un indice de 3,2 est mathématiquement plus grande que 3,1.  La question qui se pose est-ce que la différence entre les deux mésures est statistiquement importante ou significante à un seuil de confiance déterminé.


Pour éviter d’utiliser les rangs qui peuvent donner des «fausses illusions de classement» dans certains cas, nous avons calculé une mesure statistique appelé Z-score basée sur les données des indices des pays africains.


Par définition, le Z-score est une mesure de position relative qui prend en compte l’écart-type de l’échantillon et sa moyenne.
Z =  (observation - moyenne)/Ecart type.
L’observation dans notre cas sera l’indice de chaque pays, la moyenne et l’écart type seront calculés en utilisant les données
des pays africains présents sur la liste.


Quand le Z-score est négatif, exemple (-2.1)  l’interprétation est que l’indice de perception de corruption de ce pays répresente 2.1 écart-types en dessous de la moyenne.
Quand le Z-score est zéro (0.0), cela veut dire que l’indice de perception de corruption du pays est égale  à la moyenne.
Quand le Z-score est positif, exemple (2.1),  l’interprétation est que l’indice de perception de corruption de ce pays répresente 2.1 écart-types au dessus de la moyenne.
Les pays avez les Z-scores négatifs répresentent des cas de perception de corruption élevées, sévères ou inquiétantes par rapport aux autres pays ou le z-score est nul ou positif:

Resultats:

Les pays suivants: Somalie, Soudan, Tchad, Burundi, Angola, Guinée équatoriale, la RDC, Guinée Conakry, la Republique Centrafricaine, Les Iles Comores, Congo-Brazzaville, Guinée-Bissau, Kenya, Cameroun, Côte d´Ivoire, Mauritanie, Nigeria, Sierra Leone, Togo, Zimbaboué, Ouganda, Erytrée, Madagascar ,Niger, Ethiopie, Mali, Mozambique, Tanzanie, Benin, Gabon  sont en valeur décroissante des pays dont l’indice de perception de la corruption indique des cas plus prononcés.  En effet, leurs Z-scores sont négatifs ce qui veut dire que relativement aux autres pays africain de la liste, ils sont perçus comme ayant beaucoup plus de corruption dans le secteur public.

Les pays comme l'Algérie et le Sénégal ont un Z-score nul ce qui veut dire que la perception de la corruption pour ces deux pays est relativement moyenne par rapport aux autres pays africains.

Les pays suivants: Sao Tomé et Principé, Zambie, Burkina Faso, Egypte, Djibouti, Gambie Swaziland, Liberia, Maroc, Rouanda, Ghana, Tunisie, Namibia, l’Afrique du Sud, Seychelles, le Cap Vert, l’ilie Maurice et le Botswana sont en valeur croissante des pays où la perception de la corruption en Afrique est relativement moindre.  En effet, leurs Z-scores sont positifs ce qui veut dire que relativement aux autres pays d’Afrique leurs indices sont au dessus de la moyenne de quelques écarts-type;

Par exemple, le Botswana sera le pays le plus exemplaire en matière de perception de corruption en Afrique.

 

 

 

Pays africains Indice IPC Z-score calcule par Monburkina.com
Somalia 1.1 -1.8
Sudan 1.6 -1.3
Chad 1.7 -1.2
Burundi 1.8 -1.1
Angola 1.9 -1.0
Equatorial Guinea 1.9 -1.0
Democratic Republic of Congo 2.0 -0.9
Guinea 2.0 -0.9
Central African Republic 2.1 -0.8
Comoros 2.1 -0.8
Congo-Brazzaville 2.1 -0.8
Guinea-Bissau 2.1 -0.8
Kenya 2.1 -0.8
Cameroon 2.2 -0.7
Côte d´Ivoire 2.2 -0.7
Mauritania 2.3 -0.6
Nigeria 2.4 -0.5
Sierra Leone 2.4 -0.5
Togo 2.4 -0.5
Zimbabwe 2.4 -0.5
Uganda 2.5 -0.4
Eritrea 2.6 -0.3
Madagascar 2.6 -0.3
Niger 2.6 -0.3
Ethiopia 2.7 -0.2
Mali 2.7 -0.2
Mozambique 2.7 -0.2
Tanzania 2.7 -0.2
Benin 2.8 -0.1
Gabon 2.8 -0.1
Algeria 2.9 0.0
Senegal 2.9 0.0
Sao Tome and Principe 3.0 0.1
Zambia 3.0 0.1
Burkina Faso 3.1 0.2
Egypt 3.1 0.2
Djibouti 3.2 0.3
Gambia 3.2 0.3
Swaziland 3.2 0.3
Liberia 3.3 0.4
Morocco 3.4 0.5
Rwanda 4.0 1.1
Ghana 4.1 1.2
Tunisia 4.3 1.4
Namibia 4.4 1.5
South Africa 4.5 1.6
Seychelles 4.8 1.9
Cape Verde 5.1 2.2
Mauritius 5.4 2.5
Botswana 5.8 2.9
Moyenne 2.9
Ecart type 1.02
Sources de l'indice: Transparency International
Donnees de 2010
Lectures : 430

L'espérance de vie au Burkina Faso: ce que les statistiques cachent

Posted by liki
liki
Enseignant vacataire de Statistiques et Statisticien-Informaticien de formation je suis passioné par la poésie...
Hors ligne
le Lundi, 20 Juin 2011
dans Critique et politique · 1 commentaire


L'espérance de vie à la naissance représente la durée de vie moyenne - autrement dit l'âge moyen au décès - d'une génération fictive soumise aux conditions de mortalité de l'année. Elle caractérise la mortalité indépendamment de la structure par âge.(INSEE France).
Si en France et dans les pays développés cette espérance de vie est facilement mesurable, au Burkina Faso les données statistiques estimant l’espérance de vie des Burkinabè sont à prendre avec un grain de sel. Cela n’est nullement pas dû au manque d’experts, mais à la qualité et l’insuffisance des données pour faire des estimations fiables.
Par exemple, il est courant de voir des gens avec des âges largement dimuniés pour leur permettre l’accès à l’éducation ou à des concours administratifs.  Il y’aussi le cas de ceux nés dans les villages au temps où il n’yavait presque pas d’administration et où on se souciait de papiers que quand on voulait voyager dans un autre pays ou aller à l’école. A l’instar des pays développés ou il faut obligatoirement un permis de décès et une authorisation d’enterrement pour les morts, au Burkina Faso, la plus grande majorité des gens meurent dans des villages, loin des centres de santé. On les enterre après seulement l’autorisation des chefs de terre qui jouent des rôles coutumiers.  C’est dire donc que des données ne sont pas collectées pour la plupart de ces gens.  Faut il donc baser l’espérance de vie sur les données d’échantillons convenables collectées seulement dans les hopitaux ou dans quelques centres administratifs?
A mon avis, l’espérance de vie au Burkina Faso est une statistique difficilement mesurable, néanmoins on sait qu’elle est très courte comparée à celle des pays riches compte tenu de la pauvreté et de ses conséquences.

Mots clés : Aucun mot clé
Lectures : 628
0 votes

Comment gérer son temps

Posted by sergemover
sergemover
sergemover n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Samedi, 09 Avril 2011
dans Critique et politique · 3 commentaires

"Les plans ne sont rien, c'est la planification qui compte" disait Dwight Eisenhower. Cette citation du 34ème président des états unis témoigne de l'importance de l'organisation dans tout projet. Cela est d'autant plus important pour les élèves et étudiants que le système scolaire n'aborde que très superficiellement la question de l'établissement d'un programme d'étude.

En ce qui me concerne, je pense que l'établissement d'un bon emploi de temps oblige à prendre en considérations les paramètres suivants:

1) L'objectif

Avant toute chose, il est important de savoir ce qu'on veut. Si vous vous préparé pour le bac, ce n'est pas la même chose que si vous préparez le BEPC. Définissez votre objectif.

En quoi est-ce que ça consiste? Il s'agit de savoir:

-          Le quoi: un bac, un concours etc. Le quoi vous permet de savoir les composantes de votre objectif. Par exemple, l'épreuve du baccalauréat regroupe les mathématiques, la physique, les langues, etc. A ce stade, vous pouvez faire un tableau résumant les composantes de votre projet ou objectif. Faites le plus simple possible.

-          Le quand: vous devez avoir en tête la date à laquelle le projet se réalisera. Cela vous permet de savoir le temps dont vous disposez pour vous préparer.

2) Votre personne.

Il est primordial que vous vous connaissiez le mieux possible. Pour ce faire, posez-vous les questions suivantes:

-          Quelles sont mes forces? Il s'agit d'avoir conscience de tous les éléments qui représentent un atout dans l'accomplissement de votre objectif.

-          Quelles sont vos faiblesses? Il s'agit d'avoir conscience de tous les éléments qui représentent un handicap dans l'accomplissement de votre objectif. Si vous devez passer le bac, il serait bien de cerner dans quelles matière vous êtes faible. Si vous avez de difficultés en langues, il va de soit que vous devrez accorder davantage de temps aux langues.

-          Quelles sont vos autres occupations? Il peut s'agir d'un sport que vous pratiquer régulièrement, d'une activité artistique, d’un travail que vous faites de façon régulière; d'un voyage que vous comptez faire etc. Il est important de mener d'autres activités en dehors du cadre scolaire. Cela vous permet de rester équilibré.

3) Votre environnement.

Votre environnement regroupe les personnes de votre entourage, les évènements, le lieu géographique dans lequel vous êtes. Connaitre votre environnement vous permet de prendre les bonnes décisions. Exemple, si vous vivez dans un lieu très fréquenté et bruyant, vous pouvez penser à chercher un cadre plus calme et propice pour un travail intellectuel. L’important est de savoir que votre environnement ne pas être un handicap. Si votre environnement ne convient pas avec vos aspirations, il n'y a qu'une chose à faire: le changer. Si les mœurs de vos amis sont une source de distraction pour vous quand vous avez le plus besoin de concentration, il serait temps de commencer à leur dire non. Après avoir défini les trois paramètres ci-dessus, passez à la prochaine étape qui est l'établissement de votre emploi. Pour  ce faire, vous devrez classer les différentes taches par ordre de priorité et leur allouer un certain nombre d'heures de travail par jour ou par semaine. La semaine est à mon avis la meilleure référence pour les élèves et étudiants. Pour avoir les idées claires sur votre programme, faites un tableau qui résume vos activités pour chaque jour de la semaine et collez-le à un endroit de façon à ce que vous puissiez le consulter de façon très rapide. Le reste est une question d'assiduité. Un programme est fait pour être respecté. Toutefois, ayez à l'esprit que votre programme peut être modifié dans le but de l'améliorer. Ainsi, faites une évaluation de vous-même chaque semaine et si vous pensez nécessaire, faites des améliorations sur votre programme.

Un dernier élément à toujours prendre en compte: sachez-vous reposer. Il est important de dormir de façon régulière. Il n’existe pas de durée idéale du sommeil. Même si la moyenne se situe autour de 7 heures ou 7 heures trente, certains auront besoin de moins et d’autres de plus. La durée idéale est celle qui ne vous laisse pas fatigué le matin ou somnolent la journée.

Si vous arrivez à faire ceci, vous avez déjà fait la moitié du chemin. Pour le reste, soyez exigeant envers vous-même et trouvez-vous une source de motivation.

Mots clés : Aucun mot clé
Lectures : 572
0 votes

S'informer sur les opportunités d'emploi

Posted by sergemover
sergemover
sergemover n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Samedi, 02 Avril 2011
dans Critique et politique · 0 commentaires

Au Burkina, trouver une simple information et pourtant capitale peut s'avérer être une tâche très ardue. Et pourtant, et au risque de paraître léger, l'information est de plus en plus disponible grâce à internet. Depuis quelques années, la totalité des ministères burkinabè ainsi qu'un grand nombre de services étatiques ou privés ont été dotés de sites accessibles. Et pour qui sait s'y promener, ces sites constituent une véritable mine d'or.

C’est en cherchant des informations sur l’entreprenariat au Burkina que je suis tombé sur le site de la maison de l’emploi.

« La Maison de l’Entreprise du Burkina Faso (MEBF) se veut un outil fédérateur et dynamique au service des entreprises privées et des groupements professionnels du Burkina. Elle vise d’une part, à permettre à l’entrepreneur d’accéder en un seul lieu à une offre structurée de services qui lui sont dédiés et d’autre part, à assurer une meilleure synergie des actions des bailleurs de fonds et des organismes d’appui.
     Elle est le fruit d’un consensus entre le secteur privé, l’Etat et les partenaires techniques et financiers. ».

Pour les chercheurs d’emploi, les porteurs de projets et les étudiants, la maison de l’entreprise offre les services suivants :

1)    la mise en place et l’animation d’un dispositif d’accueil, d’écoute et d’orientation vers les programmes d’appui au secteur privé ;

2)    exécution de programmes d’appui au secteur privé ;

3)    jouer le rôle d’interface avec les administrations, les institutions d’appui au secteur privé et les prestataires de services en matière d’information économique, de conseils, de formation et de formalités administratives ;

4)    et toute activité ou opération annexe ou connexe nécessaire à l’accomplissement de son objet.

Site de la Maison de l’Entrepreneur : http://www.me.bf

 

Mots clés : Aucun mot clé
Lectures : 498
0 votes

Le terme « Bur Kina »: une origine plutôt liélé ?

Posted by Julia
Julia
Julia n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Jeudi, 16 Juillet 2009
dans Critique et politique · 1 commentaire

Il y a longtemps que je nourris l'envie de susciter un débat autour de l'origine du concept  "Burkina". Plusieurs sources (http://www.haparako.com/fr/burkina/index.htm, http://fra.consulat-burkina-faso.ch/burkinafaso/etymologie/index.html, etc.), depuis l'ère de la révolution qui a changé le nom du pays (passé de Haute-Volta à Burkina Faso), ont donné en sens mossi au mot "Burkina". Et pour le justifier, on a parlé de "burkindi" qui signifierait "intégrité", etc.  Mais personne ne semble avoir analyser de près et de façon disséquée, ce terme ou concept.  Le mot "Burkina" doit-il réellement être attribué à la langue mooré? Si oui que signifie t-il de façon plus détaillée?

"Burkina" est un quartier de Koudougou, qui est la 3ème ville du pays et qui est habitée par des Gourounsi (liélé) et des Mossi.

Dans la langue liéla le préfixe "Bur" du mot veut dire "vérité, justice, raison, etc.". Le terme "Kina" un est déterminant ou un adjectif possessif qui signifie "ceux, les propriétaires". Lorsque qu'on colle les deux composant "Bur Kina" signifie en liélé, "ceux qui ont raison; les détenteurs de la vérité ou les partisans de la justice".

En entendant de créer un cadre plus élargi pour le débat sur cette terminologie, l'analyse ainsi faite sur l'étymologie ou de la source du concept "Burkina" n'est possible que dans la langue liélé et non en mooré. "Burkindi" est tout simplement une "mooréisation" d'un concept tirant son plein et réel sens du liélé (et non du mooré).

Lectures : 958
0 votes

Sarkozy n’a pas le droit d’insulter notre mémoire collective

Posted by abassole
abassole
abassole n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Samedi, 22 Décembre 2007
dans Critique et politique · 0 commentaires

Angèle Bassolé- Ouédraogo

Angèle Bassolé- Ouédraogo, écrivaine

Interview réalisé par Bationo Flavien, Journaliste, leFaso.net


Elle est Poète. Editrice. Chercheure associée à l’Université d’études des femmes de l’Université d’Ottawa. Elle, c’est bien Angèle Bassolé-Ouédraogo. Dans cette interview, elle nous parle de sa passion pour la poésie. De sa vie au canada. De ses projets. Avec un regard critique propre à la journaliste qu’elle est également, Angèle passe au peigne fin certains aspects des relations internationales. Pour cette écrivaine fascinée par Pablo Neruda, Sony Labou Tansi, Tchikaya U’Tamsi, Léon Gontran Damas, Pacéré Titinga… il est temps que les africains se réveillent pour se départir de cette ignominieuse étiquette de « damnés de la terre ».


Lefaso.net: Vous êtes entre autres titulaire d'une Maîtrise ès Lettres (Université de Ouagadougou), d'un Doctorat en Lettres (Université d'Ottawa) et d'un Diplôme de Journalisme, (Université de Montréal). Comment vous est venue la passion pour l’écriture et notamment pour la poésie ?

Angèle Bassolé-Ouédraogo: C’est de ma passion pour la lecture dont j’aimerais vous parler avant, car la lecture précède l’écriture. J’ai toujours aimé lire, j’ai toujours aimé l’univers des livres et je lisais tout ce qui me tombait sous la main. A 13 ans et en classe 6e, notre bibliothécaire du CEG de Port-Bouet à Abidjan, me voyant ramener de gros volumes à peine quelques jours après les avoir empruntés, s’est posé la question de savoir si je les lisais vraiment. Elle a fini donc par me poser sa question à laquelle j’ai répondu par l’affirmative. Elle m’a alors demandé de lui faire le résumé de ce que j’avais lu, ce que j’ai aussitôt fait car j’aimais beaucoup les livres de la bibliothèque verte, <<Le club des cinq>>. A partir de là, s’est instauré entre elle et moi ce rituel du résumé chaque fois que je ramenais des livres.
Et suite à cela, elle m’a demandé de l’aider à faire les fiches des livres à classer car cela se faisait à la main comme c’est le cas encore, je suppose dans les bibliothèques universitaires
africaines comme celle de Ouagadougou. Je suis donc devenue son assistante et cela me donnait le privilège d’emprunter plus de livres que le nombre auquel j’avais normalement droit.
Quant à la poésie, mon lien avec elle s’est fait par le biais de mon frère aîné, François qui était poète et faisait des apparitions à la Télévision ivoirienne, RTI avec Souffles notamment de Birago Diop. C’était mon idole, mon modèle; alors, j’essayais de l’imiter, de faire tout ce qu’il faisait.


Ceci dit, à quel âge avez-vous écrit votre premier poème?


J’ai écrit mon premier poème à 11-12 ans, Souffrances que je connais encore par coeur. Le titre le dit, c’est de la douleur que m’est venue l’envie d’écrire. Nous avons malheureusement perdu ce frère tant aimé, accidentellement à 24 ans alors qu’il faisait un doctorat d’anglais en France. Je ne me suis jamais remise de cette perte. Pendant longtemps, j’ai subi un choc traumatique, une sorte de blocage psychologique contre l’anglais que je me suis mise à détester, la rendant responsable de la mort de mon frère, alors qu’auparavant, c’est une langue que j’aimais beaucoup et que j’avais commencé à apprendre dès l’école primaire.
J’ai écrit ce poème pour dire ma douleur et ma révolte. Et depuis lors, je n’ai plus jamais arrête d’écrire. J’avais des cahiers dans lesquels je consignais mes poèmes. Puis en 1983, à 16 ans, un de mes poèmes, un acrostiche à Nelson Mandela («Quand seras-tu libre ? »), alors emprisonné à vie, a été publié par Jeune Afrique à Paris. Je militais alors avec mes frères dans une association de libération pour Nelson Mandela et c’est la section française de cette association qui a fait publier le poème à Paris grâce à mon grand frère Benjamin. J’en étais très fière et tout le monde me félicitait. Mon prof de français qui avait découvert cette publication en lisant Jeune Afrique, m’a fait la surprise de la photocopier et de la distribuer en classe à mes jeunes camarades. Je peux vous assurer que lorsque Mandela a été libéré le 11 février 1990, j’ai ressenti cette libération comme une victoire personnelle. Pas que mon poème avait contribué à sa libération mais je sentais que j’avais fait ma petite part à mon humble niveau.

Dès votre jeune âge, vous aviez déjà, pourrait-on dire, l’âme d’une poète. Quelles sont alors les grandes plumes qui vous ont marquées et qui continuent à vous marquer ?

Les plumes qui m’ont marquées et qui continuent à me marquer sont nombreuses. J’ai un amour fou pour David Diop et ses Coups de pilon. C’est un de mes livres de chevet et il y aussi le grand Césaire. Son Cahier d’un retour au pays natal ne me quitte jamais.
Maya Angelou, la grande poète africaine-americaine ; Pablo Neruda avec son Chant général,
Senghor dans ses Chants d’Ombre dont j’ai eu le poème << Le Message>> à l’oral du Bac littéraire et philosophique que j’ai fait en 1986 à Abidjan. Je dois ajouter que concernant Senghor, je ne suis fascinée que par le poète. J’ai toujours des comptes à régler avec l’homme politique qu’il a été.
Il y a aussi Léon Gontran Damas, Pacéré Titinga au Burkina, René Depestre, René Char, Aragon et Apollinaire en France.
Vous aurez remarqué que ce sont tous des poètes. Mais j’aime aussi les romanciers, Sony Labou Tansi, Tchikaya U’Tamsi (le romancier comme le poète dont j’avais lu le roman La Main sèche à ma 4e sans rien y comprendre), Tony Morrison, Jacques Roumain avec son magistral Gouverneurs de la rosée que je viens de me re-acheter grâce à la réédition ici au Canada pour commémorer le 100e anniversaire de sa naissance. J’ai étudié et beaucoup apprécié les anglophones Ken Sarow-Wiwa, Wolé Soyinka, Ayi Kwei Armah, Amos Tutuola, Ama Ata Aido.
Nazi Boni et son Crépuscule des temps anciens, demeure, pour moi, le roman majeur des Lettres burkinabè ; Mongo Beti, bien sûr, les Sénégalais Sembène Ousmane avec Le Mandat, Xalla, Le Docker noir, Aminata Sow Fall dont j’ai beaucoup aimé L’Appel des arènes et La Grève des Battu, Birago Diop et ses contes mais aussi Souffles que j’adore à cause de mon frère aîné, François qui me l’a fait découvrir.
Je pourrais continuer, tellement j’en ai mais je vais terminer avec une plume que j’aime beaucoup à cause de son humour décapant et caustique, son sens fin de l’analyse, la beauté de son écriture et sa maîtrise des arcanes du style et des subtilités du langage, celle de l’économiste camerounais, Célestin Monga. Son écriture est inspirante. Et il a commis en 1993 un très beau recueil poétique avec photos sur l’Apartheid en Afrique du Sud, Fragments d’un crépuscule blessé. Avec L’Anthropologie de la colère : société civile et démocratie en Afrique (que toute la jeunesse africaine devrait lire) et Un Bantou à Djibouti, il a admirablement montré qu’il était un écrivain important avec lequel on devrait compter. Il vient de publier à la fin octobre Un Bantu à Washington (PUF).
J’attends maintenant qu’il nous écrive, Un Bantu à Ouagadougou, lui qui a été l’économiste principal du Burkina à la Banque mondiale pendant 4 ans.

Parlons maintenant de conception. Pour Victor Hugo, « le poète est un monde enfermé dans un homme ». Comment vous, vous appréhendez la poésie et le poète ?

La poésie est d’abord pour moi, un monde de totale liberté et je suis d’accord avec Hugo car la poésie est avant tout un acte de communication, de dialogue avec les autres, avec le monde.
Ce n’est pas un monologue intérieur. C’est une invite au dialogue avec le monde qui nous entoure, avec nos semblables. Et sa beauté réside dans sa polysémie. Vous pouvez comprendre ce que vous voulez, l’interpretrer comme vous la sentez, toutes les lectures restent possibles et valables. Il n’y pas une lecture unique de la poésie qui s’impose, il n’y a pas de dictature du sens unique. Et j’aime beaucoup voir les différentes lectures qu’on peut faire de ma poésie.

« Burkina Blues », « Avec tes mots », « les Sahéliennes », « Les Sans Pays » sont quelques unes de vos œuvres. Comment qualifiez-vous votre poésie ? La rangez-vous dans un courant particulier ?

Je dois préciser que Les Sans Pays ne sont pas de la poésie mais un essai à venir dont je n’ai publié qu’un article en Australie et au Canada.
Même si je suis critique littéraire de formation, il m’est difficile de qualifier ma propre poésie. Je laisse la liberté à mes lecteurs et aux critiques de le faire. Certains la disent engagée, d’autres, triste.
Je peux juste dire que je ne conçois pas la poésie comme un simple moyen de dire que la vie est belle. Cela ne m’intéresse pas de parler de moi comme soutiennent certains poètes qui disent qu’ils écrivent pour eux, pour se faire plaisir. Quand on écrit pour soi, on ne publie pas, on garde cela avec soi dans ses tiroirs.

Bien que vous soyez loin (physiquement) du pays, que pensez-vous de l’évolution d’ensemble de la littérature burkinabè ? Avez-vous le sentiment que les hommes et femmes de lettres burkinabè participent activement à la « civilisation de l’universel » ?

Bien que je sois loin, je suis de très près la production littéraire et artistique de mon pays. Je pense que nous revenons de très loin, des balbutiements d’une définition et d’une acceptation de l’existence même d’une littérature burkinabè à ce qui se produit et se donne à voir aujourd’hui.
De nos jours, plus personne ne conteste l’existence d’une littérature burkinabè avec ses écrivaines et écrivains reconnus sur le continent et ailleurs dans le monde.
Du premier colloque international de la littérature burkinabè en 1988 à aujourd’hui, notre littérature a fait du chemin mais des efforts restent encore à faire au niveau de la promotion même de cette littérature et de ses acteurs et actrices.
Le Burkina Faso, au niveau culturel est très riche et très vivant et je n’ai pas de doute que de par leurs productions et leur présence sur la scène culturelle mondiale, les hommes et les femmes des Lettres burkinabè participent effectivement à cette civilisation de l’universel comme vous dites.


Au Burkina Faso, l’édition demeure tout de même l’un des talons d’Achille de la littérature. Dans ce sens, vous avez crée en 2001 les Editions Malaïka. Basées à Ottawa, elles ont une vocation africaine. Concrètement, comment fonctionne votre Maison ?

Elle le fonctionne comme une jeune maison d’édition qui veut s’imposer et prendre sa place dans cette jungle qu’est le monde de l’édition. Notre vocation est effectivement africaine et nous voulons manifester la présence littéraire africaine à Ottawa et au Canada, voire en Amérique du Nord. C'est-à-dire que notre thématique est et demeure l’Afrique. Les auteurs peuvent être de n’importe quelle nationalité mais la thématique de ce qu’ils nous soumettent doit avoir un rapport avec l’Afrique. Nous avons l’ambition (démesurée sans doute) de détourner le pôle de l’édition africaine de la France vers le Canada. J’ai mal de voir nos écrivains africains ne rêver que de publier en France dans des maisons d’édition qui occupent un rayon et jouent aux monopoles. J’ai surtout mal de les voir les uns après les autres rêver de ne publier que dans une certaine maison où je ne publierai jamais, même si on me payait pour le faire. Mais pour ces écrivains africains, c’est le summum de la gloire que de publier là. Encore un réflexe de colonisé.
Je rêve de pouvoir me consacrer uniquement à Malaïka, pour mieux promouvoir nos livres, les amener là où sont les lecteurs partout en Afrique et m’occuper de mes auteurs. Mais hélas, je dois continuer mon travail ailleurs pour assurer les publications car au niveau des subventions gouvernementales ici, c’est difficile encore, vu que je publie des auteurs africains et pas canadiens pour la plupart. Et le gouvernement canadien ne peut pas me donner de l’argent pour faire la promotion de la littérature africaine !
Leurs subventions sont destinées à promouvoir la littérature canadienne, ce qui est tout à fait légitime. Aux politiques africains de faire la promotion de leur propre culture. Je jongle donc entre mes auteurs canadiens d’origine africaine et ma volonté d’avoir plus d’écrivains du continent.
Mais il faudrait plus que cela pour me décourager, je continue à publier les auteurs africains sur mes fonds propres tout comme j’ai réinvesti la somme entière du Prix littéraire Trillium (10.000$ CAD) que j’ai gagné ici en 2004 avec le recueil Avec tes mots dans la publication des titres qui ont suivi.


Pourquoi « Malaïka » et quelles conditions faut-il remplir pour pouvoir être édité par votre Maison?

Malaïka, parce que cela a toujours été mon rêve de travailler dans le livre car c’est ma passion depuis mon enfance. Ensuite, Malaïka signifie ange en Mooré, en Jula, en Arabe, en Swahili, en Wolof, en Kinyarwanda, en Lingala, en Hébreu, etc. Seule la prononciation peut différer d’une langue à l’autre. Malaïka voudrait donc symboliser une certaine universalité par cette identité de désignation dans des langues africaines et hébraïque sans communes racines à priori.
Le Swahili, le Mooré, le Jula et le wolof, langues africaines, portent bien l'écho de ce souci d'Afrique que nous avons ; l'Hébreu et l'Arabe traduisent cette préoccupation du reste de l'humanité qui nous habite.
Pour en revenir aux conditions, il faut que ce qui nous est soumis porte sur l’Afrique, soit bien écrit, que ce qui est raconté soit captivant et intéresse nos lecteurs et que notre protocole de rédaction soit bien suivi. Nous accordons (par déformation professionnelle sans doute) beaucoup d’intérêt et de valeur à la qualité de l’écriture. Certains auteurs nous envoient leurs brouillons, nous n’en voulons pas. D’autres s’imaginent que leur première inspiration est celle du siècle et leur vaudra le Nobel. Nous leur disons de retravailler leurs écrits, car les conseils de Boileau, extraits de l’Art poétique en 1674 sont toujours valables et d’actualité :

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser
Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.


Combien d’auteurs burkinabè avez-vous déjà édités ?
Trois sur sept auteurs que compte pour le moment notre catalogue dont la première vague d’édition ne date que de 2003.

Toujours dans le sens de la promotion de la littérature de façon générale et de la poésie en particulier, vous avez initié le « Marché Africain de la Poésie ». Quelles étaient vos attentes en lançant une telle action ? Qu’en est-il aujourd’hui ?

Le MAP (Marché africain de la poésie) a été une belle aventure faite de riches et d’intéressantes découvertes. C’était un pari fou mais que je suis fière d’avoir tenu et relevé. J’ai été stupéfaite lors des tournées dans les écoles de voir l’enthousiasme débordant des jeunes. Le Map a fait mentir ceux qui disaient et faisaient croire que les jeunes n’aimaient pas la poésie. J’ai gardé le contact avec certains d’entre eux, qui m’écrivent et m’envoient ce qu’ils écrivent. J’ai été aussi impressionnée de voir tant de monde à la soirée poétique, de voir l’intérêt qu’a suscité le colloque.
Je suis satisfaite de cette première édition entièrement réalisée sur fonds propres même si par la suite, il y a eu des gens assez méchants pour casser du sucre sur mon dos (comme on dit ici), en racontant des calomnies sur mon compte. Je les laisse à leurs consciences.
Notre fils Eddy a beaucoup aimé et ne cesse de me poser chaque fois la même question :
<< Maman, et le MAP ?>>, << C’est quand le MAP ?>>

Eh bien, pour répondre à toutes ces questions, je vous donne rendez-vous en 2008 à Bamako (car le MAP est une activité que je veux tournante, je veux mettre en effet la poésie sur la carte de l’Afrique, d’où l’acronyme de MAP en référence à la mappemonde et à la carte en anglais.)
Mes attentes qui étaient de partager ma passion de la poésie et de démystifier ce genre craint par beaucoup ont été largement satisfaites.


Comment vous êtes-vous retrouvée au Canada ? L’intégration y est t-elle aisée ?

Je m’y suis retrouvée par un concours de circonstances. J’ai en effet été récipiendaire en 1992 (deux ans après avoir soutenu ma thèse de maîtrise à l’Université de Ouagadougou) d’une bourse d’excellence de l’ACDI à frais partagés avec l’Université d’Ottawa. Je n’ai donc pas eu à choisir le Canada, c’est le Canada qui ma choisie et je n’ai pas choisi Ottawa, c’est elle qui m’a choisie.
Il n’est jamais aisé de s’intégrer dans une autre culture, surtout dans un pays aussi froid, au niveau climatique. Comme tout l’Occident, c’est un pays où l’individualisme est le mode de vie et quand vous venez d’une société communautariste comme l’Afrique, vous êtes un peu perdue au début mais on finit par lier des liens. Et j’ai lié des liens par mon travail et mon engagement avec les Canadiens en général et les Francophones de l’Ontario en particulier.
(Ontario qui signifie rivière claire en langue algonquine ; c’est en fait le nom du lac qui donne son nom à la province, province dans laquelle se trouve la ville d’Ottawa.)
(Ottawa en anglais; Odawa en algonquin, Outaouais en français. Ce mot dérive de l’algonquin adawe qui veut dire commercer. C’est aussi le nom de la tribu qui contrôlait le commerce sur la rivière des Outaouais ; nom qui a été ensuite donné à la ville, maintenant capitale nationale fédérale du Canada.)
J’ai fait miennes les luttes des Francophones pour la survie d’une communauté francophone dans la mer d’anglophonie qu’est l’Ontario (500.000 Francophones pour 13 millions d’Anglophones), j’ai fait miennes les luttes des femmes francophones et des femmes immigrantes.
J’ai présenté dans le cadre de mon travail de coordonnatrice de projets communautaires des mémoires au niveau de l’immigration avec les groupes des femmes natives canadiennes et immigrantes francophones pour faire changer notamment un règlement de la loi de l’immigration qui a trait au parrainage. Le parrainage est le système légal qui permet à un conjoint ou une conjointe canadien-ne de faire venir son partenaire ici. Cette personne qui vient est donc parrainée par celui ou celle qui l’a fait venir mais il y a des obligations liées à ce parrainage. La durée de ce parrainage était de 10 ans en Ontario, les obligations, aussi. Or, de par nos études avec nos groupes de femmes, nous avons pu démontrer aux décideurs politiques que cet aspect de la loi était discriminant pour les femmes en vertu de l’article 15 de la Charte canadienne des droits et libertés (qui est le code juridique sur le lequel fonctionne la société canadienne), accordait et légalisait indûment un pouvoir dont pouvait se servir certains conjoints mal intentionnés en cas de conflits pour faire chanter leurs conjointes ou les menacer de les retourner dans leurs pays d’origine. Il est intéressant de noter qu’il n’existait pas de cas de chantages de conjointes à conjoints mais toujours le contraire.
Ce système faisait des parrainées des citoyennes de seconde zone, n’ayant pas les mêmes droits que les autres Canadiennes du fait de ces obligations qui perduraient pendant 10 ans, donc, même après qu’elles soient devenues citoyennes canadiennes. Nous avons fait des recommandations demandant de bannir carrément ce règlement car il était redondant au vu des obligations mêmes d’assistance entre conjoints du fait du mariage. Nous avons plaidé très dur, fait des présentations à travers la province de l’Ontario et finalement, nous avons obtenu la reduction de la durée du parrainage de 10 à 3 ans comme au Québec.
Ce fut une victoire immense conquise avec mes consoeurs immigrantes et natives canadiennes dont je suis absolument fière. Ensemble, nous avons gagné une bataille importante pour le bien et l’égalité des femmes parrainées.


On vous sait également enseignante. Quelle matière enseignez-vous et dans quelle université ?

Avant de répondre à votre question, je voudrais dire qu’il faut qu’on sorte de l’équation, Docteur ou thèse de doctorat = enseignement universitaire.
J’aime l’enseignement car ma première prestation dans une classe fut quand j’étais encore élève en 6e-5e. J’avais 13-14 ans et j’allais remplacer ma tante enseignante dans ses classes du primaire (CE- CM) à Abidjan lors de ses congés de maternité ou lorsqu elle devait s’absenter pour toute autre raison. Elle préparait les cours, me les expliquait, et je partais les donner. Et je le faisais très consciencieusement car c’était une grande marque de confiance qu’elle me témoignait en accord avec sa direction en me confiant ses classes. Et je n’avais aucun problème avec les élèves, souvent plus grands que moi, car j’ai une maîtrise facile et un bon contact avec les foules, les classes, une aisance à communiquer et à transmettre. C’est de là que date ma passion de l’enseignement et j’ai continué ainsi quand j’étais en fac à Ouaga, j’enseignais dans les lycées mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, je n’ai jamais rêvé à une carrière d’enseignement. Je ne me suis jamais projetée dans une carrière universitaire et ce, depuis la Fac à Ouaga. J’aime la craie, j’aime ce contact avec les étudiants mais je ne m’y suis jamais vue faisant carrière. C'est pourquoi après ma thèse en Lettres françaises ici, option <<Poésie des femmes francophones d’Afrique>>, je n’ai jamais cherché ni sollicité de poste d’enseignement permanent. J’ai eu des offres que j’ai déclinées, notamment en Arizona aux USA et dans le Maine encore tout dernièrement même. J’ai eu des opportunités ici dont je n’ai pas voulues, parce que ma passion pour l’enseignement n’est pas aussi forte que celle pour les livres ou la recherche, qu’elle soit académique ou communautaire et j’avais peur de m’en lasser au fil du temps, ce qui aurait été catastrophique.
C’est la passion qui guide tout ce que je fais et j’avais peur de la perdre dans la routine et les dures contraintes de l’enseignement universitaire. Mais j'aime malgré tout garder ce lien avec l’enseignement car enseigner, transmettre est la seule façon de ne pas oublier ce que l’on a appris.
J’enseigne ainsi le Français depuis 10 ans aux fonctionnaires fédéraux à Ottawa et j’occupe un poste de chercheure associée à l’Institut d’études des femmes de l’Université d’Ottawa où je mène un projet de recherche comparative entre le féminisme tel qu’il se perçoit et se manifeste en Afrique et au Canada. Je travaille aussi sur un autre projet d’introduction d’études des femmes dans les universités africaines. Car je ne comprends pas que plus de 52% de la population ne soit pas prise en compte, qu’elles ne fassent pas l’objet d’études approfondies et poussées, qu’elles ne soient pas sujets et objets d’études dans les instances africaines de transmission du savoir. Si on ignore leurs apports, qui elles sont, d’où elles viennent et où elles vont en termes d’avenir pour la société elle-même, comment pourrait-on les inclure ?
Je ne m’explique pas que les décideurs politiques africains n’aient pas encore compris le rôle vital des femmes dans le développement du continent africain. Je ne comprends pas qu’ils n’aient pas encore compris que sans la prise en compte des femmes, il n’y aura jamais de développement en Afrique ! Comment peut-on mettre de coté la plus importante part de sa composante sociale et espérer se développer?


Angèle Bassolé compte-t-elle rester définitivement au Canada ?
Seul Dieu peut répondre à cette question. Qui sait de quoi demain sera fait ?
Mais pour le moment, je m’y plais car j’ai la liberté d’écrire, de publier et de faire connaître des auteurs d’Afrique et c’est là tout mon bonheur et ma joie.
Et j’aime à penser que là où tu as un travail, là est ton pays. Et comme je m’acharne à faire de partout où je suis, un chez-moi, je reconstruis la patrie, le Faso, et l’Afrique ici, avec mes mots et ceux des autres.

Comment se déroule une journée type d’Angèle Bassolé ?

Ça, c’est toute une question mais je vais essayer d’y répondre.
Je me lève toujours après avoir fait ma prière et offert ma journée à Dieu. Il fut un temps où je ne dormais que 4 h la nuit ou pas du tout quand je préparais ma thèse. Maintenant, j’essaie de dormir normalement surtout après l’épuisement que j’ai fait à mon retour du Map en 2005.
Je travaillais trop, voyageais trop, tant à l’intérieur du Canada qu’à l’extérieur sans résorber les décalages horaires, sans me reposer et comme le corps n’est pas une machine, car même une machine s’use et a besoin de souffler, je suis tombée à mon retour du Map et je n’ai pas pu travailler pendant une année entière. J’ai dû attendre d’avoir une autorisation de mon médecin pour pouvoir reprendre mes activités petit à petit depuis décembre 2006 et plus régulièrement à partir de janvier de cette année 2007.
Maintenant, j’ai compris la leçon et je me repose. Je suis même devenue experte-conseil de mes connaissances sur le besoin capital du repos. (Rires). Et je suis en train d’écrire cette expérience.

Vous combinez votre métier d'enseignante avec vos activités de Journaliste reporter et de Chroniqueur. Sous cet angle, que pensez-vous de la politique de « l’immigration choisie » ?

Je crois que c’est une bêtise tout simplement et comme le dit un adage en Mooré, seuls les mendiants se détestent entre eux. Car il a fallu un président lui-même immigrant d’origine pour inventer un tel concept. Certes, chaque pays est libre de dicter ses critères dans le choix de ses immigrants et c’est son droit ; et même un pays comme le Canada a ses critères auxquels il soumet ses candidats à l’immigration mais quand on sent que cette politique choisie a été taillée sur mesure (comme cette loi sur l’ADN) pour exclure certaines catégories de populations et en particulier les Africains, ça fait mal.
Le monde devient veritablement un village global et il faut ouvrir les frontières. Un pays comme le Canada est un pays d’immigration et l’immigration est le facteur réel du taux d’accroissement de la population canadienne à cause de la dénatalité très élevée.
A part les Autochtones à qui appartiennent ces terres et toute l’Amérique, d’ailleurs, les Canadiens, dans leur ensemble, qu’ils soient Francophones ou Anglophones, sont tous venus, un jour, d’ailleurs.

L’affirmation de Sarkozy selon laquelle « Le drame de l’Afrique c’est qu’elle n’est pas suffisamment entrée dans l’histoire », entraîne une véritable levée de boucliers un peu partout dans le monde. D’aucuns n’hésitent pas à préconiser une « mise à niveau » du président français, en ce qui concerne l’Afrique. Pensez-vous qu’il faille véritablement vouer Nicolas Sarkozy aux gémonies ?

Je pense qu’il est tres mal placé pour donner aux Africains une leçon d’histoire car il n’en sait absolument rien. Il ne connaît pas notre histoire et n’a pas le droit d’insulter notre mémoire collective.
Au-delà de Nicolas Sarkozy, ce sont les Africains qui me dépassent. Qu’il le dise chez lui, en France, passe encore, mais qu’il foule la terre africaine pour nous insulter, je dis non, trop, c’est trop. Et je déplore cette levée tardive des boucliers africains. Mais où étaient-ils donc ?
Et comment les responsables politiques sénégalais, les universitaires et étudiants sénégalais lui ont-ils permis de venir les insulter en pleine face sans rien dire, sans rien faire ?
C’est inadmissible et j’ai manifesté mon désaccord à travers une chronique intitulée : <<Pour qui se prend-il donc ?>>
Nous avons perdu notre estime de nous-mêmes, notre ‘’self-esteem’’ (comme disent les Anglais) et il est temps de chercher à la recouvrer car la survie de notre continent en dépend.


Bien que le parcours soit très périlleux, beaucoup d’Africains tentent, chaque jour que Dieu fait de gagner l’Europe à la quête, croient-ils, de « l’eldorado ». Au bout, ils n’ont que désillusion, désolation, humiliation et mort. Comment réagissez-vous aux images d’immigrés clandestins dont les médias internationaux raffolent bien souvent et dont ils inondent les écrans de télévision?


Je réagis avec beaucoup de rage, de honte et de révolte et j’ai aussi écrit à ce propos
(<< Nouveaux Négriers>> et <<Le Vrai visage de l’Occident>>). Mais, tout cela, voyez-vous, c’est la faute à nos dictateurs. Car sans eux, l’Afrique serait un paradis et personne n’aurait envie de venir vers le Nord au risque de sa vie. C’est totalement absurde d’autant plus que la vie, la joie de vivre, le soleil sont en Afrique. Si ces gens qui risquent leur vie pour fuir je ne sais quelle mort, étaient un tant soit peu au courant des dures réalités de l’Occident, ils ne tenteraient jamais ces périples mortels.
Au nord, on ne vit pas, on survit.
Le mot stress est d’ailleurs une invention occidentale, canadienne, pour être plus précise.

Cette situation n’est-elle pas la résultante d’un échec des stratégies de développement en Afrique doublée d’une certaine incurie des dirigeants ?

Bien sûr. C’est la faillite de toute une génération de dirigeants ignobles mais aussi d’intellectuels qui ont choisi de mettre leur intelligence au service de la bêtise.
Honte à eux !


Les Etats-Unis d’Afrique continuent d’être un serpent de mer. Pendant que certains en appellent hic et nunc à un gouvernement fédéral africain, d’autres préconisent la prudence. Comment analysez-vous une telle situation quand on sait que l’Afrique est frontalement confrontée aux guerres sans fin, aux maladies, à la mal gouvernance. ?


Je ressens beaucoup de tristesse face à cela et je le dis dans << Rêves d’unité>> dont je compte en faire un livre.
J’ai entendu ce qui s’est dit lors de la dernière réunion de l’UA au Ghana. J’ai été sidérée
d’entendre le président sud-africain dire que c’était encore trop tôt. Trop tôt ?
Trop tôt par rapport à quoi, alors que Kwamé Nkrumah et Lumumba en rêvaient déjà ?
Je ne comprends pas que l’Europe ait pu s’unir, un continent composé de pays où l’individualisme est roi et qu’en Afrique où l’on se targue d’être solidaires et de professer la solidarité comme socle de notre culture, on n’arrive pas à faire ce pas et qu’on continue de s’entre-déchirer ainsi comme des chiens. C’est triste et douloureux d’y penser.
C’est encore plus triste de voir que nous faisons le jeu des autres qui nous divisent pour régner et de constater que nous travaillons avec ardeur contre notre propre destruction.



Revenant à la poésie, quels sont vos projets ? Y’a t-il par exemple des publications en vue ?


Mon 4e recueil, Les Porteuses d’Afrique vient d’être publié en ce mois d’octobre et mon 3e, Sahéliennes a été traduit en septembre au Portugal, en portugais donc.
Je travaille sur les prochains titres, <<Yennenga>>, <<Un jour, ailleurs, ici, peut-être. >> et << Ode pour un rêve brisé>> que j’avais écrit à la fac à Ouaga et quelque peu abandonné.
Je reviens aussi à deux projets de films documentaires dont l’un que je préparais en même temps que ma thèse de Doctorat et que j’aurais voulu présenter lors de ma soutenance comme appui mais que je n’ai pas pu, faute de temps. Je le ressors donc et le titre de ce documentaire sur les écrivaines africaines est : <<Les Plumes du silence>>.
L’autre, porte sur la grande sœur de papa, <<La Weemba de Goé>> dont vous retrouvez des échos dans tous mes recueils publiés. C’est une figure politique importante et exceptionnelle de ce royaume mooga patriarcal et féodal que j’aimerais faire découvrir à plus de gens. J’ai d’abord fait ce projet pour mon fils afin qu’il connaisse son histoire. Je songe aussi à faire restaurer sa maison afin de permettre à tous de pouvoir la visiter.
Ce que tout le monde ignore est que j’écris aussi autre chose que de la poésie. J’écris des nouvelles et des romans. Je me sens à présent prêtre à les laisser voir en les faisant publier.
Pour le roman, je ne me lançais pas encore car j’ai beaucoup de mal à me séparer de mes personnages, je suis incapable de les tuer par exemple. L’autre raison qui me retenait est le fait qu’on voit toujours dans une première publication romanesque une auto-fiction, une autobiographie et je ne voulais pas être mise dans ce catalogue. Certes, mon premier roman parlera d’amour et de passion mais pas les miennes, celles de mes parents, car leur histoire en est une d’amour véritable et totale. Ma mère, ayant été donnée en mariage à un vieillard qu’elle ne connaissait pas, a fui pour rejoindre mon père dont elle était amoureuse. Et à l’époque, ça prenait du courage et du cran pour le faire. C’est cela que je veux exalter, cette force qu’elle a eue pour défier sa famille et son père, tout roi qu’il était. C’est une histoire de passion et de courage non seulement de ma mère mais aussi de mon père que j’aimerais partager. Car mon père était un dur à cuire (il est décédé le 2 février 1996 alors que j’étais en pleine rédaction de ma thèse) et il lui a fallu du courage pour oser affronter ainsi mon grand-père et se metrre à dos le roi. Ils ont eu beauccoup de problèmes à cause de cela, ma mère a été dans un premier temps bannie de la famille, puis réhabilitée et reçue à cause des enfants, donc de nous, par la suite. Exactement comme Yennenga et Rialé avec leur fils Ouédraogo.


Avec votre programme, trouvez-vous le temps pour les loisirs ?

C’est difficile surtout que je suis toujours entre deux avions, deux trains. Il fut un moment en 2005, avant de tomber malade, où pendant un mois, je n’ai vu Ottawa que par la gare et l’aéroport. Mais j’essaie malgré tout, de trouver du temps pour me reposer.
Mon désir est de pouvoir trouver du temps pour lire des livres pour mon seul plaisir, j’aime pendant l’été aller au bord de l’eau et comme ce n’est pas ce qui manque ici, j’en profite donc. M’asseoir au bord de l’eau me rassénère beaucoup car j’y ressens l’immensité et la plénitude du Dieu Créateur. Peut-être parce que je suis née et ai grandi littéralement au bord de l’Atlantique, je suis fascinée par l’océan mais aussi par le désert. Sahélienne et quelque peu côtière en même temps donc.
Mon loisir, le dimanche est d’aider à ma paroisse où je suis sacristine pour la messe de 17h depuis 15 ans. J’accompagne aussi depuis 4 ans des adultes à la catéchèse, à la Cathédrale d’Ottawa et cette année, j’anime sur le <<Notre Père>>. La session dure 6 mois, de septembre à avril et les catéchumènes reçoivent les sacrements à Pâques. J’ai eu la grâce d’avoir été choisie comme marraine les années passées. J’ai trois filleuls du Burkina (deux jeunes adultes et une enfant) et une jeune fille du Togo.
J’aime me rendre utile et c’est ma façon de rendre grâces à Dieu pour tous les bienfaits dont il me comble avec ma famille.
J’aime aussi méditer car prier est comme écrire pour moi. J’y rencontre la paix, la sérénité. Et l‘autre raison de ma passion poétique vient de mon expérience et de mon cheminement de foi.
J’écris parce que j’espère et je crois, parce que j’espère aussi. Il y a un parallèle intéressant entre mon besoin d’écrire et mon besoin de croire.
Certes, je suis née et j’ai grandi dans une famille catholique pratiquante. Mon père qui a été baptisé par Mgr Thevenoud, le fondateur de la Cathédrale de Ouaga, a sillonné les régions du Burkina avec lui. C’est ainsi qu’il a appris à parler le latin même s’il n’avait jamais été à l’école. J’ai donc hérité de la foi de mes parents mais en grandissant, j’ai bâti et expérimenté ma propre foi. J’ai construit une relation intime que je continue à construire d’ailleurs avec mon Sauveur Jésus-Christ et ma mère, la Très Sainte Vierge Marie (je suis légionnaire de Marie depuis que j’ai 14 ans). Ici, au Canada, je vis ma foi plus profondément que je ne la vivais en Afrique alors que mes proches craignaient que je perde la foi ici. Mais je peux vous assurer que le Canada n’est pas un pays athée comme on se plait à le croire. Il y a ici des croyances fortement ancrées, des pratiques religieuses solides, des sanctuaires mariaux et des lieux de pèlerinage vieux de 300 ans et que j’ai eu la chance de visiter.
Si vous aimez écrire, vous devez sans doute « dévorer » aussi la lecture. Que lisez-vous actuellement ?

Oui, je suis une grande dévoreuse de livres. On ne peut pas écrire si on ne lit pas. Et je suis contente d’avoir pu transmettre cette passion des livres à notre fils Eddy.

Actuellement, je relis Gouverneurs de la Rosée, le Chant général de Pablo Neruda. Je lis aussi un livre religieux d’un moine cistercien d’ici, Yves Girard, << Croire jusqu'a l'ivresse! >> dans lequel il dit que si nous avions vraiment la foi, nous ne demanderions plus rien dans nos prières car Dieu sait déjà de quoi nous avons besoin et nous devrions simplement lui faire confiance et croire qu’il pourvoira lui-même à tous nos besoins. Et puis bien sur, tous les manuscrits que reçoit Malaïka. Je les lis tous et chacun même si j’ai un comité de lecture qui fait très bien son travail. Je veux connaître tout le contenu de ce qui nous est envoyé par respect pour ceux et celles qui nous font confiance et osent nous envoyer leurs manuscrits. Je connais donc très bien chacun des livres que nous publions.


La vie n’est jamais un long fleuve tranquille. Que retenez-vous comme richesse fondamentale tout au long de votre parcours ?

La bonté et les merveilles de Dieu dans ma vie, moi l’inattendue, celle que personne n’attendait dans la vie. Car mes parents, après la naissance de mon frère Benjamin, Prof de philo en Normandie, avaient décidé de ne plus avoir d’autre enfant, d’où son prénom de Benjamin, car notre mère avait failli mourir lors de cette grossesse. Il devait donc être le benjamin mais Dieu avait une surprise pour eux car je suis arrivée 6 ans après cette fameuse décision et ils disent qu’ils m’ont accueillie comme un ange, d’où mon prénom. Je suis donc ‘’un accident’’ mais un accident heureux, (comme eux-mêmes me l'ont raconté), car à mon tour, je leur ai en quelque sorte ‘’apporté’’ ma petite soeur Marie, enseignante aussi et mon petit frère Pascal dit le Guerrier, batiker à Ouaga, le dernier de la famille, né une nuit de Pâques, en pleine messe.
Je retiens aussi les rencontres qui m’ont permis de grandir dans ma vie, comme celle de mon époux Yvon et de tous ces merveilleux ami-e-s, mes frères et sœurs dans la vie ici, comme
en Afrique, en Amérique du Nord, et partout ailleurs dans le monde.
Je bénis le Seigneur pour chacune et chacun d’eux. Et pour vous aussi, et votre média qui me donnez l’occasion de faire ce partage.
Merci.



Interview réalisée par :
Arsène Flavien Bationo
Lefaso.net
Email : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
crédit Photos : Jacques Villemaire





Mots clés : Aucun mot clé
Lectures : 1783
0 votes

Il s’appellera toujours Sankara !

Posted by abassole
abassole
abassole n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
le Lundi, 15 Octobre 2007
dans Critique et politique · 0 commentaires

Sankara Nous avons rêvé avec lui, ma génération et moi et certainement d’autres avant et après nous.

Nous avons rêvé d’un Burkina et d’une Afrique meilleurs.

Nous avons rêvé avec lui de projets réalisables qu’on nous avait assurés impossibles.

Il nous a redonné notre fierté. La fierté de l’intégrité, la fierté de se proclamer Burkinabé, Africain et de marcher la tête haute.

Il nous a fait revenir au Faso, dans la Patrie. Nous sommes revenus par vagues du pays où nous étions nés et dans lequel personne ne nous reconnaissait.

Il nous a convaincus de revenir bâtir avec lui la Patrie. Et nous avons cru en son rêve, nous l’avons fait nôtre. Et contre l’avis de nos propres parents, nous l’avons rejoint sur les fonds baptismaux de ce nouveau Burkina et de cette nouvelle Afrique. Nous étions, comme lui, déterminés. Avec une rage de vaincre incroyable. Tout nous était possible, car nous avions la foi.

Et on sait qu’avec la foi, tout est possible. Cela, nous l’avions appris du fils de l’Homme, Jésus de Nazareth.

Nous étions sur la même longueur d’ondes. Nous vibrions sur le même rythme, sur les mêmes espoirs.

Son charisme admirable n’avait pas d’égale. Il nous envoûtait littéralement et nos parents ne comprenaient pas ce que nous lui trouvions, à ce jeune capitaine iconoclaste. Nous l’attendions à l’aéroport à ses retours de voyage pour entendre ses inimitables comptes-rendus hilarants. Nous étions toujours présents à ses meetings très populaires. Et je me souviendrai toujours de la visite du président du Nicaragua de l’époque, aujourd’hui revenu au pouvoir, Daniel Ortega. C’était au stade du 4 août, son stade, construit par la coopération chinoise. Ils sont arrivés ensemble dans une jeep et pendant que les gardes voulaient leur ouvrir la portière, ils ont sauté tous les deux en même temps de la jeep. C’était fabuleux.

Nous avons crié avec lui :

"A bas l’impérialisme, à bas le colonialisme et le néocolonialisme, à bas, les traites et les valets locaux."

"Vive la Révolution", "Pouvoir au peuple", "Gloire au peuple",

"La Patrie ou la mort, nous vaincrons."

Puis, un soir, l’horreur ! Parce que les rêves, surtout dans cette "Afrique-là", ne durent jamais longtemps. Parce que l’homme africain est un véritable loup pour l’homme, capable de tuer son ami, son plus que frère. C’est cela, l’énigme africaine qu’il ne faut jamais chercher à comprendre.

Je crois que 20 ans après, je ne suis jamais revenue de ce jeudi sanglant. J’étais non loin des lieux, je terminais mon cours de catéchisme. J’ai bien entendu le crépitement des armes mais je ne m’étais pas inquiétée, croyant aux entraînements militaires habituels. J’ai quand même recommandé aux enfants de rentrer directement chez eux, de ne pas traîner en route.

Je me suis moi-même dépêchée de rentrer car la rue avait un aspect bizarre, des gens courant et surgissant de partout. Puis, une fois, à la maison, j’entends de la musique militaire à la radio. Je me suis mise à pleurer en disant à mes cousins : "Ils l’ont tué" et eux, de tenter de me rassurer en disant : "Non, calme-toi, il va bien".

Mais au fond de moi, une certitude lancinante, je savais que mon héros n’était plus, que ses ennemis l’avaient vaincu et je me suis souvenue de cette phrase sinistre du vieux président Houphouët qui avait dit à l’adresse du président Sankara : "Les vieux caïmans finissent toujours par attraper les petits capitaines". Je n’oublierai jamais. Comme je n’oublierai jamais le sacrifice de notre héros, leader à jamais. Quand j’ai appris plus tard les détails des événements et la confirmation de plus en plus reccurente qu’il savait ce qui allait lui arrivé, qu’il l’avait pressenti mais n’avait rien voulu faire pour rester fidèle à lui-même, à ses idéaux, je lui en ai beaucoup voulu de s’être laissé sacrifier ainsi comme un agneau.

Je suis allée dès le lendemain matin très tôt à 6h au cimetière dans lequel on les avait jetés à la hâte. J’ai vu une marre de sang, une paire de tennis, certainement les siens. J’ai pleuré tout mon saoul, j’y suis retournée tous les jours jusqu’a ce que les militaires nous en interdissent l’accès car ce cimetière était devenu un lieu de pèlerinage. Les gens venaient de partout, hommes, enfants, femmes, jeunes, vieillards, tout le monde venait prier, déposer des mots-hommages, des poèmes, des prières, des fleurs, des bougies. Quelqu’un avait étendu le drapeau national, son drapeau sur sa tombe.

Pendant les trois semaines qui ont suivi, j’ai été incapable d’aller en classe à la fac. J’avais de terribles maux de tête car j’essayais de comprendre, je voulais comprendre comment tout cela avait pu arriver, comment notre révolution et nos rêves s’étaient ainsi désagrégés, comment des Burkinabé, des intègres avaient pu tuer ainsi d’autres Burkinabé.

Nous qui n’étions pas de sa famille, ni aussi proches de lui, nous avions mal, très mal et nous nous rendions malades à essayer de comprendre. Je me suis toujours demandé comment les commanditaires et les acteurs de cette tragédie avaient pu survivre à leurs actes, comment ils avaient pu continuer à vivre, manger, dormir sans devenir fous.

Cette question me poursuit encore 20 ans après.

Il avait dit : "Tuez-moi et il y aura mille autres Sankara"

Aujourd’hui, il y a des millions de Sankara à travers le monde qui continuent son rêve, qui travaille sur ses idéaux. J’ai été surprise de voir dans une très prestigieuse université américaine tous ses discours et d’apprendre qu’on y étudiait particulièrement ses discours et actions en faveur des femmes.

Notre héros vivra toujours car les héros ne meurent jamais, leurs idéaux alimentent toujours les rêves et les actions de ceux et celles qui les ont admiré.

Salut, PF (Président du Faso que son peuple bien-aimé aimait à lui donner) !

La Patrie ou la mort, nous vaincrons un jour !

Et nous ne t’oublierons jamais, toi notre Che !

De là où tu es, guide-nous, guide ce peuple que tu aimas jusqu'à la mort !

Angèle Bassolé
Écrivaine, Ottawa

Mots clés : Aucun mot clé
Lectures : 1732
0 votes
You are here