« Communication interne et management : comment optimiser la performance de votre organisation ? » Tel est le titre de l’ouvrage d’Arsène Flavien BATIONO publié aux Editions Universitaires Européennes en Allemagne, en septembre 2011. Chargé de Communication et de Plaidoyer à l’OCADES Caritas Burkina, journaliste, l’auteur est par ailleurs Président du Groupe d’Etudes et de Recherches en Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (GERSTIC).
Blog du Burkina et des amis de l'Afrique
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Litterature
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Un nouveau roman très intéressant qui explique de fond en comble le phénomène de la sorcellerie en Afrique vient de paraitre. Le titre de l’ouvrage est le «Roi du Djandjou».
Ce ouvrage est très important pour étudiants, chercheurs, élèves et tout ceux qui avec juste raison continuent de se poser des questions sur la sorcellerie, un problème social qui mine à tort ou à raison le développement de l’Afrique.
Au Burkina Faso par exemple, ce sont les vieilles femmes très agées qui sont le plus souvent accusées de sorcellerie. Certaines sont chassées et marginalisées et les plus chanceuses sont accueillies par des centres de solidarité pour sorcières à Ouagadougou.
L’auteur est un écrivain burkinabè de talent que j’ai eu l’honneur de découvrir à travers son roman intitulé “Le crépuscule des ténèbres”. Nous vous invitons tous à vous procurer ce roman pour comprendre et jugez de vous même ce sujet tabou et complexe qui suscite beaucoup de discussions.
Bonjour à tous et très belle année 2012!
J'ai souhaité aborder comme premier thème aujourd'hui celui de la littérature de jeunesse, en particulier l'univers des contes.
En ce début d'année, nous venons de quitter il y a peu cet univers empli de féerie qui accompagne le mois de Décembre. N'y a t'il pas une certaine nostalgie d'antan, nous ramenant en quelques instants à notre enfance, jardin de rêves et d'espoirs, nourri par les lectures et le travail de l'imagination impulsé par les contes?
Si je vous évoque: Le lièvre et l'Hyène, La jeune fille et le lion, Les fées, Cendrillon, Les mille et une nuits, on remarque que le conte revêt une certaine universalité des plus signifiantes.
En effet, le conte nous aide à répondre aux interrogations que l'enfance nous impose, par l'identification quasi naturelle au héros. Le personnage du héros aide l'enfant à forger sa personnalité et à faciliter sa distinction entre le bien et le mal.
Lire des contes permet aux enfants de découvrir et de contribuer à une culture commune, créant ainsi une connection humaine et universelle.
L'univers des contes constitue un refuge pour l'enfant lui permettant d'échapper aux difficultés de la vie réelle.
Finalement, lire des contes, c'est parfois se chercher pour trouver des indices permettant de faire des choix dans la vie réelle.
D'ailleurs, qui a prétendu que les contes étaient exclusivement réservés aux enfants?
Chacun de nous peut en apprécier leur lecture, leurs détails, leur enchaînement narratif constitué d'ellipses, de suspens.
Lisez des contes aux plus jeunes et profitez en tout autant!
C’est parti pour six jours de célébration du livre au Cices, à Dakar, avec l’ouverture de la treizième édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique, ce samedi 17 décembre 2011. Ainsi, différents spécialistes du livre et de l’écrit sont attendus à la Fildak 2011, avec le Maroc comme invité d’honneur. Jusqu’au jeudi 22 décembre 2011, l’occasion est donnée au grand public et aux professionnels du livre de se rencontrer et de découvrir les nouveautés littéraires des quatre coins du globe.
Sources :
Sophie Ekoué. Foire Internationale du Livre de Dakar. In site web de la radio Rfi [en ligne]. [consulté le 18 décembre 2011]. < http://www.rfi.fr/emission/20111217-1-foire-internationnale-livre-dakar>
Fildak 2011. In www au-senegal.com [en ligne]. [consulté le 18 décembre 2011].
Halima Djigo. Le Maroc invité d’honneur de la Foire du Livre de Dakar. In Yabiladi.com [en ligne]. [consulté le 18 décembre 2011]. < http://www.yabiladi.com/articles/details/7907/maroc-invite-d-honneur-foire-livre.html>
Bonjour tout le monde,
Je vis au Canada au Québec et je m'intéresse beaucoup au Burkina Faso. En ce moment, j'écris un roman qui se déroule totalement dans ce beau pays. Par conséquent, je manque un peu d'informations concernant la culture et la vie. J'aimerais savoir s'il n'y aurait pas quelqu'un qui vit dans ce pays même qui pourrait m'Aider dans mes recherches et qui pourrait répondre à mes multiples questions. Un peut comme une correspondance...
J'attend de vos nouvelles!
Merci
dico.fille
C'est l'histoire d'un petit homme qui, un beau jour, met son chapeau et prend sa valise, laisse sa famille derrière lui et part dans une ville immense à la recherche d'une vie meilleure. C'est l'histoire de nos grands-pères, de nos pères et de nos frères. C'est l'histoire que nous conte Shaun Tan dans son album Là où vont nos pères, chez Dargaud. Le petit homme fait face à toutes sortes d'obstacles : barrière de la langue et des coutumes, rejet des habitants, difficulté à trouver un travail. Mais sur son chemin, il rencontre d'autres immigrés qui, comme lui, ont choisi de quitter leur terre natale pour fuir une guerre, une dictature, un rêve brisé. Il construit petit à petit sa nouvelle vie et prépare un foyer pour faire venir sa famille.
Shuan Tan raconte avec justesse cette histoire d'immigré qui pourrait être celle de n'importe quelle famille quelle que soit son origine. Il a choisi de ne pas mettre de dialogue ce qui donne une force encore plus grande aux images. Son trait puissant et doux saisit avec justesse les joies et les tristesses qui bordent le chemin vers une nouvelle vie. Il alterne les dessins en pleine page et les petites vignettes afin de décrire au plus près les émotions de ce voyage et de ce nouveau départ. Cette histoire laisse un goût doux-amer : les sacrifices à faire sont douloureux et ce qui attend ces immigrants à l'arrivée n'est pas toujours à la hauteur de leurs rêves.
Hier, j'ai lu un article très intéressant sur le blog Papeles perdidos du quotidien espagnol El Pais. L'auteur parle de ce que représente la lecture et comment est vu cette pratique par différents écrivains. A la fin de sa note, il pose les questions suivantes : pourquoi lisons-nous ? À quoi sert la lecture ? Qu'est ce que lire ?
Aujourd'hui je vous pose à vous ces questions. Quel(s) rapport(s) entretenez vous avec la lecture ?
J'ai retrouvé une citation qui m'a semblé faire écho à la situation actuelle dans de nombreux pays d'Afrique :
"Je ne suis pas un imbécile et si je donne ma vie en échange de la liberté il faut que je sache d'avance ce qu'est la liberté et de quel idéal de liberté nous parlons et quel degré de liberté nous posséderons"
Cette citation est extraite du livre de Dalton Trumbo (auteur américain), Johnny s'en va-t-en guerre. C'est l'histoire d'un jeune homme qui s'engage, le fleur au fusil, dans la Première Guerre mondiale. Joe revient en Amérique et séjourne à l'hôpital. Joe a défendu une certaine idée de la liberté, Joe est en vie mais que reste-t-il de lui ?
Ce roman se déroule pendant la Première Guerre mondiale, première guerre qualifiée de totale car elle engage l'Europe, ses colonies, les États-Unis, les soldats mais aussi les populations civiles (production massive d'armes, participation à l'effort de guerre...). C'est aussi la première fois que de si nombreux blessés de guerre rentrent dans leur foyer et les "gueules cassées" arpentent les trottoirs des villes. Tout en nous ouvrant violemment les yeux sur la réalité de la guerre, Dalton Trumbo nous propose une réflexion profonde et militante sur les questions de l'engagement, du combat, du bien-fondé d'une guerre. Publié en 1939, dès le début de la Seconde Guerre mondiale, ce roman anti-militariste reste d'une actualité malheureusement trop brulante et risque de le rester encore longtemps...
Il y a une semaine a eu lieu en France une commémoration en l'honneur d'Aimé Césaire. Une plaque a été placée en son honneur au Panthéon mais son corps est resté en Martinique où il souhaitait être enterré. La cérémonie a été retransmise à la télévision et quelques reportages dans les journaux télévisés ont donnée des éléments autobiographiques, rappelant notamment son amitié avec Léopold Sédar Senghor. Je me suis alors fait cette réflexion. Que connaissons-nous en France, de la littérature africaine ? Pour moi, qui est fait de longues études universitaires, elle est un souvenir de mon bac de français où Senghor était au programme. Ces deux grandes figures de la littérature africaine et du mouvement de décolonisation en Afrique semblent occuper toute la place ici. Mais que savons nous des autres auteurs ? Après tout, la littérature africaine n'appartiendrait-elle pas à la littérature francophone ?
En France ce n'est plus vraiment la saison des prix littéraires mais il y en a un qui, en ce moment, se prépare : c'est le prix du Livre Inter. Il est décerné chaque année par France Inter qui réunit autour d'une personnalité un jury de 24 membres choisis parmi les auditeurs. Ceux-ci doivent envoyer une lettre décrivant leur amour de la lecture, les livres qu'ils aiment lire... J'aime ce prix, car ce sont les lecteurs qui choisissent et défendent haut et fort leur livre favori. Dix livres sont en compétition cette année. Vous trouverez cette liste dans la rubrique "Le prix du livre Inter" sur le site de la radio http://sites.radiofrance.fr/franceinter/accueil/
En attendant que le jury délibère et nous annonce le vainqueur, je vous invite, moi qui suis nouvelle par ici à me parler de vos lectures, de vos livres préférés et de la vie littéraire au Burkina...
À bientôt pour d'enrichissants échanges littéraires!
De façon générale, l’acculturation se définit comme un processus sociologique par lequel un individu ou un groupe entre en contact avec une culture différente de la sienne et l’assimile totalement ou en partie. Partant de cette définition, nous constatons que les exemples où se rencontrent ces phénomènes sont légions. Mais nous n’en choisirons que quelques uns pour illustrer son caractère nocif sur le développement de ces pays selon leur évolution.
En effet l’acculturation ou « le déracinement » tire sa source pour les pays africains de l’arrivée des premiers missionnaires et s’accroitra avec la colonisation. L’arrivée de ces « blancs » va bouleverser l’organisation hiérarchique, sociologique et même religieuse. C’est d’ailleurs cette situation que décrit FERDINAND OYONO dans sa non moins célèbre œuvre le vieux nègre et la médaille » sous ces propos « ils nous ont dis de fermer les yeux pour qu’on prie. Quand on les a ouverts ils avaient pris nos terres »
Puis vint l’époque postcoloniale (1960-1970) à cette période on observe l’apparition d’une nouvelle bourgeoisie, une bourgeoisie africaine qui tient à ressembler à ses anciens « maîtres ».Incarnée par les Nouveaux dirigeants, elle est aussi symbolisée par un nouveau genre vestimentaire
Ici le couple présidentiel Ivoirien
Le costume et la cravate pour les hommes d’YVES SAINT LAURENT et la petite robe noire ou la jupe pour la femme de COCO CHANEL. Tout cela au détriment, au délaissement total des vêtements africains. Vêtement dont le développement pouvait aider non seulement à l’affirmation de son identité, à l’exportation de la culture africaine mais aussi à la création d’une industrie vestimentaire interne. Ainsi cette bourgeoisie nouvelle n’avait d’yeux que pour les nombreux couturiers occidentaux dont les deux cités plus hauts étaient les locomotives.
Dans la décennie (1980-1990) les modifications précoloniales réapparaitront mais cette foi dans le domaine économique.les fameux P.A.S ou plans d’ajustement structurels sont des mesures économiques qui ont été appliquées sans tenir compte dans bons nombres de pays africains du niveau économique, de la texture socio-économique ni encore moins de la géopolitique.par ces plans les africains vont ruiner leurs propres pays par le lancement d’O.P.A(offre publique d’achat) sur des sociétés nationales déclarer officiellement en banqueroute.
Quand à la décennie (1990-2000) elle est marquée par un vent de démocratisation insufflé et imposé par l’occident.de gré ou de force, plusieurs pays africains parmi lesquels LA CÔTE D’IVOIRE, LE TOGO, l’ALGERIE, LE BENIN, LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, LE CONGO et bien d’autres vont connaître le multipartisme. Pour certains pays comme LA CÔTE d’IVOIRE ET LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO c’est même un retour à la démocratie, le gouvernement du peuple par le peuple qui aux yeux de l’ancien colon peut apporter le développement à l’Afrique. Et pourtant.
A bien y réfléchir, l’acculturation plus de mal que de bien aux pays africains. En témoigne la période (2000-2010) marquée par de novelles guerres civiles (CÔTE D’IVOIRE, LIBERIA, BURUNDI, le Kivu en REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DE CONGO).Ajouter le du grand banditisme et de la cybercriminalité empruntés à l’occident qui fabrique les armes et les ordinateurs. Au delà il faut souligner les maux comme désobéissances ou impolitesse nés de la mauvaises compréhension de la soumission traditionnelle et de l’émancipation féminine occidentale. La mode occidentale reprend le pas, mais cette foi chez les jeunes avec le port irrévocable du jeans 7jouts/7 surtout chez les jeunes filles.
En somme, l’acculturation vue sous ces quelques facettes a été un facteur de ralentissement pour les pays africains, pire c’est un frein. Le mieux pour les pays africains serait d’adopter un brassage culturel, une attitude éclectique afin de tirer de la culture occidentale tous ce qui est bien et bon.

Ousmane Sembène est né le 1er janvier 1923 à Ziguinchor, une ville de la Casamance. Ses parents sont des Lébous ayant quitté la presqu'île du Cap-Vert pour la Casamance. À partir de 7 ans, il fréquente l’école coranique et l’école française, apprenant à la fois le français et l’arabe, alors que sa langue maternelle est le wolof.
En 1942, il est mobilisé par l’armée française et intègre les tirailleurs sénégalais.
En 1946, il embarque clandestinement pour la France et débarque à Marseille, où il vit de différents petits travaux. Il est notamment docker au port de Marseille pendant dix ans. Il adhère à la CGT et au Parti communiste français. Il milite contre la guerre en Indochine et pour l’indépendance de l’Algérie.
En 1956, il publie son premier roman, Le Docker noir qui relate son expérience de docker. Puis en 1957 il publie Ô pays, mon beau peuple. En 1960, il publie un nouveau roman, les Bouts de bois de Dieu qui raconte l’histoire de la grève des cheminots en 1947-1948 du Dakar-Niger, la ligne de chemin de fer qui relie Dakar à Bamako. L’histoire se déroule parallèlement à Dakar, Thiès et Bamako sur fond de colonialisme et de lutte des cheminots pour accéder aux mêmes droits que les cheminots français.
En 1960, l’année de l’indépendance du Soudan français — qui devient le Mali — et du Sénégal, Ousmane Sembène rentre en Afrique. Il voyage à travers différents pays : le Mali, la Guinée, le Congo. Il commence à penser au cinéma, pour donner une autre image de l’Afrique, voulant montrer la réalité à travers les masques, les danses, les représentations.
En 1961, il entre dans une école de cinéma à Moscou. Il réalise dès 1962 son premier court-métrage Borom Saret (le charretier), suivi en 1964 par Niaye.
En 1966 sort son premier long-métrage, qui est aussi le premier long métrage « négro-africain » du continent, intitulé La Noire de... (Prix Jean-Vigo de la même année). D'emblée, Ousmane Sembène se place sur le terrain de la critique sociale et politique avec l'histoire d’une jeune sénégalaise qui quitte son pays et sa famille pour venir en France travailler chez un couple qui l’humiliera et la traitera en esclave, la poussant jusqu'au suicide.
Considéré comme l'un de ses chefs-d'œuvre et couronné par le Prix de la critique internationale au Festival de Venise, Le mandat (1968) est une comédie acerbe contre la nouvelle bourgeoisie sénégalaise, apparue avec l'indépendance.
En 1969, il fonde le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), un des plus grands festivals africains de cinéma.
En 1979, son film Ceddo est d'ailleurs interdit au Sénégal par le président Léopold Sédar Senghor qui justifie cette censure par une « faute » d'orthographe : le terme ceddo ne s'écrirait (selon lui) qu'avec un seul « d ». Le pouvoir sénégalais ayant en fait à cœur de ne pas froisser les autorités religieuses, notamment musulmanes. Sembène relate la révolte à la fin du XVIIe siècle des Ceddos, peuple aux convictions animistes qui refuse de se convertir. Il attaque ainsi avec virulence les invasions conjointes du catholicisme et de l'islam en Afrique de l'Ouest, leur rôle dans le délitement des structures sociales traditionnelles avec la complicité de l'aristocratie locale.
En 1988, malgré le prix spécial du jury reçu au Festival de Venise, il est victime à nouveau de la censure, mais en France cette fois-ci, avec Le Camp de Thiaroye, film hommage aux tirailleurs sénégalais et surtout dénonciation d'un épisode accablant pour l'armée coloniale française en Afrique, qui se déroula à Thiaroye en 19
En 2000, avec Faat Kiné, il débute un triptyque sur « l’héroïsme au quotidien », dont les deux premiers volets sont consacrés à la condition de la femme africaine (le troisième, La Confrérie des Rats était en préparation). Le second, Mooladé (2003), aborde de front le thème très sensible de l'excision. Le film relate l’histoire de quatre fillettes qui fuient l’excision et trouvent refuge auprès d’une femme, Collé Ardo (jouée par la Malienne Fatoumata Coulibaly), qui leur offre l’hospitalité (le Mooladé) malgré les pressions du village et de son mari. Sembène a récolté à cette occasion une nouvelle kyrielle de récompenses en 2004 : prix du meilleur film étranger décerné par la critique américaine, prix Un Certain Regard à Cannes, prix spécial du jury au festival international de Marrakech entre autres.
Parmi les autres récompenses reçues : le prix Harvard Film Archive décerné par l'Université Harvard en 2001.
Sembène revendique un cinéma militant et va lui-même de village en village, parcourant l'Afrique, pour montrer ses films et transmettre son message.
Le 9 novembre 2006, quelques mois avant sa mort, il reçoit, à la résidence de l'ambassadeur de France à Dakar, les insignes d'officier dans l'ordre de la Légion d'honneur de la République française
Malade depuis plusieurs mois, il meurt à l'âge de 84 ans à son domicile à Yoff le 9 juin 2007. Il est inhumé au cimetière musulman de Yoff.
SON OUVRAGE : LE MANDAT
Effigie satirique socio-économique de l’Afrique contemporaine en général et de la société sénégalaise en particulier, Le Mandat, du cinéaste sénégalais Sembène Ousmane, a été écrit durant les années post-indépendances à savoir, en 1968.
Plus qu’un simple récit traditionnel teinté d’exotisme et d’africanismes, ce roman dépeint avec probité et réalisme, mais aussi avec humour et bonhomie, la dureté de la vie en Afrique ainsi que la bassesse et la misère morale et matérielle de tout un peuple en mal être, désaxé, sybarite et seul face à son destin. Profondément embourbé dans une léthargie dont il ne peut commodément se départir faute de moyens et de concrètes réalisations, et ainsi confiné dans un environnement des plus hostiles, ce peuple, issu d’un quartier populaire de Dakar, ne vit que de ragots, de vices et de roublardises. En effet, dans une société où la « culture » de l’oisiveté, celle de l’assistanat et celle du cynisme ont la primauté sur l’esprit d’entreprise, esprit libérateur et salvateur, il est difficile pour bien des gens, à l’instar d’Ibrahima Dieng, de s’en sortir et de se réaliser.
Polygame et père de famille nombreuse, Ibrahima Dieng mène comme tout sénégalais de son époque et de son rang, une dure et triste vie aux côtés de ses deux épouses, Mety et Aram. Au chômage depuis un an et victime des effets pervers engendrés par l’indépendance, celui-ci a appris à ses dépends et avec le temps, à accepter sa condition matérielle. Néanmoins, sa vie bascule le jour où il reçoit de la part de son neveu nouvellement arrivé en France, un providentiel mandat d’une valeur de 25.000 FCFA. Dès lors, la nouvelle se propage dans tout le quartier et chacun voit en ce pécule inopiné le remède et la solution miracles, mais temporaires, à leur triste existence ainsi qu’à leurs maux quotidiens. Les habitants de ce faubourg mènent une vie des plus précaires faite de privations, de frustrations, d’aigreur, de dettes et de disette. Ainsi, telle une proie menacée et acculée dans ses retranchements les plus poussés, Dieng devient rapidement dans tout le quartier, une sorte de « Rédempteur économique » sur lequel reposent des milliers d’espoirs. De la sorte, sollicité par tous sans exception et avant même d’être entré en possession du mandat, celui-ci n’aura d’autre choix que de promettre entraide à ses concitoyens. Malheureusement, afin de récupérer ce mandat dont il ne touchera que 2.000 FCFA, 3.000 FCFA revenant à sa sœur, la mère de son neveu Abdou, et 20.000 FCFA à ce dernier lui-même, la poste lui demande une carte d’identité qu’il ne possède pas. Pour en avoir une il lui faudra se procurer des photos d’identité et un acte de naissance et obtenir ladite carte avant deux semaines, au terme desquelles le mandat, faute de pièces justificatives, sera renvoyé à son expéditeur. Commence alors une « course contre la montre ». Démuni, Dieng a besoin d’argent et se voit très vite contraint de quémander auprès d’amis ou de membres de sa famille. Cependant, son parcours est marqué d’obstacles. En effet, chaque étape de sa quête et chaque entrée d’argent attirent convoitises et sollicitations. Néanmoins, confronté aux lenteurs, au cynisme et à la malhonnêteté d’une bureaucratie africaine et plus précisément sénégalaise en pleine crise et nécessitant une totale restructuration, Dieng, désespéré et à bout d’effort, décide de se tourner vers un de ses neveux. Suivant les conseils de celui-ci, il lui fera rédiger une procuration afin de le désigner comme son mandataire. Finalement, dupé sans vergogne par celui qui se présentait alors comme sa dernière chance et en qui il avait une entière confiance, Dieng, seul et abandonné à son triste sort, ne touchera jamais le « fameux » mandat.
Finalement, s’il dépeint avec humour les réalités sociales dans les sociétés africaines contemporaines, Sembène Ousmane dénonce de façon plus ou moins virulente les dysfonctionnements d’un système profondément ébranlé. Ainsi, il ne manque pas d’évoquer la lenteur et la dépravation de nos systèmes bureaucratiques actuels ; des systèmes corrompus dans lesquels la règle du « premier arrivé, premier servi » n’existe pas ; les premiers et mieux servis étant les détenteurs du capital. De plus, toute cette mise en scène lui permet aussi d’aborder le problème des mentalités en Afrique ; obstacle majeur à son développement. En effet, dans un monde où les valeurs morales essentielles et inhérentes à tout homme sont supplantées par l’hypocrisie et la fourberie et dans lequel la culture de l’assistanat tend à se développer, comment prétendre au développement ? Tous les coups sont permis pour assouvir ses besoins égoïstes et personnels. Peut-on de ce fait encore parler de « solidarité » en tant que valeur essentielle en Afrique alors l’individualisme semble être de toute évidence l’apanage des habitants de cette terre ? Il nous incombe ainsi à tous de prendre conscience qu’un monde ne se fait pas tout seul et que « volonté, esprit d’entreprise, solidarité et honnêteté » demeurent le moteur essentiel à tout développement aussi bien économique que moral.
Camara Laye est un écrivain Guinéen d'expression Française.
Camara Laye est né le 1er janvier 1928 à Kouroussa, un village de Haute-Guinée, et mort le 4 février 1980 à Dakar.
Après une scolarité à l'école française, Camara Laye part à Conakry, la capitale de la Guinée, poursuivre ses études. Diplôme de CAP mécanicien en poche, il tente de devenir ingénieur en France. Mais en vain, il n'essuie que des refus. Il traverse alors une période de doute et de désarroi. C'est à cette époque qu'il publie son premier roman, 'L'Enfant noir', en 1953. Un an plus tard, il sort son second livre, 'Le Regard du roi'. En 1956, alors que la Guinée traverse une période importante et s'apprête à devenir indépendante, Camara Laye y retourne. Jusqu'en 1963, il occupe des fonctions importantes au sein du ministère de l'Information à Conakry. Camara Laye est le premier ambassadeur au Ghana. Il occupe différents postes en dehors du Ghana avant de revenir à Conakry, où il travaille pour le Département des accords économiques avant d’être nommé directeur de l'Institut national de la recherche et de documentation. Camara Laye se trouve de plus en plus souvent en conflit avec les politiques du régime du président Ahmed Sékou Touré, et il est emprisonné pour une courte période. Dans le milieu des années 1960, il s'enfuit avec sa famille en Côte d'Ivoire, pays voisin, avant de s'installer au Sénégal, où il travailla comme chercheur à l'Institut fondamental d'Afrique noire, et participe au mouvement d'opposition à Sékou Touré. Mais il s'exilera finalement et définitivement au Sénégal lors de la dérive dictatoriale du régime d'Ahmed SékouTouré. Il en fera d'ailleurs le sujet de son roman 'Dramouss' en 1966. Il meurt en 1980 à Dakar, deux ans après la parution de son ultime oeuvre, 'Maître de la parole', recueil de contes relatant la genèse du Mali.
SON OUVRAGE : L’ENFANT NOIR
L'enfant noir, classique de la littérature négro africaine, raconte la vie d’un enfant africain qui, un peu malgré lui, s’éloigne peu à peu des valeurs, des traditions séculaires de son peuple.
Récompensé en 1954 du prix Charles Veillon, L’Enfant Noir fait partie de ces œuvres africaines qui ont échappé au thème de la colonisation vue comme acculturation (volontaire ou forcée) par de nombreux auteurs. L'auteur, Camara Laye, nous livre tout simplement la vie d’un enfant africain qui, un peu malgré lui, s’éloigne peu à peu des valeurs, des traditions séculaires du peuple auquel il appartient.
Le personnage principal de l’œuvre commence sa vie à Kouroussa, une petite ville de Guinée- Conakry où il partage la case de sa mère. La concession de son père, dans laquelle il vit, fourmille d’activités diverses ; le petit Camara est donc très tôt en contact avec la vie de la petite communauté à laquelle il appartient. Fils du forgeron le plus réputé de la ville, il est baigné dans un univers un peu mystique et il apprend très tôt que les objets, les animaux, les personnes ne sont pas toujours ce qu’ils ont l’air d’être. Dès ses premières années, il apprend par exemple à reconnaître le serpent noir qui représente le totem de son père et à ne pas s’étonner que sa mère puisse d’une simple injonction rendre docile un cheval récalcitrant.
Il passe aussi beaucoup de temps à Tindican, le village de sa mère, où il retrouve sa grand-mère, ses oncles et aussi ses petits camarades de jeux pour lesquels il est déjà un peu « le garçon de la ville ».
A l’école, comme beaucoup de ses camarades, il subit les brimades des élèves de la « grande classe », ceux qui doivent passer le certificat d’études, jusqu’au jour où son père décide d’intervenir. Quelques temps après cette intervention, le directeur de l’école, jugé trop laxiste par les parents d’élèves, est renvoyé et remplacé. Camara poursuit alors une scolarité sans histoire et passe sans problème ni surprise son certificat d’étude
Comme beaucoup d’enfants africains, Camara passe par l’inévitable épreuve d’initiation, qui est dans sa coutume divisée en deux étapes ; il entre dans l’ « association des non-initiés », qui rassemble les adolescents incirconcis âgés de douze à quatorze ans. Quelques temps plus tard, Camara doit subir l’épreuve de la circoncision. Il s’attarde beaucoup sur cette dernière, qui représente de manière significative aux yeux de la tradition la « naissance à la vie d’homme ». Camara raconte la semaine qui précède sa circoncision, mettant beaucoup l’accent sur les diverses danses et l’esprit de fête qui entourent cet événement, ainsi que sur la nervosité croissante des futurs circoncis. Le jeune garçon commence à saisir sa nouvelle condition d’homme lorsque, en rentrant après la période de convalescence consécutive à sa circoncision, il découvre sa case à lui, désormais séparée de celle de sa mère, bien que proche de celle-ci. Camara éprouve alors une satisfaction teintée de tristesse ; satisfaction d’être un homme, d’avoir « l’âge de raison ». Mais tristesse d’être un homme, de s’éloigner de façon inéluctable de sa mère, de la simplicité de son enfance.
A quinze ans, Camara quitte sa famille pour Conakry, la capitale, où il doit suivre un enseignement technique à l’école Georges Poiret. Il est accueilli de façon chaleureuse par le frère de son père qui, avec ses femmes et ses enfants, lui donne un nouveau foyer dans lequel il se sent vite à l’aise, après une première année d’adaptation difficile.
Ses années loin de sa maison, de ses parents, marquent le début de son émancipation réelle en tant qu’homme. Ses séjours à Kouroussa deviennent alors l’occasion de rencontrer ses amis d’enfance, d’affiner des amitiés anciennes et de s’amuser comme tous les jeunes garçons de son âge.
Après l’obtention de son certificat d’études professionnelles, Camara convainc ses parents de le laisser aller en France pour y poursuivre ses études. Il est, encore une fois, à un stade de sa vie où la joie de ses futures découvertes le dispute à la tristesse de savoir qu’il ne reverra pas les personnes qu’il aime avant un certain temps, et il va vers la France, vers son avenir, la tête haute mais les larmes aux yeux.
Dans ce roman, Camara Laye rend de façon simple sans fioritures inutiles la réalité d’un monde qui change. Il se rend compte, dès son enfance, qu’il ne sera pas forgeron comme son père, que celui-ci a pour lui d’autres objectifs et souhaite que son fils aîné puisse saisir la chance que lui-même n’a pas eue de recevoir une éducation scolaire. Camara, qui est un enfant sensible, ressent à travers son quotidien que la vie n’est plus la même. Il sent qu’il ne pourra pas s’inscrire dans le fil de l’histoire de sa famille, que certains de ces secrets que les hommes d’une famille se transmettent de génération en génération, certains de ces mystères qu’il a observés avec ses yeux d’enfants, resteront toujours à ses yeux des secrets, des mystères qu’il n’aura pas percés ; Camara laisse donc derrière lui, en allant à l’école française, puis à Conakry et en France, plus que sa famille : il laisse aussi un peu de son histoire.
Avec ce livre qui, presque malgré son auteur, reflète ce que la présence européenne, même discrète, a pu apporter comme changements dans des traditions un peu figées, certes, mais qui représentent souvent la « personnalité » des peuples, on ne peut que se demander, encore une fois, si dans un monde où l’occidentalisation semble être devenue le mot d’ordre de tout le continent africain, où les cultures locales se perdent au profit de la sacro-sainte « mondialisation », il ne faudrait pas parfois penser à s’arrêter un instant d’ « évoluer », le temps de garder ce qu’il nous reste de notre culture, d’acquérir de nos parents les valeurs qui font la personnalité de nos tribus pour pouvoir, à notre tour les transmettre à nos descendants. Pour que l’Afrique reste un continent à part entière et que les cultures africaines ne deviennent pas un reflet mal dégrossi de celles qui nous ont été imposées à l’origine mais dont nous nous faisons des modèles à égaler, des idéaux établis, au fil du temps.
De son vrai nom ALEXANDRE BIYIDI - AWALA, EZA BOTO est né le 30 juin 1932 à Akométam, fils d'Oscar Awala et Régine Alomo. Après ses études à l'école missionnaire de Mbalmayo, il entre en 1945 au lycée Leclerc à Yaoundé. Bachelier en 1951, il s'installe en FRANCE pour y poursuivre des études supérieurs de lettres à Aix - en - Provence puis à la Sorbonne à Paris.
Il commence sa carrière littéraire avec la nouvelle SANS HAINE ET SANS AMOUR. Un premier roman VILLE CRUELLE, sous le pseudonyme d'EZA BOTO suit en 1954 publié aux éditions Présence Africaine.Mais c'est en 1956 que la parution du roman LE PAUVRE CHRIST DE BOMBA fait scandale par la description satirique qui est faite du monde missionnaire et colonial. Paraissent ensuite MISSION TERMINEE ( 1957 ) et le ROI MIRACULE ( 1958 ).
En 1959, il est nommé professeur certifié au lycée Henri Avril à LAMBALLE. Il passe l'agrégation de lettres classiques en 1966 et enseigne au Lycée Corneil de Rouen jusqu'en 1994
En 1972, il revient avec éclat à l'écriture. Son livre MAIN BASSE SUR LE CAMEROUN, AUTOPSIE D'UNE DECOLONISATION est censuré à sa parution par un arrêté du ministre de l'Intérieur français, Raymond Marcellin. Il publie en 1974 PERPETUE ET REMEMBER RUBEN. Aprés une longue procédure judiciaire, Mongo Beti ( Alexandre Biyidi ) et son éditeur François Maspero obtiennent en 1976 l'annulation de l'arrêté d'interdiction de MAIN BASSE
En 1978 il lance avec son épouse Odile Tobner la revue PEUPLES NOIRS PEUPLES AFRICAINS, qu'il fait paraître jusqu'en 1991. Cette revue décrit et dénonce inlassablement les maux apportés à l'Afrique par les régimes néo - coloniaux. Pendant cette période paraissent les romans LA RUINE PRESQUE COCASSE D'UN POLICHINELLE ( 1979 ). LA REVANCHE DE GUILLAUME ISMAEL DZEWATAMA ( 1984 ) LES DEUX MERES DE GUILLAUME ISMAEL DZEWATAMA FUTUR CAMIONNEUR ( 1983 ). Paraissent également une LETTRE OUVERTE AUX CAMEROUNAIS OU LA DEUXIEME MORT DE RUBEN UM NYOBE ( 1984 ) et le DICTIONNAIRE DE LA NEGRITUDE ( 1989 avec Odile Tobner ).
En 1991 Mongo Beti retourne au CAMMEROUN après 32 années d'éxil. Il publie en 1993 LA FRANCE CONTRE L'AFRIQUE, RETOUR AU CAMEROUN. En 1994, il prend sa retraite de professeur. Il ouvre à Yaoundé LA LIBRAIRIE DES PEUPLES NOIRS. Il crée des associations de défenses des citoyens, donne à la presse privée de nombreux articles de protestations. Parallèlement il publie plusieurs romans: L'HISTOIRE DU FOU en 1994 puis les deux premiers volumes, TROP DE SOLEIL TUE L'AMOUR ( 1999 ) et BRANLE - BAS EN NOIR ET BLANC ( 2000 ), d'une trilogie restée inachevée. Il est hospitalisé à YAOUNDE pour une insuffisance hépatique et rénale aiguë qui reste sans soin faute de dialyse . Transporté à l'hôpital de DOUALA le 6 octobre , il y meurt le 7 octobre 2001.
SON OUVRAGE VILLE CRUELLE
Romancier renommé et fortement engagé tant d'un point de vue idélogique que politique, Mongo Beti ( Alexandre Biyidi ) a su contrairement à certains écrivains de son temps, se forger une place des plus prépondérantes au sein du champs littéraire africain, f
Devenu ainsi un classique dans la littérature africaine, ce roman a été écrit pendant la période de la colonisation, au moment où l’Afrique encore sous le joug des forces occidentales présentes sur le continent, n’était qu’une simple et grande colonie. C’est à travers l’écriture dont nul ne pourra sans doute contester la portée et les bienfaits cathartiques, que l’auteur a choisis, à travers la mise en scène des tribulations de son personnage principal Banda, de jeter l’opprobre sur un système des plus arbitraires, abusifs et injustes.
Ainsi, orphelin de père, Banda, garçon téméraire et volontaire, est un jeune homme comme tous les autres. Soucieux du bien-être de sa mère qui, se sentant une mort prochaine, n’a qu’un seul souhait, celui de voir son seul et unique fils se marier, celui-ci se met en quête de le réaliser. Néanmoins, traditions et coutumes obligent, Banda doit en signe de dot, verser la somme de 2.000 Francs CFA au père de sa future épouse. Malheureusement, sans véritables ressources et dépendant, comme de nombreuses personnes à l’époque, du modeste pécule que lui procure son petit commerce, Banda ne voit pas d’autre issue que d’aller une fois la récolte de cacao terminée, à Tanga, ville commerçante proche de son village, pour y vendre ses fèves.
C’est avec 200 kilos de cacao que celui-ci, accompagné des amies de sa mère, se met en route pour Tanga. Arrêté à l’entrée de la ville par les multiples contrôles instaurés depuis peu par l’Administration coloniale et destinés plus à détourner qu’à s’assurer de la qualité du cacao, Banda ne connaîtra pas la gloire qu’il espérait. En outre, la totalité de son cacao est ainsi saisie puis détruite, à tord ou à raison, par les Gardes régionaux car considérée comme mauvaise. Fou de rage, désappointé, frustré et révolté, Banda s’élance vers les gardes qui, malheureusement auront raison de lui. Saisi et neutralisé rapidement, celui-ci est conduit au commissariat de police. Une fois libéré, abattu et surtout plein d’appréhension à l’égard de sa pauvre mère dont il fuirait dorénavant le regard, celui-ci préfère se rendre chez son oncle vivant à Tanga-Nord, dit « Tanga indigène », « Tanga des cases ».
Sur le chemin, surpris par la pluie, Banda se réfugie dans une case. Il y fait la connaissance d’une jeune fille du nom d’Odilia avec qui il se lie d’amitié. De confidence en confidence il se rend très vite compte que la jeune femme n’est autre que la sœur du jeune Koumé, le mécanicien recherché par la police pour avoir agressé puis dérobé un peu plus tôt dans la journée
le temps et surtout de peur de se faire repérer par les gardes, Banda et Odilia abandonnent le corps du défunt en prenant soin de le cacher afin que personne ne le découvre et se rendent chez la mère de celui-ci à Bamila. Fortement éprouvée par la disparition de son frère, Odilia y trouve hospitalité et repos.
Le soir même le jeune homme décide de retourner déplacer le corps afin de le mettre en évidence sur le pont de Tanga. De cette manière, il pourra ainsi mettre un terme définitif aux recherches lancées à travers le pays pour retrouver Koumé et espérer assurer un avenir paisible à la sœur du défunt. Ce deuxième voyage est plus que bénéfique pour Banda. Non seulement il trouve 15.000 FCFA dans les poches de Koumé qu’il s’approprie bien entendu, mais également une mallette égarée en pleine brousse, qu’il espère pleine d’argent.
De retour chez lui, sa mère lui propose d’épouser Odilia. En effet, celle-ci plaisant à la vieille femme et venant d’un autre village où les coutumes n’exigent nullement de la part du prétendant de verser une quelconque dot, il est plus facile pour Banda de la marier. Tombés sous le charme l’un de l’autre, ceux-ci acceptent. Finalement, ayant retrouvé sa raison, Banda décide de remettre à la jeune femme la somme d’argent retrouvée dans les poches de son frère et reçoit lui-même une récompense pour la mallette retrouvée.
Ainsi, c’est main dans la main mais aussi avec plein de nostalgie que le jeune couple décide à la mort de la mère de Banda, de quitter Bamila et d’aller s’installer à Zamko chez les parents d’Odilia. Banda, plein d’espoir, de rêves et avide de découvertes sait que sa route ne s’arrêtera pas là. Une étape de sa vie a été franchie, mais le chemin est encore long...
Plus qu’un simple roman classique, Ville cruelle est un appel et une critique ouverte de la colonisation et de ses abus. Abus d’autorité des colonisateurs qui, sans vergogne aucune s’en sont pris à de pauvres gens en les brimant et les exploitant. Mongo Béti s’élève ici contre les injustices commises par ceux qui à l’époque ont profité de l’autorité qui leur avait été octroyée sur les peuples Africains, pour les rabaisser et les réduire au statut de simple « martyr ».