Rappel des faits :
C’était il y a 10 mois (22 mars 2012), les militaires mutins, présidés par Capitaine Amadou Sanogo, annonçaient leur coup d’état contre le président Amadou Toumani Touré. Les putschistes de Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE) qui semblaient avoir sur le soutien du peuple dans les rues de Bamako, avaient l’ambition d’en finir avec le « conflit touareg ». En avril 2012, les militaires avaient accepté de nommer un gouvernement intérimaire.
Au départ, c’est l’immense territoire désertique du nord du pays appelé « Azawad » par les touaregs, qui faisaient l’objet du conflit touareg et les rebellions touaregs organisés sous le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) exigeaient en effet leur autonomie.
Occupation du nord par les groupes islamistes:
Après le coup d’état, les putschistes qui avaient l’ambition d’en finir avec le régime incompétent se sont retrouvés dans l’incapacité, à leur tour, de gérer la situation puisqu’ils n’ont pas réussi à contrôler ces rebelles au nord du pays.
Depuis la mi-janvier, la rébellion touareg a pris toute une autre allure avec le soutien des mercenaires maliens rentrés dans leur pays, lourdement armés, suite à la chute de Mouammar Kadhafi. Elle est également aidée par des groupes islamistes armés (Ansaar Eddine, MUJAO, AQMI).
Objectifs de l’intervention française : la France libère en solitaire ?
La France entretient des relations privilégiées et anciennes avec le Mali qu’elle avait colonisé au 19ème siècle. Le Mali qui s’appelait alors le « Soudan français » est devenu indépendant en 1960 seulement.
La France a lancé le 11 janvier une opération offensive contre ces forces islamistes. En plus des opérations aériennes, elle a engagé aussi des troupes au sol puisque les soldats français marchent depuis le 16 janvier aux côtés de militaires maliens vers le nord.
Laurent FABIUS, ministre français des Affaires étrangères, a expliqué, le 14 janvier 2013 dans sa conférence de presse que la France avait trois objectifs pour cette l’intervention au Mali : le premier, ce serait de stopper l’offensive des groupes armés terroristes vers le sud qui menaçaient l’ensemble du Mali et notamment la capitale, Bamako. Le deuxième objectif serait d’éviter l’effondrement du Mali. Le troisième objectif serait de permettre la mise en œuvre des résolutions internationales, que ce soit les Nations unies, l’Union africaine, la CEDEAO et l’Union européenne.
Alors qu’Alain Juppé, ancien ministre français des Affaires étrangères, a déclaré lors d'une émission France 24 que le déploiement des forces françaises sur le sol malien était "extrêmement risqué", François Hollande, Président français légitimait l’opération en assurant que ce n’était pas le retour de la Françafrique. « La France, a dit François Hollande, elle libère, elle porte des valeurs, elle n’a aucun intérêt au Mali » et insisté sur la volonté française de faire céder le terrorisme.
Absence Européenne :
La France a finalement décidé seule de cette intervention militaire. Bien qu’elle bénéficie d’un « soutien international », certains points tels que la durée de l’opération, la légitimité et les justifications politiques, demeurent confus.
L’Allemagne a évoqué une aide logistique ou humanitaire pour l'intervention militaire française, excluant clairement toute participation militaire. L’Espagne s’est limitée à offrir un appui logistique à l’intervention française avec un avion de transport militaire qu’elle pourrait déployer. La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a fait une seule proposition concrète devant les eurodéputés, celle de nommer prochainement "un représentant spécial" européen pour le Sahel. Elle a également souhaité accélérer la formation de l'armée malienne.
Alors, nombreux sont ceux qui se posent la question justement « où est l’Europe ? »… Absente… Encore une fois ?
Mali en quelques chiffres :
Population : 15,5 millions (07/2012)* ![]()
Langue officielle : Français
Capitale : Bamako
Villes principales : Ségou, Sikasso, Mopti, Gao, Kayes
Principales Ethnies : Bambaras, Bobos, Bozos, Dogons, Khassonkés, Malinkés, Minianka, Peuls,
Sénoufos, Soninkés, Sonrhaïs, Touareg, Toucouleurs.
Religion : Islam 90 %, Animisme 9 %, Christianisme 1 % *
Tx d’alphabétisation : 31,1%*
PIB : 10,44 Mds $ (est.2011)*
PIB par habitant : 1.100 $ (PPA – est. 2011)*
Nombres de téléphones mobiles : 10,8 millions (2011)*
Utilisateurs internet : 250 000 (2011)*
*Source : CIA World Fact Book